Qu'est-ce que l'être? Cette question passe pour fonder la philosophie. Encore faut-il s'entendre sur le sens du mot "être". L'essence des choses détermine-t-elle leur existence? Devons-nous affirmer, au contraire, que l'existence conditionne l'intensité d'être qui qualifie une certaine réalité? Mollâ Sadrâ Shîrâzî, dans ce traité écrit en Iran au siècle de Descartes et de Leibniz, médite ces questions qui sont encore les nôtres. Mais les solutions qu'il propose s'évadent hors de nos perspectives, après avoir opéré une révolution décisive dans la métaphysique des Orientaux. Penseur shî'ite en butte à la persécution, Mollâ Sadrâ est la plus haute figure de la philosophie iranienne islamique au temps splendide de la cour safavide d'Ispahan. Sa doctrine du primat de l'existence, que le présent ouvrage expose complètement, ouvre sur une interprétation spirituelle de la résurrection des corps. Cette traduction par Henry Corbin, qui fut aussi l'éditeur du texte original, a fait événement: par son ample introduction, il situe la question de l'être et déploie une explication comparée de ce que l'Occident grec puis médiéval en ont fait, avec la tradition shî'ite.
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Date de parution
01/03/1990
Poids
340g
Largeur
140mm
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EAN
9782864320708
Titre
Le Livre des pénétrations métaphysiques
Auteur
Sadr Al-Din
Editeur
VERDIER
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140
Poids
340
Date de parution
19900301
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Sadr al-Dîn al-Sîrâzî Muhammad ibn Ibrahim ; Jambe
Résumé : Mullâ Sadrâ est l'un des plus grands penseurs de l'Islam. Il vécut en Iran à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, sous le règne de Shâh Abbâs 1er. Son oeuvre y est considérée, aujourd'hui encore, comme le système complet des sciences philosophiques et elle occupe une place centrale dans l'enseignement de la sagesse spirituelle. Résolument orientée vers un pôle de méditation mystique, cette lecture du Verset de la Lumière (Coran 24 : 35) est une oeuvre d'art, éclairée par l'aveuglante lumière que la présence divine projette sur les miroirs des formes et des images : Dieu est apparition, et l'homme, en sa nature parfaite, est la plus complète manifestation de cette expansion de la lumière divine. Ce chef-d'oeuvre de l'exégèse symbolique shî'ite culmine en une métaphysique de l'amour, où il découvre le sens caché de la vocation prophétique. Il repose tout entier sur cette parole étonnante de l'Imâm Alî ibn Abî Tâlib : " Je ne pourrais pas servir un seigneur que je ne verrais pas. "
Aujourd'hui, le dévoiement de l'Islam par les pouvoirs se réclamant de lui ? États, organisations despotiques et terroristes ? s'est étendu à un point tel qu'une religion appelant à l'amour, à la compassion et au pardon a été transformée en une idéologie au nom de laquelle des crimes horribles et sauvages sont commis. L'instauration de la démocratie en Iran mais aussi dans l'ensemble des pays musulmans nécessite impérativement une renaissance de la pensée islamique. Ce livre en constitue une étape essentielle. Le discours du Coran, comme le lecteur pourra le constater dans ce livre, n'est pas un discours de pouvoir et de haine mais un discours de liberté. "J'ai écrit ce livre car il m'a paru fondamental d'empêcher tout pouvoir se réclamant de l'Islam de confisquer le message du Coran et de montrer l'ampleur de l'aliénation et de la déformation de ce dernier par les Etats ou les organisations qui s'en revendiquent pour s'imposer par la force. De plus, je suis convaincu que l'appropriation de ce message de liberté du Coran par les peuples musulmans constitue une étape fondamentale dans leur marche vers la liberté, l'indépendance et un progrès basé sur la justice." (Abol Hassan Bani Sadr)
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
Léonor a quatre ans lorsque son père, le peintre Félix de Récondo, lui raconte l'exil d'Espagne en 1936 ; il avait quatre ans lui aussi, et fuyait avec sa mère et ses frères la guerre civile et les franquistes. En 2015, à la mort de son père, la question de la nationalité espagnole surgit, alors que la violoniste se mue en écrivaine : lui suffirait-il d'entreprendre les démarches, longues, pénibles, pour panser par le droit le sens de la filiation ? Habitée par les images de Goya (Les Désastres de la guerre) et celles de son père, qui y font écho (Prison), Léonor de Récondo lit et relie les mots et les souvenirs, l'art, la littérature et l'histoire. Entre la musicienne et le peintre, une mémoire, enfouie, trouée, se fait jour. Léonor de Récondo est née en 1976. Elle est l'autrice notamment de Amours (Sabine Wespieser, 2015), La Leçon de ténèbres (Stock, 2020) et Marcher dans tes pas (L'Iconoclaste, 2025).
Dans un Paris dévasté par une catastrophe (accident nucléaire, cataclysme naturel, guerre de religion ?), un groupe de jeunes gens arpentent les rues, tentent de survivre en mangeant ce qu'ils trouvent, chantent des airs de John Holiways et fuient la violence de leurs ennemis en cherchant un ailleurs. Car ce monde en lambeaux, il s'agit malgré tout de l'habiter, de s'y vêtir et d'y trouver des raisons d'espérer. Comment tenir ? Comment trouver en soi de quoi réjouir la vie quand tout a sombré? Ce sont les questions que se posent, avec humour et cruauté, les protagonistes de cette aventure.
Chalamov Varlam ; Benech Sophie ; Fournier Catheri
Les Récits de Varlam Chalamov, réunis pour la première fois dans une édition intégrale, retracent son expérience des camps de la Kolyma où se sont écoulées dix-sept années de sa vie. Ils représentent une construction complexe, qui s?échafaude à travers différents recueils. Ce sont des fragments, qui doivent se lire comme les chapitres d?une oeuvre unique, un tableau de la Kolyma. Chaque récit s?ouvre sur une scène du camp. Il n?y a jamais de préambule, jamais d?explication. Le lecteur pénètre de plein pied dans l?univers du camp. Les premiers recueils, écrits peu après la libération, portent en eux toute la charge du vécu. A mesure que le narrateur s?éloigne de l?expérience, le travail de la mémoire se porte aussi sur la possibilité de raconter le camp. Certains thèmes seront alors repris et transformés. La circulation des mêmes motifs entre différents récits, différentes périodes, constitue à elle seule un élément capital pour le décryptage de la réalité du camp ; on y retrouve la grande préoccupation de Chalamov : comment traduire dans la langue des hommes libres une expérience vécue dans une langue de détenu, de crevard, composée de vingt vocables à peine ? Les récits s?agencent selon une esthétique moderne, celle du fragment, tout en remontant aux sources archaïques du texte, au mythe primitif de la mort provisoire, du séjour au tombeau et de la renaissance. On y apprend que le texte est avant tout matière : il est corps, pain, sépulture. C?est un texte agissant. A l?inverse, la matière du camp, les objets du camp, la nature de la Kolyma, le corps des détenus, sont en eux-mêmes un texte, car le réel s?inscrit en eux. Le camp aura servi à l?écrivain de laboratoire pour capturer la langue des choses. Le camp, dit Chalamov, est une école négative de la vie. Aucun homme ne devrait voir ce qui s?y passe, ni même le savoir. Ce thème fait écho à la Connaissance inutile de Charlotte Delbo : il s?agit en fait d?une connaissance essentielle, mais acquise à prix trop élevé, une connaissance sur l?être, sur l?état ultime de l?homme. C?est désormais un savoir que l?art ne saurait évincer.