Au cours d'une excursion en Norvège, Oliver Sacks fait une chute : rupture des tendons du quadriceps, un des muscles de la cuisse. Il est recueilli dans la montagne par des chasseurs, hospitalisé, soumis à des examens médicaux, opéré, mais... il ne parvient pas à recouvrer l'usage de sa jambe. Elle ne veut plus bouger, il ne la sent plus, la voit comme un corps mort, incongrûment rattaché à son corps. Médicalement, la machine est réparée ; pourtant, si Oliver Sacks a retrouvé son intégrité corporelle, le voici confronté à un phénomène étrangement inquiétant : l'amputation d'une partie de l'image du corps. Un tel phénomène semble ne plus relever de la médecine classique : mais de quoi alors relève-t-il ? Sacks décrit la détresse dans laquelle il s'enfonce, dont la traversée sera pour lui une expérience essentielle, et finalement régénératrice. C'est par la musique qu'il pourra retrouver l'image de cette jambe perdue. Peut-être parce que l'image de soi est elle-même tissée de rythmes, et que cette harmonisation a quelque chose de musical. C'est une des nombreuses pistes qu'ouvre ce livre, où le Dr Sacks poursuit sa réflexion originale et profonde sur ce qu'on pourrait appeler les affections du " soi ", et sur la médecine que de telles affections requièrent - Oliver Sacks, dont Louriia disait qu'il avait abordé une nouvelle région...
Nombre de pages
190
Date de parution
01/04/1987
Poids
236g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782020096072
Titre
Sur une jambe. Témoignage
ISBN
2020096072
Auteur
Sacks Oliver
Editeur
SEUIL
Largeur
141
Poids
236
Date de parution
19870401
Nombre de pages
190,00 €
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Fasciné par les îles depuis son enfance, Oliver Sacks part en exploration dans le Pacifique à la recherche de l'île des achromates : à Pingelap, comme à Pohnpei, une communauté d'insulaires ne perçoivent absolument aucune couleur, vivent dans un monde en noir et blanc, ne différenciant les objets que par leur luminosité. Quelles causes assigner à ce trouble ? Ainsi qu'à la paralysie totale dont est atteinte une large partie des habitants de l'île de Guam depuis des générations sans qu'on en connaisse la cause ? Parcourant la jungle, où poussent les cycas, ces plantes poisons venues de la nuit des temps, Sacks tente de percer le mystère de ces îles et de leurs maladies endémiques. Chaque personne rencontrée, aveugle aux couleurs ou atteinte de Parkinson, est un monde que la maladie ne détruit pas mais construit, révélant une façon d'être humain inédite, surprenante et émouvante. A la fois carnet de voyage et detective story neurologique, ce livre s'interroge sur le mystère de ces îles et l'insolite complexité de la personne humaine : les unes ne sont-elles pas la métaphore de l'autre ...
Né à Londres, Oliver Sacks exerce la neurologie à New York, est professeur à l'Albert Einstein College of Medicine et à l'université de New York (N.Y.U.). Il est notamment l'auteur de L'Éveil (Seuil, 1987) et L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau (Seuil, 1988).
Un peintre perd, à la suite d'un accident, la perception des couleurs ; un chirurgien, atteint du syndrome de La Tourette, est en proie à des tics compulsifs, sauf quand il opère ; une autiste, pour qui le monde humain est incompréhensible, se spécialise dans l'étude des animaux. Les personnes atteintes de tels troubles neurologiques ressemblent à des voyageurs traversant d'inimaginables contrées. Sept de ces voyageurs sont présentés ici. Pour les comprendre, l'auteur est allé à leur rencontre, et a partagé, pendant un moment, leur vie. Les sept histoires qu'il relate sont paradoxales, car elles montrent que les troubles neurologiques ne sont pas seulement des maladies - ils ouvrent des mondes nouveaux, certes étranges pour l'expérience commune, mais où se réalisent d'autres richesses, seulement potentielles chez l'homme normal. Le peintre qui a perdu la perception des couleurs va créer un monde artistique monochrome, à la beauté insolite et profonde ; et l'autiste continuera à se heurter aux arcanes de la socialité humaine - mais en s'y sentant, nous dit-elle, " comme un anthropologue sur Mars ". Oliver Sacks Né à Londres, neurologue, il exerce et enseigne à New York. Auteur notamment de L'Éveil (1987) et L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau (1988).
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...