La poésie du XXe siècle. Tome 1, Tradition et évolution
Sabatier Robert
ALBIN MICHEL
39,95 €
Épuisé
EAN :9782226013965
La prodigieuse accélération de la recherche poétique a occulté maintes créations du début du siècle que l'historien ne saurait passer sous silence. Dans le sillage symboliste, en des lieux de musique et de science, des valeurs présentes dans le précédent volume et qu'on rappelle. Et s'ajoutent les Louis Le Cardonnel, Guy Lavaud, des poètes quasi inconnus susceptibles de nous étonner. Et voici Jean Royère et son musicisme, les proches de Valéry comme Lucien Fabre et d'autres. Un regard sur le symbolisme dans son ensemble. Il y a dans cet univers que nous disons aujourd'hui "classique" une singulière ardeur, de fougueux combats, des tentatives néo-romantiques et néo-classiques : musique intérieure de Maurras, charme du savoir de Muselli, rigueur de Le Dantec. Maurrassistes et moréassiens. Virgiliens et élégiaques. Idéalistes, clartéistes, harmonistes, lyriques. Et voici François Mauriac, ses amis des "Cahiers", la Pléiade méridionale. Et nous nous arrêtons à ces Gallicans (Mary, Berry, Pradelle) aux tentatives archaïques inattendues, à des burlesques comme Fernand Fleuret, des dandys comme Louis de Gonzague Frick, l'irrévérencieux Fourest, les poètes satiriques et populaires, les destins brisés par la guerre. Un grand chapitre : l'Essor créateur des femmes. Forêt des Amazones : Anna de Noailles, René Vivien, Lucie Delarue-Mardrus, Gérard d'Houville... Non point "muses" mais Poètes ! Que de beautés chez Sabine Sicaud, l'enfant-poète, chez Catherine Pozzi, chez Marie Noël ! Auprès d'elles, des dizaines d'harmonieuses présences. C'est le temps des grands architectes. Nous rappelons Saint-Pol Roux, Francis Jammes, Paul Fort, Henry Bataille, Pierre Louÿs. Des chapitres sont consacrés à Paul Valéry, du silence à la parole retrouvée, en des lieux de poésie et de pensée féconde, à Paul Claudel, immense réservoir de poésie mondiale, dont on suit l'itinéraire unique dans notre poésie, à Charles Péguy, ouvrier de France. Nous parlons des Eloges, d'Anabase, d'Exil, de Vents ou d'Amers, et il s'agit de Saint-John Perse, si proche de nous et qui publia dès le début du siècle. Nous trouvons "la Stèle, corps et âme, être au complet" et c'est le grand Victor Segalen. Un nommé A.O. Barnabooth voyage et c'est Valery Larbaud. Qui trace des poèmes "capables d'affronter l'innommable" sinon ce Pierre-Jean Jouve, maître de l'inconscient créateur ? Des Amis inconnus à la Fable du Monde, Jules Supervielle, avec ses paysages échappés de la terre et du soleil, et nous rendons justice. Tout le Royaume de l'Amour, nous le retrouvons chez Milocz l'admirable, comme chez son ami "l'Obscur", Jean de Boschère dans la détresse, l'espoir, l'ardeur, écoutant le grésillement de l'Absolu. Tentatives d'esprit nouveau ? On rappelle Jarry, Roussel et aussi l'étrange Monsieur Brisset. On voyage de L'Abbaye, cette étonnante expérience,à l'Unanimisme, avec Duhamel, Vildrac, Arcos, et Jules Romains le Poète qui respire un air mental, Chennevière, Durtain, Martinet. Présences proches, les maîtres d'une poésie à la fois humaine et biblique, André Spire, Edmond Fleg, Henri Franck, Raymond Schwab, Henri Hertz, lieux de générosité planétaire. Et voici des poètes qui méritent d'être mieux connus : Paul-Jean Toulet et ses Contrerimes, Jean-Marc Bernard, Jean Pellerin, Francis Carco, Tristan Derème, Léon Vérane, La Vaissière, Chabaneix, l'Ecole fantaisiste... et tant de proches comme Tristan Klingsor l'enchanteur ou Jacques Dyssord. Ces doux-amers, ces frais chanteurs ne sont pas si éloignés qu'on le croit d'un certain modernisme, celui de L'Oeuf dur par exemple. Ne nous interdisant pas de vagabonder, nous faisons un petit saut en avant pour trouver des poètes plus près de nous mais qui procèdent de dépassements de la fantaisie et c'est la rencontre anticipée de Foucher, Gilson, Garampon, Frédérique, Chardine, Lannes, Hardellet, etc. Et aussi de poètes proches des leçons mallarméennes et valéryennes. La poésie, nous tentons de la rejoindre en tous lieux, mais ces prosateurs que nous réunissons, ils sont bien poètes à part entière, qu'ils se nomment Alain-Fournier, Giraudoux, Alexandre Arnoux ou Francis de Miomandre. Des couleurs violentes chez t'Serstevens, du fantastique social chez Mac Orlan, de grandes géorgiques chez Bosco et Giono. Et Arland, Dhôtel, Suarès. Et Paul Morand l'homme pressé de dire dans la modernité. Henry de Montherlant poète du corps. Drieu La Rochelle, Radiguet, Brasillach... Ce volume et celui qui suit ne forment qu'un volume. Tant de recherches cohabitent, tant de mouvements se pressent que la chronologie en est bouleversée. Le poète est contemporain des roses.
Sur les pentes de Montmartre, un enfant de dix ans, Olivier, erre le jour et aussi la nuit dans ce vieux quartier de Paris du début des années 30. Sa mère, la belle mercière, vient de mourir et il vit en partie chez le jeune couple formé par ses cousins Jean et Elodie, mais surtout dans les rues de ce temps-là, vivantes, souriantes, animées. C'est là qu'il rencontre une multitude de personnages populaires qui vivent et se croisent sous son regard vif, émerveillé, parfois mélancolique. Soumis à toutes sortes d'influences, cet enfant verra peu à peu la féerie des rues effacer sa peine et sa solitude.C'est une ville inattendue qui apparaît alors, un Paris différent de celui que nous connaissons, des coutumes changées, une autre manière de vivre. Merveilleux roman plein de fraîcheur et de charme, de tendresse et d'humour, Les Allumettes suédoises reste l'un des plus grands succès de ces dernières années.
Résumé : "Le monologue est exclu du poème, cette langue déterminée à l'intérieur d'une langue, et qui est dialogue - tout au moins espéré -, parole rassemblée des oppositions internes et de la dualité bouche-oreille. Le poème irradie des relations multiples, des fulgurances infinies. La méditation ouvre un champ de force où la surprise joue, où le mot, par le bain de l'image, redevient naissance et protection. Se laisser saisir, envahir, par-delà les sens possibles d'un titre, pour rejoindre l'analyse chantante des sensations (celles du sens et des sens). Parfois je, parfois jeu, toujours nous. Détruire la muraille-moi. Vénérer la chair et l'os. Ne pas oublier la splendeur du matin neuf et la somptuosité du simple naturel. S'incorporer, si possible, à l'histoire d'un art, en passé, en présent, en avenir. Si la solitude murmure, que l'île soit, mais au cour d'un archipel : on veut aimer. Pourquoi Icare ? Elévation et chute ? ou : élévation parce que chute ? Ou encore : trois voyelles, i, a, e, cernant deux consonnes, c, r ? Ou les anagrammes possibles : Caire, Erica, Acier, Carie, Racie, Acrie, ou les divinités Acire et Ecira ? Par Icare et Dédale, l'horizontalité spatiale s'accompagne de la verticalité temporelle. Titre : épi de faîtage. Et s'il s'agissait simplement de boire à la coupe du poème une rasade de mots ? Poésie : diseuse de bonne aventure. La recherche de la vérité d'aujourd'hui passe par le labyrinthe et la croix avec son point de mire au centre de la cible cour. Si la vérité nouvelle de l'être chante, de l'ardeur du feu au blanc apaisement des neiges, avec le poème, pourra-t-on, au seuil du nouvel avenir, jamais seuls, parler d'un nouveau sacre ?" Robert Sabatier.
Un roman noir, malaisant, addictif qui nous emmène dans le quotidien des circassiens à travers les choix de Tony, un jeune gadjo qui fuit un père violent et alcoolique. Très vite fasciné par les fauves, il veut les approcher et les dompter. L’autrice interroge sur les rapports de force, les blessures intérieures, les héritages inconscients, la colère, la passion, l’amitié et l’impatience. Une lecture à la fois suffocante et envoûtante, elle ne laisse pas de répit. Un récit qui happe, fascine, bouleverse, et questionne jusqu’à un final explosif. « Nous, les hommes, on a beau paraître civilisé, on est comme eux : des bêtes sauvages et impatientes, enclines à la violence. »
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
A partir d'un souvenir de lecture d'enfance, un Cosette abusivement attribué à Victor Hugo, Tiphaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables en France et à l'étranger. Elle révèle comment ce roman, dès sa parution, a été abrégé, adapté, traduit, illustré, réécrit, jusqu'à devenir l'un des récits les plus réappropriés au monde. Plus le livre est transformé, plus il devient mémorable. La question "Faut-il réécrire les classiques ? " apparaît dès lors comme une fausse question : ils ne sont tels que par leur constante adaptation aux goûts et aux attentes des époques successives. De Shakespeare aux contes de fées, de Montaigne à Mark Twain ou Agatha Christie, des traductions aux versions réduites, des transpositions aux mises en scène, l'autrice montre qu'un classique ne se définit pas par son intouchabilité, mais par sa capacité à s'affranchir de son original. Face à des polémiques souvent caricaturales opposant "cancel culture" et sacralisation du passé, ce livre privilégie la nuance, l'enquête et une érudition généreuse. Il préfère la démonstration à l'indignation pour affirmer une idée simple et stimulante : la réécriture n'est pas synonyme d'annulation, bien au contraire, puisqu'elle prolonge le plus souvent la vie des oeuvres en élargissant leur partage et en pérennisant leur mémoire.