Le mélodrame de la République sociale et le théâtre de Félix Pyat
Sabatier Guy
L'HARMATTAN
18,30 €
Epuisé
EAN :9782738474018
Le mélodrame de la République sociale et le théâtre de Félix Pyat, considéré comme l'une de ses parties les plus structurantes, sont révélateurs de l'intensité des rapports qu'entretiennent l'idéologie et la mimésis sous la monarchie de Juillet. En effet, le public-peuple de cette époque (1830-1848), confronté au bouleversement des représentations du monde, vient s'émouvoir au spectacle de tableaux édifiants, susceptibles d'éclairer sa lanterne tout en apaisant ses angoisses existentielles. Il y a une interaction entre les drames populaires joués, en particulier, sur les scènes des théâtres du boulevard du Temple (dit "du Crime") et les différents évangiles démocratiques, républicains ou sociaux (saint-simonisme, fouriérisme...) se propageant dans une atmosphère de prophétisme exalté qui - au delà de la critique du régime de Louis-Philippe, symbole de la trahison des idéaux de 1830 - renouent avec le millénarisme révolutionnaire néo-chrétien au travers d'une foi en la résurrection du peuple-dieu (incarné depuis 1789 par le peuple français et sa déclaration des droits de l'homme). La scène dramatique est alors le foyer ardent d'une religion de Monime dont l'esprit hante tous les secteurs de la cité et le paradis terrestre semble une promesse dont la réalisation est inscrite dans un proche avenir. Le théâtre de Félix Pyat est religieux, de caractère eschatologique, dans le sens où il ne procède pas à une simple politisation républicaine du mélodrame, mais à une dramatisation du programme de la République sociale tel qu'il avait été élaboré en 1793. Son esthétique de l'exemplarité, dépassant le tragique de ses premières œuvres et parvenant à l'écriture de pièces réformatrices, exalte le droit au travail tout en ritualisant les valeurs fraternelles telles que la solidarité et l'amour. Cette dernière apparaît comme la clef du salut, de la régénération sociale et annonce le spiritualisme de la révolution de février 1848.
Nombre de pages
753
Date de parution
03/05/2000
Poids
320g
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EAN
9782738474018
Titre
Le mélodrame de la République sociale et le théâtre de Félix Pyat
Auteur
Sabatier Guy
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
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Poids
320
Date de parution
20000503
Nombre de pages
753,00 €
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Epuisé
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Quoi de plus significatif que de célébrer le bicentenaire de la naissance de Félix Pyat en publiant l'intégralité de son mélodrame demeuré inédit depuis 1848, le Médecin de Néron ? ! C'est l'ouvrier Henry Mathey, communard, qui en a sauvegardé le manuscrit. Dans cette oeuvre, il ne s'agit pas moins que d'extirper le mal absolu incarné par le pouvoir des Césars pour réaliser le paradis terrestre de tous les opprimés, des esclaves des catacombes aux travailleurs des fabriques.
Dès mi-novembre 1917, le gouvernement bolchevik a entamé des discussions avec l'Allemagne et ses alliés ; le 2 décembre (calendrier russe de l'époque), à Brest-Litovsk, un armistice est signé et les négociations de paix s'engagent. Les conditions imposées par l'Allemagne et ses alliés, les conséquences prévisibles de la paix sur la Révolution, provoquent de vifs débats au sein même de la direction bolchevique ; les socialistes-révolutionnaires de gauche se déclarent eux aussi hostiles à cette paix qui subordonne la révolution au bon vouloir de l'impérialisme allemand. Fin janvier 1918, les négociations de paix sont rompues ; l'armée allemande reprend l'offensive en direction de Petrograd, et le gouvernement se replie à Moscou. Quelques jours plus tard, Lénine obtient à une très courte majorité l'accord du Comité central du Parti sur les conditions de la paix ; le 3 mars, malgré l'opposition persistante des "communistes de gauche" , à laquelle appartiennent plusieurs Commissaires du peuple, et celle des socialistes-révolutionnaires de gauche - qui, deux semaines plus tard, quitteront le gouvernement - la paix est signée. C'est ce débat, entre ceux qui, comme Lénine, considéraient que la poursuite de la guerre entraînerait la chute du pouvoir révolutionnaire et les oppositionnels, qui voyaient dans la paix l'arrêt de la Révolution, que présente et met en perspective cet ouvrage. On y trouvera en annexe La tragédie russe, le point de vue de Rosa Luxemburg sur la paix de Brest-Litovsk.
De Robert Poudérou, Gilles Costaz a écrit dans L'Avant-Scène : "Il est un des auteurs qui a le plus cassé les silences de l'Histoire de notre pays, de la rafle des enfants juifs à Bordeaux en 1942 (J'ai l'honneur...) à la persécution des tziganes à la même époque (Les Princes de l'Ailleurs), de l'esclavage (Le Nègre qui riait et qui dansait) à la guerre d'Algérie (Pendant que vous dormiez). C'est l'oeuvre de cet auteur-citoyen que nous voulons mettre en relief et saluer dans cet ouvrage.