2001AlexanderDeux jours durant, il est resté allongé sur son canapé en peau de buffle, comme mort. Puis il s'est levé, s'est douché abondamment pour éliminer toute trace d'odeur d'hôpital, et il s'est mis en route pour Neuendorf.Il a pris l'autoroute A 115 comme d'habitude. A regardé le monde. A vérifié s'il avait changé. Et - avait-il changé...Les voitures lui paraissaient plus propres. Plus propres? Plus colorées d'une certaine façon. Plus idiotes.Le ciel était bleu. Quoi d'autre!L'automne était arrivé en douce, sans prévenir. Piquant les arbres de quelques taches jaunes. On était passé en septembre. Et, si on l'avait laissé partir samedi, on devait être aujourd'hui mardi. Il avait perdu la notion du temps au cours des derniers jours.Neuendorf disposait depuis peu d'une sortie d'autoroute - «depuis peu», cela voulait toujours dire pour Alexander: depuis la chute du Mur. On arrivait ainsi directement dans la ThälmannstraMais il suffisait de tourner une fois à gauche et de longer quelques centaines de mètres la courbe du Steinweg, puis d'obliquer encore une fois à gauche - ici, le temps semblait s'être arrêté: rue étroite avec des tilleuls. Trottoirs pavés et bossues par les racines. Barrières en bois pourri où couraient des punaises rouges. Au fond des jardins, derrière des herbes hautes, les fenêtres sans vie de maisons dont on se disputait la rétrocession dans de lointains cabinets d'avocats.L'une des rares maisons à être encore occupées ici: le 7 du Fuchsbau. Mousse sur le toit. Lézardes sur la façade. Les buissons de sureau touchaient déjà la véranda. Et le pommier que Kurt avait toujours taillé lui-même poussait à tort et à travers, fouillis hirsute se dressant vers le ciel.Le «repas à domicile» était déjà posé sur le poteau de la clôture, dans son emballage isolant. La date de mardi inscrite dessus confirmait ce qu'il s'était dit. Alexander prit la boîte et entra dans le jardin.Bien qu'il ait une clef, il sonna. Pour voir si Kurt allait ouvrir. Peine perdue! De toute façon, il savait que Kurt n'ouvrirait pas. Mais il ne tarda pas à entendre le grincement familier de la porte du couloir; et lorsqu'il regarda par le fenestron, il aperçut la silhouette de Kurt - tel un fantôme - dans la pénombre du vestibule.- Ouvre! lança Alexander.Kurt s'approcha en faisant de grands yeux ronds.- Ouvre!Mais Kurt ne bougeait pas.
Nombre de pages
448
Date de parution
14/08/2013
Poids
290g
Largeur
111mm
Plus d'informations
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EAN
9782264058416
Titre
Quand la lumière décline
Auteur
Ruge Eugen ; Deshusses Pierre
Editeur
10 X 18
Largeur
111
Poids
290
Date de parution
20130814
Nombre de pages
448,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Un homme décide de tout quitter : sa ville, son pays, son ex-femme et leur fille. Sans beaucoup plus qu'un hamac et quelques carnets dans ses valises, il part vers le Sud. Le hasard le conduit à Cabo de Gata, un village de pêcheurs perdu sur la côte méditerranéenne de l'Espagne. Un paysage hostile balayé par les vents où il ne fait pas bon de vivre. Seul hôte de la pension locale tenue par une vieille veuve, l'homme décide pourtant de rester et d'écrire un livre. La routine du quotidien rythme ses journées qu'il passe à ramasser des coquillages et à observer la vie alentour, les allées et venues des chiens, des hommes, des mouettes et des bateaux. De temps à autre, la rencontre d'un touriste de passage vient égayer cette existence à laquelle l'étranger commence à prendre goût. Ils discutent littérature et écriture. Mais, au village, personne ne semble comprendre le nouveau venu. Personne, à part un chat.
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