Alors que mon ventre s'arrondit, durcit sous mes mains, je m'aperçois que tu m'as terriblement manqué; tu m'as même manqué chaque jour. Ta présence minuscule, déjà, me réchauffe; elle me fait très peur aussi. Depuis longtemps j'attends autre chose. Cette chose, aujourd'hui, va grandir et s'épanouir; mon poing s'ouvrir et t'accueillir, il sera chaud, doux et aimant. Ce poing-là, je le serrerai fort pour toi. Personne ne te fera du mal.Ce qu'il y a de bien dans notre famille, c'est qu'ils meurent tous. Ils deviennent inoffensifs. Ce qu'il y a de moins bien, c'est que nous mourons avec eux. Bientôt on ne sera plus que quatre, les parents, ma soeur et moi; et ça ne changera pas grand-chose, parce qu'au fond on a toujours été seuls, nous quatre. Moins que les doigts de la main, pourtant serrés comme un poing.L'année passée les grands-mères sont parties, les parents sont devenus orphelins. Ils n'en sont pas inconsolables. Ils sont inconsolables de n'être jamais nés. Il y a beaucoup d'enfants qui ne naissent jamais, et des adultes qu'on n'a pas mis au monde. La mort a fermé les yeux des disparus et ouvert ceux des survivants, tous deux sont à présent parfaitement lucides.J'aimerais l'être moins. J'aimerais te consoler de naître dans cette famille-là. J'aimerais t'inventer un monde qui n'existe pas. J'aimerais être moins seule avec mes questions. De mon histoire j'ignore parfois ce qu'il y a à comprendre, mais je sais qu'il faut m'en débarrasser avant même de connaître ton visage, ton odeur et ta peau, ton premier cri. Pour ne pas te déranger trop tôt, pour conjurer les absences, les silences et la déraison qui rongent nos vies. Ce sont des histoires anciennes qui nous engloutissent pourtant et qui t'engloutiront sinon. Je préfère que tu naisses sans mensonge.La seule vérité c'est que j'attends.
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Nombre de pages
118
Date de parution
14/11/2012
Poids
106g
Largeur
110mm
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EAN
9782253164296
Titre
J'attends
Auteur
Ruat Capucine
Editeur
LGF
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110
Poids
106
Date de parution
20121114
Nombre de pages
118,00 €
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Résumé : " Le médecin me dit que je suis une enfant. J'ai le corps d'une fillette. Ce n'est pas grave, ça se répare un corps. Il y a un an je ne pesais pas grand-chose, on aurait pu me glisser dans une mallette ou m'accrocher à un cintre. Me souffler comme une allumette ou me froisser dans du papier de soie. Ma peau était une vieille fripe. Je l'enfilais à l'envers et je marchais de travers. J'ai grossi comme j'ai pu ".
« Il y a beaucoup d?enfants qui ne naissent jamais, et des adultes qu?on n?a pas mis au monde. La mort a fermé les yeux des disparus et ouvert ceux des survivants, tous deux sont à présent parfaitement lucides. J?aimerais l?être moins. » Celle qui dit « je », c?est Angèle Videau, soeur d?Arielle, fille d?Armelle et du « père », une apparition dans ce roman de femmes. Des femmes sur trois générations, de Mané à Armelle, d?Armelle à Angèle. Trois générations, pas une de plus. On rencontre Angèle dans la salle d?attente d?un cabinet médical, les mains posées sur un ventre qu?elle a gonflé d?espérance. Alors que se déploie sous ses yeux le ballet des futures mères, des jeunes enfants et de celles qui les ont enfantés, Angèle s?adresse à Éric. Ce prince Éric qu?elle désire de toutes ses forces et porte en elle, elle tente de l?apprivoiser. L?occasion de convoquer les rêves, les souvenirs et de combler les places laissées vides. Pourquoi les désamours et à quel point le manque? A-t-on « raté » sa vie quand on ne la donne pas? Il y a les questions, toutes les questions d?Angèle et qui demeurent sans réponse.Car J?attends, c?est la sensation d?une carence; le coeur bat en sourdine, la laideur, celle qui ne s?altère pas finit par saisir d?effroi, le corps est sec et, si l?on n?y prend garde, bientôt, dans cette famille qui s?amenuise comme une peau de chagrin, les morts auront supplanté les vivants. Angèle aimerait être moins lucide mais pour Éric, elle a tout déballé. Un regard sans filtre, quasi clinique, qu?elle offre sur les siens et sur elle-même et qui révèle, dans une violence contenue et dans le sang, parfois, les secrets, les envies, les pensées honteuses, tout ce qu?on n?a pas su et pas pu dire. J?attends est un roman qui, à travers le point de vue d?une jeune femme et les brèves d?existence de celles qu?elle raconte, les anecdotes, le quotidien, réussit à approcher l?universel: la maternité, la féminité, le lien du sang et la mort.
Résumé : Jean-Marc Roberts (1954-2013) fut l'une des figures les plus flamboyantes de l'édition. Ecrivain précoce, il publie son premier roman à 17 ans et découvre très vite ce que sera sa vie : se mettre au service des auteurs et des livres. Il ne cessera jamais d'être à la fois romancier et éditeur. Successivement éditeur aux éditions Julliard, au Seuil, au Mercure de France et aux éditions Fayard, il prend la direction des éditions Stock à partir de 1998. Sous une couverture bleu nuit devenue iconique, il impose dès lors sa marque. Son style : lire vite, décider seul, prendre des risques, miser sur une oeuvre, parier sur le long terme, protéger, voire mécéner les écrivains et toujours les comprendre et les aimer. Considéré comme l'un des piliers de l'autofiction en France, son catalogue révèle néanmoins son éclectisme. Immense découvreur de talents, il insufflera à la littérature audace et élégance, ne se souciant jamais de la bien-pensance. Ce livre dresse un portrait en kaléidoscope de l'éditeur par 27 de ses auteurs, et permet de découvrir l'esprit intrépide et le charme fou de celui qui fit les grandes heures de l'édition à la française.
Résumé : Dès les premières pages, il sait. Il est comme un chasseur qui suit une trace. Concentré, recueilli, il passe deux doigts de la main gauche sur sa lèvre supérieure. C'est un acte précieux, délicat, doux. Il est tout entier là, dans ce rituel. Il est drôle, irrévérencieux, de mauvaise foi. Flamboyant au charme fou, un peu voyou, il marque mal. Il incarne la Maison. Autour de lui, une famille d'auteurs. Les livres qu'il publie sont comme ses enfants, il les porte, les protège, les défend. Il est l'Editeur. Et, comme la littérature, il résiste à toute définition. Il s'appelait Jean-Marc Roberts. Voilà dix ans qu'il a tiré sa révérence. A travers son souvenir, Capucine Ruat, éditrice auprès de lui durant quinze ans, raconte l'édition, cette passion brûlante. Et, sous sa plume subtile, ce créateur inclassable rejoint enfin la tribu des personnages de roman.
Trois destinées. Trois cultures. Trois combats. Trois femmes qui se battent avec volonté, courage et fierté pour acquérir leur place dans la société malgré les discréminations et les traditions. Un premier roman fort sur trois destins liés comme les trois brins d'une tresse...
Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l'harmonie familiale s'est disloquée en même temps que son « petit pays », le Burundi, ce bout d'Afrique centrale brutalement malmené par l'Histoire.Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de ceur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d'orage, les jacarandas en fleur... L'enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais. Un livre lumineux. Astrid de Larminat, Le Figaro. Un très beau premier roman, déchirant et incandescent, qui force l?admiration. Yann Perreau, Les Inrockuptibles. Gaby n?est pas un petit Africain, c?est un enfant du monde emporté par la fureur du destin. Notre hantise commune. Maria Malagardis, Libération. PRIX GONCOURT DES LYCÉENS / PRIX DU ROMAN FNAC / PRIX DU PREMIER ROMANNotes Biographiques : Franco-rwandais, Gaël Faye est auteur compositeur interprète. Aussi influencé par les littératures créoles que par la culture hip hop, il a sorti deux albums solo nourris d?influences musicales plurielles: Pili Pili sur un Croissant au Beurre et Rythmes et Botanique, enregistrés entre Kigali, Paris et Bujumbura. Petit pays, son premier roman, a été récompensé par le prix Goncourt des Lycéens.
Olivia Ruiz offre un premier roman très touchant inspiré de son histoire familiale. Par le biais d'une série de lettres, elle nous fait découvrir l'histoire de Rita, une femme au caractère bien trempé. Celle-ci a eu une vie mouvementée, faite d'exil, de fuites, de retours aux sources, de solidarité, ... sans cesse en quête de liberté. Un récit qui sent bon l'Espagne, à la fois triste et joyeux, empli de douceur et de poésie.
Médecin légiste depuis plus de trente ans, Philippe Boxho livre son quotidien fait de morts qui ne le sont pas toujours ou pas encore, de disparitions de cadavres, de dissimulations de meurtres, de suicides étonnants. De la scène de crime à la salle d'autopsie, entre pratique médicale et enquête policière, l'expert médico-légal raconte son métier, qui est aussi sa passion. Il relate ainsi l'évolution du corps après la mort à travers des histoires de mouches, puis il s'arrête sur cet homme qui pensait mourir d'un seul coup de feu et qui a dû s'y prendre à quatorze reprises, sur cet autre qui, en voulant se pendre, est finalement décédé d'une fracture du crâne, sur ce meurtrier qui n'aurait jamais dû consommer d'alcool ou encore sur cette morte qui avait le mauvais goût de transpirer. Les histoires rassemblées ici sont toutes vraies. Ames sensibles, s'abstenir.