Je suis né en même temps que l'aéroplane dans la plaine de la Mitidja, au sud d'Alger. J'ai passé mes premières années avec ma mère, ma grand-mère, mon oncle Jules et un vieil ouvrier agricole indigène qui s'appelait Meftah. On s'éclairait à la bougie, le pétrole et la lampe Pigeon étaient un luxe, nous allions à Boufarik dans un break à deux chevaux, les premières autos commençaient à rouler en soulevant un nuage de poussière, il y avait des fusils partout, le soir je m'endormais dans le hululement des chacals et la voix qui appelait les Arabes à la prière. J'ai appris à lire et à écrire dans Le Chasseur français. Au lycée d'Alger, je fus un cancre, on m'expédia au séminaire : notre professeur de grec sondait l'éther avec un poste à galène et notre professeur de littérature entrait en transe en lisant Lamartine. Ma vocation, je la trouvai dans l'armée. Je devins officier. Mes inspirateurs furent un merveilleux mandarin omniscient à demi loufoque, Montherlant et deux poètes alors à Tunis, Jean Amrouche et Armand Guibert. Quand la Deuxième Guerre mondiale éclata, j'étais dans l'aviation, le désastre nous chassa jusqu'à Alger et le drame de Mers el-Kébir nous rangea du café de Pétain. Antijuif et antiarabe, je fus un homme de droite jusqu'à l'arrivée des Alliés en 1942. La confusion qui régnait fut mon salut : j'allai où je devais. Mon premier livre, La Vallée heureuse, raconte comment les bombardiers lourds de la RAF écrasèrent l'Allemagne. A mon retour en France en 1945, Camus m'ouvrit les yeux sur le monde, puis je marchai seul. Après ce que je vis en Indochine, je quittai l'armée. Après ce que je vis en Algérie, je devins un subversif. Je le suis toujours".
Nombre de pages
576
Date de parution
04/03/1993
Poids
720g
Largeur
154mm
Plus d'informations
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EAN
9782226035318
Titre
Mémoires barbares
Auteur
Roy Jules
Editeur
ALBIN MICHEL
Largeur
154
Poids
720
Date de parution
19930304
Nombre de pages
576,00 €
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As des as, à qui on attribue toutes les vertus, éblouissant (cinquante-trois victoires), Guynemer vit à peine le temps de devenir superstar et à 22 ans il disparaît dans le ciel. Comme Mermoz. Comme Saint-Exupéry. Pour mettre fin à son existence inouïe, presque illégale, immatérielle et incroyable, il n'y a que cette note, le 12 septembre 1917, sur le carnet de comptabilité en campagne de l'escadrille nº 3 : "1 capitaine disparu". De lui, il reste un nom étrange, une figure d'illuminé, un regard volontaire, habité d'une chose inconnue, presque d'halluciné. Et une légende. Toute neuve. Elle sent les relents des popotes d'officiers de campagne, l'hûile de ricin des moteurs Gnome-Rhône, l'odeur de pétrole brûlé des petites torpédos qui s'arrêtaient devant chez Maxim's et le Fouquet's. Légende encore avec la douce haleine des fourrures d'actrices, l'âcre fumée des obus, la teinture d'iode des hôpitaux, et l'encens des grand-messes. Héros de légende, héros rimbaldien, habité d'une quête, vague et terrible, d'absolu, mais qui, lui, ne renonce à rien. Le monde aura toujours besoin de saints et de poètes, de salauds et de héros. En voilà un, doublé d'un chevalier, tellement plus grand que sa légende. Il n'y en a plus. C'est le dernier. Et voilà qu'il revit. Jules Roy, l'auteur de La Vallée heureuse et ancien pilote lui-même, a enquêté pendant plusieurs mois auprès de la famille et des survivants ; il a fait parler des témoins que personne n'avait jamais interrogés. Et voici que derrière des révélations étonnantes sur Guynemer, sur ses amours avec Yvonne Printemps, sur sa mort, surgissent enfin l'émotion, la foi, le lyrisme, le doute, l'hésitation, la vraie étoffe d'un homme.
Résumé : "Cher Julius, Je n'écrirai pas un article sur La Mort de Mao. Cela me choquerait un peu. Je ne sais pas pourquoi. Sans doute parce que tu n'as pas écrit ces pages comme on fait "un livre". Au fond, ce que tu voulais, c'était dire en public : "Oui, j'ai pleuré, de simples et sauvages larmes, quand j'ai su que mon chien venait d'être écrasé. Et alors ? .
Un roman noir, malaisant, addictif qui nous emmène dans le quotidien des circassiens à travers les choix de Tony, un jeune gadjo qui fuit un père violent et alcoolique. Très vite fasciné par les fauves, il veut les approcher et les dompter. L’autrice interroge sur les rapports de force, les blessures intérieures, les héritages inconscients, la colère, la passion, l’amitié et l’impatience. Une lecture à la fois suffocante et envoûtante, elle ne laisse pas de répit. Un récit qui happe, fascine, bouleverse, et questionne jusqu’à un final explosif. « Nous, les hommes, on a beau paraître civilisé, on est comme eux : des bêtes sauvages et impatientes, enclines à la violence. »