A Rapallo, dans la maison de Pound, j'avais appris la mort de Gombrowicz (je l'avais quitté la veille) et je pensais sur le Canal, suivant Pound beaucoup plus tard, à l'un et à l'autre, dédoublé par la tristesse, et devenu moi-même ombre parmi les ombres ; au creux de ce conte de fées, je comprenais par le souvenir, entre la présence et l'idée, que l'apaisement est dans la tristesse de la poésie, son terrier. Il n'y a pas de grande poésie sans grand exil. Depuis Thomas Mann, nous savons que la mort a choisi à Venise de s'installer à demeure. On ne meurt qu'à Venise. Diaghilev, Stravinsky, Byron au palais Mocenigo, Wagner et son Iseult au palais Vendramin, toute une classe, tous les restes des aristocraties se retirent dans ce pourrissement, des Habsbourg au comte de Chambord, de Dracula au dernier des Romanoff, comme leurs ancêtres s'anéantissaient dans les forêts. Que ce soient les corbeaux métaphysiques du fascisme, le pauvre Gentile, la Clara, et les désespérés des Gardes Rouges léninistes à la Gorki, tout ce qui est échec de la vie, viennent mourir à Venise, face aux murailles cyclopéennes de la vie personnelle". C'est en hommage à Ezra Pound, mort à Venise le 1er novembre 1972, que Dominique de Roux (1935-1977) a écrit ce grand texte poétique. Nous le rééditons pour célébrer le 40e anniversaire de sa disparition, survenue le 29 mars 1977.
Nombre de pages
54
Date de parution
13/04/2017
Poids
73g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782363711953
Titre
Le gravier des vies perdues
Auteur
Roux Dominique de
Editeur
PG DE ROUX
Largeur
125
Poids
73
Date de parution
20170413
Nombre de pages
54,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Maison jaune aura été la dernière station où je m'endormis sur mes enfance que j'aurai vécues en rêvant aventurier des chambres vides. Je me réveillais, servi par le hasard, au milieu du Camp du Drap d'Or de l'histoire, ouvert à tous, - le monde d'après la fin de la bourgeoisie et de ses classes. Vieille société. Le monde qui vient, universellement hâtif c'est encore nous, rêvant de nos maisons, de nos destins à mesure qu'ils s'écroulent déjà sur le passage de la ligne du monde nouveau la vie errante. Il était écrit: rue Barbet-de-Jouy. Et alors? Quelle importance! Pourquoi vous donneriez-vous la peine d'entrer, même si toute l'histoire est là, tout le secret, que la vie est toujours toute la splendeur... Biographie: Né en 1935 d'une famille aristocrate, maurrassienne, Dominique de Roux n'était jamais là où on l'attendait. Incurablement inclassable, il a jeté très tôt sur les écrivains de son temps un regard curieux et sans préjugés. Fondateur des Cahiers de l'Herne, il a fait rentrer au panthéon littéraire Céline et Ezra Pound, alors maudits, puis Gombrowicz, Michaux, Borges et Pierre Jean Jouve. Ecrivain, essayiste, il s'est impliqué dans la Révolution des ?illets qui, en 1974 au Portugal, mit fin à la dictature post-salazariste, puis dans la guerre civile angolaise. Il meurt d'une crise cardiaque en 1977.
"De toute évidence l'écriture de Charles de Gaulle n'est pas de la littérature. Quelle est alors la figure héraldique centrale, le symbole dogmatique de son écriture ? - Héraldique est en effet le mot, et la clef. " L'écriture de Charles de Gaulle, tel est le postulat de Dominique de Roux, est l'écriture du destin. Quel destin ? Une intelligence prophétique de l'Histoire, prenant à son compte les armes de la liberté la plus grande... " Dominique de Roux s'interroge sur la portée prophétique de son message, et l'usage proprement guerrier qui en est fait : il s'agit pour lui de " déterminer, mettre en lumière, définir avec autant de clarté que possible les relations de cette écriture avec ce qui la précède en termes de vision, avec ce qui la dépasse en termes d'histoire, avec ce qui l'accomplit en termes de destin. " " (Extrait de la préface de Philippe Barthelet.)
Clément, double de Dominique de Roux, se penche sur ce qui fut son existence. Il passe en revue ce père dont il est orphelin, sa mère dont il essaie de retrouver la trace à travers les femmes qu'il a côtoyées. Derrière lui son ?uvre d'écrivain, ce sang dont il a marqué chacune de ses pages, puis la tentation de modifier l'Histoire aux côtés d'activistes qui l'ont précipité dans la libération des colonies portugaises. A l'instant où il voit approcher la Mort, au bord du lac de Genève, surgit cette " jeune fille au ballon rouge ". Vision de la femme éternelle, seule capable de rendre la mort innocente. Désirée, puis perdue, elle est ce qui reste à écrire. " A chaque livre, donc à chaque femme, on revient un peu mieux à la vie ", notait Dominique de Roux.
L'inconnu continuait à me fixer. Qu'est-ce qu'il voulait, à la fin ? M'accueillir dans sa propre solitude ? Pas question. Même si la mienne était insupportable. Une engelure tenace. J'ai voulu me protéger à ma façon, et d'une voix narquoise : - A votre avis, quand le type en trench est entré et qu'il a glissé deux mots à l'oreille de l'autre, qu'est-ce qu'il lui a dit ? II est resté impassible, l'air de ne pas comprendre. Ou de s'en foutre éperdument. Peut-être avait-il dormi pendant le film ? - Si on allait prendre un verre ? J'ai secoué la tête énergiquement. Et avec forfanterie, voire provocation : - Non, merci. Je ne bois pas. Je ne fume pas. Je ne me drogue pas. De toute façon, j'attends quelqu'un. - Vous attendez quelqu'un ? a-t-il dit sur un ton de perplexité moqueuse." Michel Lambert nous fait pénétrer à nouveau dans l'univers chancelant des couples ou des compagnons de route improbables, des secrets douloureux à retardement, des derniers pas que promènent, au fil d'un poignant chant du cygne, ceux qui ne pourront plus jamais se retrouver comme avant, dans l'illusion ou le fantasme, soudain surpris par l'éternel lendemain et sa lumière trop forte et trop blanche.
La vogue actuelle de l'écologie (et de l'écologisme) s'explique par deux facteurs essentiels : l'aggravation des pollutions de toutes sortes, qui saccagent les paysages, détruisent les écosystèmes, infectent les nappes phréatiques et menacent les océans ; et l'épuisement programmé des réserves naturelles, dont on sait aujourd'hui qu'elles ne sont ni inépuisables ni gratuites, à un moment où plus des trois-quarts de nos ressources énergétiques sont encore des ressources fossiles (gaz, pétrole, charbon, uranium). S'y ajoutent les débats sur le réchauffement climatique, le traitement des déchets industriels et nucléaires, les perturbateurs endocriniens, les menaces sur l'alimentation, etc. De nombreux auteurs se sont déjà attachés à étudier ces problèmes. Mais peu l'ont fait au point de prendre fermement position en faveur de la décroissance. Le constat de base que font les "décroissants" est celui-ci : une croissance matérielle infinie est impossible dans un espace fini (comme l'est notre planète). Sans pour autant vouloir arrêter l'histoire ni retourner en arrière, vient un moment où il est nécessaire comprendre que "plus" ne veut pas automatiquement dire "mieux" et qu'il est parfois nécessaire de dire : "C'est assez !" Alain de Benoist, à qui l'on doit déjà de nombreux essais d'histoire des idées et de philosophie politique, explique dans ce nouveau livre pourquoi le " développement durable " est voué à l'échec : en prétendant concilier croissance et écologie, il revient, dans le meilleur des cas, à réduire la vitesse sans pour autant changer de cap dans la mauvaise direction. La notion même de croissance, issue de la modernité occidentale, est ici déconstruite à partir d'une critique radicale, qui s'appuie notamment sur les notions d'"empreinte écologique" et d'"effet-rebond". L'ouvrage contient également plusieurs textes sur le sens profond de le pensée écologiste, ainsi que sur l'idée de "valeur intrinsèque de la nature". L'auteur plaide, en conclusion, pour restituer un rapport de co-appartenance à la nature rompant avec l'idée d'un monde transformé en simple objet du vouloir humain : "Le monde naturel n'est pas un simple décor de nos existences, c'est l'une des conditions systémiques de la vie".