Pluriel intérieur. Variations sur le roman familial
Rousseau-Dujardin Jacqueline
L'HARMATTAN
21,50 €
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EAN :9782747585682
Quelqu'un tenterait-il d'écrire son histoire en des moments différents de sa vie - c'est le cas du narrateur dans ce livre -, il constaterait que sa vision du passé, de son passé, n'est pas fixée une fois pour toutes : les événements vécus ne lui apparaissent pas sous le même jour, le rôle qu'il y a joué se transforme, les personnages qui l'ont entouré ne répondent plus exactement aux portraits d'abord tracés. La mémoire est vivante, sensible aux effets que le présent exerce sur elle. Avec le temps, elle travaille et fournit des récits diversement composés, des variations du roman familial, comme si l'on était plusieurs, successivement, à l'intérieur de soi. La psychanalyse est le lieu où l'on peut observer électivement le phénomène : ces modifications s'y produisent de façon plus rapide, sollicitées par la marche de la cure, comme a pu l'observer l'auteure. Mais elle a constaté aussi que chacun, pour peu qu'il soit attentif à ce qui évolue en lui, à ses remaniements internes, peut en prendre conscience au long des années. Ce n'est pas seulement qu'on ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve. D'une fois à l'autre, on n'est plus le même lorsqu'on se baigne dans le fleuve. Quant à ceux qui sont sur la rive, les autres, les reflets de l'eau qui passe modifient leur apparence.
Nombre de pages
227
Date de parution
01/06/2005
Poids
295g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782747585682
Titre
Pluriel intérieur. Variations sur le roman familial
ISBN
2747585689
Auteur
Rousseau-Dujardin Jacqueline
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
295
Date de parution
20050601
Nombre de pages
227,00 €
Disponibilité
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Aimer est difficile autant que d'être aimé, même si chacun y aspire. C'est que la rencontre de l'autre entame le soi qui, passé les premières effusions, se retire dans des postures établies depuis l'enfance ou s'efforce, mais non sans écueils, de préserver un lien qui donne valeur à la vie. Les écrivains ont suivi dans leurs oeuvres ces parcours qui furent les leurs, ceux des personnages qu'ils ont créés et souvent les deux à la fois. Jacqueline Rousseau-Dujardin a choisi d'accompagner quelques-unes de ces versions amoureuses sous leurs formes variées, passant par Proust, Henry James, Madame de Staël, Madame Guyon, Balzac, Virginia Woolf. Et de méditer, aidée par son expérience psychanalytique, sur les solutions, ou les aveuglements, que tel ou tel donne ou oppose au désir amoureux et à son évolution.
J'ai toujours aimé le temps. De ce point de vue, mon métier de psychanalyste ne m'aura pas dépaysée. Et je sais aujourd'hui que, si on ne maîtrise jamais le temps, notre temps, on peut y circuler plus à l'aise même si la cloche de la fin sonne pour tout un chacun. "Sur le tard, c'est le moment de vie où le temps joue de ses facettes, passé, présent, avenir, parfois en les rendant plus distinctes, parfois en les confondant. Ainsi certains moments vécus s'imposent-ils dans leur actualité même, pleins de résonance affective. Ou bien ce sont les souvenirs qui dominent, assiègent. Quant au futur, longtemps illimité, il se trouve petit à petit rétréci ; les limites sont visibles, sensibles. Qu'a-t-on encore le temps d'être, de faire ?" J R-D. Une méditation littéraire et tonique sur le temps qui passe et la force de vie qu'il apporte.
Dix ans se sont écoulés depuis qu'a paru Couché par écrit. L'époque est passée où l'on entreprenait une psychanalyse pour obéir, selon une méthode d'actualité, à l'injonction delphique du "Connais-toi toi-même". Maintenant, on souffre et c'est pour cela que l'on vient. Parfois en catastrophe, en crise; parfois dans le long cours d'une douleur dont on soupçonne qu'elle pourrait s'éviter. Trouver quelqu'un qui vous le confirme qui vous l'écoute, si j'ose dire avoir son temps et son espace pour le développer, s'accorder à soi cette dépense, c'est déjà un soulagement, certes. Mais, dans la plupart des cas, le symptôme, l'épine irritative qui fait mal, n'est pas abrasée pour autant. La psychanalyse vise en deçà, creusant "ce qui vient à l'esprit", soulevant des questions qui, de palier en palier, fouilleront les traces des origines, inscrites en chacun et que chacun réinscrit. Elle ne prend sa véritable portée que quand l'interrogation adopte la forme d'un "Pourquoi être ?" qui rejoint la question ontologique, admettant cependant qu'il subsiste un reste opaque au creux des "pourquoi" infinis. Le mot "patient" prend tout son sens en cette recherche, une aventure de parole aussi. A découvrir comment n'en pas abuser tout en faisant fond sur sa propre patience ...