Si les grands historiens de la révolution française, de Jean Jaurès à François Furet et d'Albert Mathiez à Albert Soboul - sans oublier, bien sûr, Maurice Dommanget qui lui a consacré une étude spécifique - ont tous mentionné la figure singulière de Jacques Roux, on ne trouvait plus depuis de nombreuses années de biographie retraçant la totalité de son parcours, avec ses zones d'ombre et de lumière. C'est cette absence que Dominic Rousseau vient combler, non seulement parce qu'il tient à sauvegarder l'histoire d'une région où Jacques Roux a exercé, mais aussi parce que les paroles que celui-ci a tenues résonnent aujourd'hui avec une force et une actualité particulière : "La liberté n'est qu'un vain fantôme quand une classe d'hommes peut affamer l'autre impunément. L'égalité n'est qu'un vain fantôme quand le riche, par le monopole, exerce le droit de vie et de mort sur son semblable". Jacques Roux, qui interpelle ainsi la Convention qui vient d'adopter la première constitution de la république, ne fait pas que lui rappeler de grandes vérités : il réclame qu'elle y inscrive des mesures coercitives contre les responsables de la pénurie et du renchérissement des produits de première nécessité qui rendent si difficile la survie "d'un peuple immense sans pain et sans vêtements" , la population laborieuse de Paris dont il est ce jour-là le représentant. Dans les semaines qui suivront, la Convention votera effectivement des mesures de fixation des prix et de répression contre les spéculateurs. Mais ses dirigeants les plus éminents se retourneront aussi contre cet homme, Jacques Roux, qui est venu leur reprocher de ne pas avoir "tout fait pour le bonheur du peuple".
Nombre de pages
220
Date de parution
05/08/2013
Poids
298g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782902963669
Titre
Le Curé rouge. Vie et mort de Jacques Roux
Auteur
Rousseau Dominic
Editeur
SPARTACUS
Largeur
150
Poids
298
Date de parution
20130805
Nombre de pages
220,00 €
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La vraie démocratie, elle est ici ! " . Scandés par des centaines de milliers de Français pendant le mouvement social contre la réforme des retraites début 2023, ces mots montrent les crispations auxquelles notre système politique est confronté. Comme l'avait déjà illustré le mouvement des gilets jaunes, beaucoup de citoyens ne considèrent plus comme pleinement légitimes les élus. Pour eux, les dés seraient pipés : les politiques sous l'influence des lobbys, les gouvernants sous celle du patronat, ou de Bruxelles. Et la pratique du pouvoir pencherait davantage vers un autoritarisme dédaigneux qu'un gouvernement respectueux de son mandat et du peuple souverain. Ces critiques sont-elles justifiées ? Nos institutions sont-elles adaptées aux besoins de l'époque, et à cette envie de participation aux décisions qui émerge dans la société ? Ont-elles été conçues pour répondre aux crises sociales, écologiques et humaines qui sont devant nous ? Et au fond, sommes toujours en démocratie ? 12 auteurs ont accepté d'y réfléchir.
La connaissance, en histoire, en anthropologie, en génétique, a-t-elle des limites ? Et les limites sont-elles un obstacle infranchissable ou une ombre qu'il peut suffire d'éclairer correctement à partir des disciplines voisines pour la voir soudain s'effacer et laisser la place à un nouveau champ d'investigations, à de nouvelles questions ? Et si les limites les plus difficiles à franchir étaient celles que nous nous imposons...
Chaque époque a des modes de nommer qui lui sont propres. Dans ces modes se dit le pouvoir de celui qui inscrit chaque chose à sa place. Les dénominations ont une histoire : leur étude ne relève pas seulement de l'épistémologie ; elle ouvre sur la compréhension des sociétés. Contributions de F. Balibar, B. Bensaude-Vincent, C. Bernand, P. Cartier et K. Chemla, J. -M. Drouin, C. Gauvard, O. Jouanjan, C. Michon, C. Moatti, J. -P. Verdet. J. -D. Vincent, La Biologie du plaisir. M. Fink, Expériences de renversement du temps en physique.
L'attrait commun des savoirs pour le mot " code " ne doit pas occulter les usages différents que chaque discipline peut faire de ce terme : il peut en effet désigner aussi bien la clé permettant d'accéder à la connaissance qu'un ensemble de signes employés dans une écriture secrète ou encore un texte contenant les règles de représentation des choses et des actions. Le déchiffrement des codes, quels qu'ils soient, est un travail permanent des hommes pour arriver à percer le secret de leur vie. Car si " toute notre vie est dans le code ", le décodage est certainement une des conditions de notre liberté.
En décembre 1894 et janvier 1895, Jaurès et Lafargue donnent chacun une conférence - la seconde répondant à la première - sur l'origine des idées, et en particulier sur l'aspiration à la justice qui paraît être au coeur du mouvement socialiste. Pour Jaurès, il n'est pas possible d'opposer la conception idéaliste et la conception matérialiste de l'Histoire, même si celle-ci semble se dérouler "selon une loi mécanique" . Lafargue lui oppose en particulier que l'aspiration à la justice elle-même surgit de l'injustice qui naît avec la propriété privée et que l'idéal de paix et de bonheur qui a mobilisé à différentes époques penseurs et combattants "n'est pas une production spontanée du cerveau humain" mais "un souvenir lointain de cette époque communiste que l'homme a dû traverser avant d'arriver à la propriété privée" . Dans son introduction, Aimé Patri analyse les deux démarches et montre leurs limites ; il rappelle la critique apportée par Marx au matérialisme de Feuerbach et que, s'il a insisté sur la primauté à donner à l'action, celle-ci ne prend son sens que guidée par la pensée.
Les bouleversements et les crises périodiques que la révolution industrielle imposa au monde du travail provoquèrent à la fois le développement des luttes ouvrières et l'éclosion de projets de réforme sociale prétendant concilier progrès technique et harmonie entre les hommes. En montrant que l'histoire des sociétés était indissociable de celle de la propriété, Karl Marx apporta au mouvement ouvrier naissant à la fois la compréhension du monde qui le créait et l'illumination des buts qu'il devait se donner. Karl Kautsky expose comment il y parvint en soumettant à la critique historique et sociale les grands courants de pensée qui ont accompagné l'avènement de la bourgeoisie capitaliste. Mais cette activité intellectuelle de Marx ne doit pas être séparée de son action militante, qui la rendait nécessaire et qui l'enrichissait en même temps. Dans " L'histoire de la Ligue des communistes ", Friedrich Engels relate la constitution du premier noyau de révolutionnaires auquel il appartint, dans cette Europe occidentale du milieu du XIXe siècle où il faut encore abattre le despotisme monarchique mais où, déjà, surgit la perspective d'une société libérée des oppressions, celle de la société communiste.
Dès la naissance officielle de Solidarité, lors des grèves d'août 1980, une divergence apparaît entre la pratique des luttes et l'engagement de négociations avec le gouvernement qui aboutiront à un accord dès la fin du mois. L'aggravation de la situation sociale en 1981 s'accompagne d'une opposition croissante au sein du syndicat entre ceux qui cherchent une meilleure gestion de l'économie, et ceux qui veulent assurer le contrôle des travailleurs sur l'ensemble de la société. Le 13 décembre 1981, l'état de guerre est proclamé ; une répression meurtrière s'abat sur le mouvement revendicatif. Solidarité, suspendue, sera déclarée illégale en octobre 1982. Dès juin 1982, indépendamment de la direction officielle de Solidarité, se crée une organisation clandestine - Solidarité combattante - hostile à la politique de consolidation de la société poursuivie par la direction du syndicat. Ce sont les positions, la vie, les aspirations de ce mouvement clandestin, qu'on trouvera dans ce livre à travers un ensemble de documents - communiqués, déclarations et articles de ses journaux - qu'il a lui-même produits.
A l'Est, les dissidents d'autrefois sont devenus les décideurs d'aujourd'hui et de demain. A l'Ouest, les intellectuels antitotalitaires ont mis au point une critique à géométrie variable : en concentrant leur tir sur le Tout-Etat et le bolchevisme, ils ont laissé le champ libre au Tout-Capital et enterré l'idée même de révolution sociale sous les ruines du marxisme-léninisme. Leurs mensonges réconfortants sur la démocratie réellement existante et les droits de l'homme se sont substitués au mensonge déconcertant du communisme prétendument réalisé. L'anticommunisme - non plus l'anti-soviétisme, ou l'anti-parti communiste, celui-ci étant en coma dépassé - a changé de sens : il n'est plus tourné vers l'ennemi extérieur, mais vers l'ennemi intérieur, ces dissidents du monde occidental qui n'ont jamais dissocié la critique du capital de celle de l'Etat.