De mémoire. Tome 1, Les jours du début : un automne 1970 à Toulouse
Rouillan Jann-Marc
AGONE
14,20 €
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EAN :9782748900699
Certains jours de bagarre, apparaissaient sur le campus de petites vieilles, un vol noir pareil à des étourneaux, toutes en deuil, avec de minuscules chapeaux de pailles et, sur leurs genoux, un sac à main de cuir verni. Cette fois-là, nous les découvrîmes près des anciennes arches du patio. Elles étaient cinq, assises sur un muret, serrées les unes contre les autres, cachant leur bouche et leur nez sous des mouchoirs au liseré de violette pour se protéger des gaz lacrymogènes. "Mesdames, ne restez pas là, vous voyez bien que c'est dangereux..." leur conseilla le bon La Carpe, appuyé négligemment sur un manche de pioche. "Merci mon petit, tu es bien agréable, mais tout ce tracas, vois-tu, ça nous occupe..."Nous partîmes en souriant du "ça nous occupe", persuadés d'avoir croisé les fameuses "mémés qui aiment la castagne" chantées par Nougaro.Dans ce premier volet "De mémoire", Jann-Marc Rouillan revient sur la fin de son adolescence, à Toulouse, en 1970. Les premiers amis, premières amours, premiers camarades, puis les premières armes; mais aussi l'occasion de décrire une ville, une époque, des moeurs et des idéaux qui furent déterminants pour celui qui prendra bientôt le maquis contre la dictature franquiste. Biographie de l'auteur Jann-Marc Rouillan est incarcéré depuis le 26 février 1987 pour ses activités au sein du groupe Action directe. Il est notamment l'auteur de Je hais les matins (Denoël, 2001), Lettre à Jules (Agone, 2004), La Part des loups (Agone, 2005), Le Capital humain (L'Arganier, 2007).
Nombre de pages
203
Date de parution
16/03/2007
Poids
230g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782748900699
Titre
De mémoire. Tome 1, Les jours du début : un automne 1970 à Toulouse
Auteur
Rouillan Jann-Marc
Editeur
AGONE
Largeur
120
Poids
230
Date de parution
20070316
Nombre de pages
203,00 €
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Résumé : " Voici plus de treize ans que je matricule en rond. J'ai beaucoup désappris. J'ai désappris la nuit. Il ne fait jamais nuit dans vos prisons. Nous sommes toujours sous les projecteurs au halo orangé, comme sur les autoroutes belges et les parkings de supermarché. J'ai désappris le silence. La prison ne connaît pas le silence. Il s'en écoule toujours une plainte, un cri, une rumeur. " (Jean-Marc Rouillan) " Si vous pensiez trouver ici un essai de critique politique rédigé par un "ennemi de l'intérieur", vous serez déçu. Ce livre n'est pas celui d'un donneur de leçon ou d'un idéologue. Ce livre, au risque de faire hurler certains, est celui d'un citoyen. [...] Jean-Marc Rouillan ne cherche pas à attirer l'attention sur sa condition propre. Il parle beaucoup plus des autres que de lui-même. Il parle de l'humanité humiliée qui l'entoure... " (Martin Winckler)
Fresnes, Fleury-Mérogis, Fresnes, Lannemezan? et à nouveau Fresnes? Saint-Maur, Fresnes encore, Les Baumettes, Moulins, Lyon, Moulins, Fleury-Mérogis, Fresnes et en?n Lannemezan? Rouillan raconte son voyage derrière les murs depuis vingt ans, ou comment on brise un homme dans la France démocratique et républicaine. Au long des jours interminables, des bouffées du passé remontent, souvenirs de la clandestinité, de la lutte armée avec ses compagnons Joëlle Aubron, Nathalie Menigon, Georges Cipriani. Les scènes d?un lointain passé se superposent à celles de la veille ou de l?avant-veille et parfois résonne la voix de Joëlle qui se meurt d?un cancer au cerveau dans une autre prison. Est-ce parce que son amie lui intime de rester la mémoire vivante de ce qu?ils ont vécu, ou parce que, en écrivain véritable, il éprouve le besoin impérieux, en prenant la plume, de relater avec exactitude ce qui a été? En tout cas, ce livre est un grand livre. Quand Jann-Marc Rouillan écrit: « Pour moi, jamais plus, le temps ne sera réconcilié. La blessure ne se refermera pas. J?irai la gorge tranchée. Avec la pression urgente de l?hémorragie. Je marche. J?écris. Je marche. J?écris. Je soliloque », l?on pense à une révolte aussi ancienne que le monde, au cri d?Antigone que Créon condamne à être enterrée vivante.
Depuis le temps que je dois t'écrire ! Les jours passent, les années de même... L'existence rebelle est aventureuse mais tout autant dilettante, tu sais ce que c'est... Pourtant, tôt ou tard, le v?u d'un gamin qui n'a pas encore tracé son cap finit par regagner le rivage. Et maintenant que je suis un prisonnier à vie, pour passer mon temps - puisque la raison d'être des punis est d'égrener le triste rosaire des réclusionnaires - je noircis des pages que l'on dit littéraires. Et figure-toi qu'un camarade m'a passé commande d'un texte sur un vieux de la vieille comme toi. L'occasion fit le larron et j'ai pris mon crayon. Dans les salons protestataires, où l'on s'affuble de trop large, étiquettes qui traînent jusqu'à terre comme de vieux oripeaux, presque des serpillières à force de balayer le caniveau, on a toujours préféré les révolutionnaires des temps jadis. Ou alors ceux d'autres continents, loin au-delà des mers dans des sierras tropicales sud-américaines. Les tartuffes se déguisent pour ne pas avoir à épauler ceux d'ici, pour ne rien risquer jamais et esquiver les questions sur leur propre renoncement, leur perfide trahison qui se distille pareille au quotidien poison
Thomas Frank écrit régulièrement pour Le Monde diplomatique des articles d'analyse sociale et politique de la situation américaine. Déjà paru en français: Le Marché de droit divin (Agone, 2003).
En 1841, dans son discours de réception à l'Académie française, Victor Hugo avait évoqué la " populace " pour désigner le peuple des quartiers pauvres de Paris. Vinçard ayant vigoureusement protesté dans un article de La Ruche populaire, Hugo fut très embarrassé. Il prit conscience à ce moment-là qu'il avait des lecteurs dans les milieux populaires et que ceux-ci se sentaient humiliés par son vocabulaire dévalorisant. Progressivement le mot " misérable ", qu'il utilisait au début de ses romans pour décrire les criminels, changea de sens et désigna le petit peuple des malheureux. Le même glissement de sens se retrouve dans Les Mystères de Paris d'Eugène Sue. Grâce au courrier volumineux que lui adressèrent ses lecteurs des classes populaires, l'auteur découvrit les réalités du monde social qu'il évoquait dans son roman. L'ancien légitimiste se transforma ainsi en porte-parole des milieux populaires. Le petit peuple de Paris cessa alors d'être décrit comme une race pour devenir une classe sociale. La France, c'est ici l'ensemble des territoires (colonies comprises) qui ont été placés, à un moment ou un autre, sous la coupe de l'Etat français. Dans cette somme, l'auteur a voulu éclairer la place et le rôle du peuple dans tous les grands événements et les grandes luttes qui ont scandé l'histoire depuis la fin du Moyen Age les guerres, l'affirmation de l'Etat, les révoltes et les révolutions, les mutations économiques et les crises, l'esclavage et la colonisation, les migrations, les questions sociale et nationale.
Je ne peux que suivre Emma Goldman quand elle déclare ne pas vouloir d'une révolution où elle ne pourrait pas danser. Mais au moins voulait-elle une révolution, sans laquelle de telles fins esthétiques et psychologiques ne bénéficieraient qu'à quelques-uns. Or les objectifs révolutionnaires et sociaux de l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot "anarchie" fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle, insouciante, mais délicieusement inoffensive.
Aux Forges de Clabecq, usine sidérurgique située près de Bruxelles, pour Silvio et ses collègues, le quotidien, c'est d'abord le combat contre les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne de trente ans de luttes pour améliorer les conditions de travail, pour combattre le racisme et pour empêcher la fermeture annoncée du site. Son mandat syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre "esprit de Clabecq". Pour mener leurs combats, c'est sur leurs propres forces et sur leur connaissance de leur métier que les ouvriers de Clabecq s'appuient. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il déclare ne plus rien pouvoir pour eux. Par sa confiance jamais démentie dans le potentiel émancipateur de sa classe, Silvio donne une leçon salvatrice d'optimisme militant.