- Mais regardez-moi qui voilà!? Ce ne serait pas ce grand dépendeur d'andouilles de Rodolphe? Où étais-tu, arsouille, ça fait plus d'une semaine que je te cherche?Il devait être 15 heures chez Maumo, le meilleur italien de Paris, dans le Marais, station Hôtel-de-Ville, juste derrière le Bazar, lorsque j'y suis arrivé. Auguste était à sa caisse, sous l'escalier au bout du bar.J'aime beaucoup Gus. On est devenus amis il y a sept ou huit ans après mon premier dîner chez lui. Je lui avais expliqué que son restaurant, si l'on s'efforçait de prendre de la hauteur, ressemblait à un point d'interrogation. La petite terrasse sur le trottoir était le point; l'entrée, un long couloir bordé sur sa gauche par le comptoir, la jambe; et la salle en arc de cercle, juste à la fin du comptoir après un escalier en virgule à gauche, la cursive étonnée. Et d'ailleurs, avais-je ajouté, tout est étonnement dans ce restaurant. Jusqu'à son nom: Maumo, qui n'est pas le diminutif d'Auguste.Il avait écouté en hochant la tête.- Maumo... Les juifs pensent que c'est le diminutif de Moïse, les Arabes celui de Mohamed et les mecs comme toi de Maurice. Tout le monde se sent chez lui et moi je sers tout le monde.Je passe le voir presque tous les jours pour discuter de nos avanies: moi accoudé au zinc et lui derrière sa caisse, juste sous le tablier de son escalier en virgule. Je ne sais pas comment nous en sommes arrivés à devenir confidents l'un de l'autre. Il me nourrit lors de mes vaches maigres et je lui rédige des suppliques pour les impôts, l'Urssaf, les affaires sanitaires, l'inspection du travail... Enfin, nous sommes amis.- Tu te souviens de Caroline?- La blonde? Celle qui a retourné une de mes tables parce que la sauce piquante était trop épicée?- Celle-là même.- C'est une plaie cette fille.- On s'est séparés.- Bonne nouvelle. Et ça t'a pris la semaine?- Laisse-moi te raconter. Tu connais Adam? L'autre soir, il m'a proposé une partie de poker.- Il organise des parties, Adam? Pourquoi est-ce qu'il ne m'invite pas?- Je ne sais pas... Et puis je m'en fous, ce n'est pas le propos. Tu veux que je te raconte ou pas?De la main et de la tête il m'invita à poursuivre.- J'en parle à Caroline qui saute de joie. J'ai toujours rêvé déjouer, qu'elle piaille! Parole, je n'arrivais pas à la tenir, elle voulait qu'on y aille de bonne heure. Avant le dîner même. A peine arrivée chez Adam, elle file vers la table sans même un bonjour ou un regard pour les autres. Rien. Une possédée du jeu. Don Carbino et François, déjà installés, la regardaient comme une extraterrestre. Je leur ai expliqué nos relations et qu'ils m'obligeraient en voulant bien la laisser jouer avec nous. Pendant ce temps, Caroline s'impatientait en tripotant les cartes...
Sapeurs, je voulais vous annoncer personnellement mon prochain départ de la troisième compagnie. je dois vous prévenir que la caserne du Vieux-Colombier a été choisie comme site pilote dans l'opération de féminisation de l'armée française. C'est pourquoi mon remplaçant à la tête de la compagnie sera une remplaçante. La capitaine Nathalie Métrono. Je ne doute pas que vous lui ferez le meilleur accueil et que vous lui donnerez autant de satisfaction que vous m'en avez procuré. " Ludovic Roubaudi a écrit un roman vif et généreux ; il restitue avec fidélité et humour un monde de personnages attachants, où le culte de l'exploit se mêle au désir de servir.
Le gratte-papier Grand et le photographe Casa, accro au vin blanc, débarquent à Arras pour enquêter sur une sordide affaire de SDF. Mais Grand s'amourache de la blonde locale, et, pour rester dans le coin, travestit la vérité de façon éhontée. L'affaire se corse... L'auteur du désopilant 18 décrit avec le même bonheur le quotidien des "vautours de la misère", prêts à tous les arrangements pour alimenter la rubrique du fait divers. Un roman noir, à l'humour tendre, porté par une réflexion sur les (mauvais) usages de la presse. Biographie de l'auteur Ludovic Roubaudi est né à Paris en 1963 et il y habite toujours. Après avoir été coursier, homme à tout faire, camelot, pompier, journaliste, champion de France de football américain avec les Molosses d'Asnières, nègre, père de famille et divorcé, il est aujourd'hui chargé de mission dans une grande entreprise. Son premier roman, Les baltringues, a reçu le prix Carrefour savoirs du premier roman 2002 ainsi que le prix Cinélect 2003 et a été traduit dans de nombreuses langues. Depuis, il a publié Le 18 et Les chiens écrasés.
Il faut de la passion, du rêve, du travail et énormément d'amour pour qu'un cirque arrive à naître. " Les baltringues, ce sont les hommes qui montent le chapiteau dans un cirque, un monde chaleureux et haut en couleur. Marco, ex-dompteur devenu Monsieur Loyal, a un rêve: avoir son propre cirque. Mais pour cela, il lui faut une attraction vedette. La chance lui sourit lorsqu'il découvre Chaipas, un chien abandonné, incroyablement doué, capable de faire son numéro sans dompteur... Un premier roman jubilatoire qui fait revivre avec tendresse un univers méconnu
Moi je regardais Merveille rire et sourire. Je la regardais me lancer des regards d'amour et me demandais si ce n'était pas une comédie infecte. A quoi pensait-elle quand elle me regardait ? A moi ou à tout le mal qu'elle pourrait me faire ? " Lorsque Camille, jeune vendeur de couteaux à huîtres, rencontre Merveille, son coeur chavire, sa vie bascule. Irrémédiablement amoureux, Camille s'aperçoit pourtant qu'un épais mystère entoure la magnétique Merveille. De foire en foire, de Lille à Arles en passant par la Bretagne, Camille enquête, déterrant de lourds secrets de famille qui le plongent dans l'incertitude la plus pernicieuse.
Le narrateur de L'Epris littéraire se laisse entraîner dans l'appartement où vit reclus un authentique clone de Marcel Proust. Rien ne manque : calfeutrage, tisane, paperolles éparses, physique déconfit, quintes de toux et mobilier d'époque. L'endroit se visite comme une étape touristique dont il devient un habitué. Mais c'est vers Céleste, digne copie de la bonne de la Recherche, que notre narrateur, un romancier aussi charitable qu'en panne d'inspiration, ne tarde pas à braquer ses regards. Julien Leschiera nous sert sur un plateau un petit théâtre de la cruauté en exhibant l'asservissement psychique d'un individu consentant. Le récit étreint le lecteur avec l'inexorable patience d'un sable mouvant, l'appétit effroyable du boa qui engloutit la chèvre.