Ce recueil se compose de quatre ensembles précédés par un prologue explicatif. Jacques Roubaud y fait part de son expérience d'auditeur-lecteur, notamment au Festival international de poésie, à Cambridge, en 1977. Il montre comment une pratique de diction poétique conduite par ce qu'il appelle une stratégie de l'inattention, où la voix de celui qui lit reste ouverte aux sollicitations du lieu et du moment, l'a amené à concevoir la triple séquence de Dors, qui constitue la partie centrale de son recueil. Sur le thème du sommeil de la femme aimée, une soixantaine de variations reproduisent l'humeur de l'auteur (silence, calme, indifférence) au moment de la conception de l'ouvre, et aussi la passivité rêveuse éprouvée lors d'une diction ou d'une audition publique. A partir de quelques mots, les poèmes sont autant de variantes mobiles d'un même haïku. On pense aux compositions musicales de Webern, non seulement par le laconisme formel, mais aussi par l'utilisation des effets de récurrence. Enfin, il y a une suite de coblas intitulés Tombeaux de Pétrarque où la profusion lyrique s'allie à une extrême densité verbale.
Nombre de pages
152
Date de parution
24/09/1981
Poids
210g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070256709
Titre
Dors/dire la poésie
Auteur
Roubaud Jacques
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
210
Date de parution
19810924
Nombre de pages
152,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Chutes, rebonds et autres poèmes simples, composé de sizains sobres et incisifs, est une poignante et admirable lettre d'amour à celle qui accompagne Jacques Roubaud depuis vingt-cinq ans. Se mêlent ainsi dans un vivant kaléidoscope la "remembrance" d'événements menus, de rencontres, de voyages, de lieux partagés et la constante évocation, pudique et sans ambages, de la mort imminente, de la peur, de la pure tendresse qui tient la main, de la douleur de laisser l'autre à sa solitude. Cette confidence au bord fragile de la vie, tenue et digne, est bouleversante.
Nombre des poèmes donnés dans le livre sont complémentaires de ceux donnés dans tel ou tel livre précédent de Jacques Roubaud, certains ensembles sont repris de poèmes donnés en revue, de diverses époques, la plupart introuvables. D'autres séquences, dont certaines très récentes, inventions formelles nouvelles, sont inédites et spécifiques à ce livre. Ces séquences de poèmes, en entrelacement avec les premières, font, de chacun des ouvrages "complémentés", une partie d'un livre unique qui les rassemble et les englobe.
Aux environs de l'an mille un conteur gallois, alors âgé de cent neuf ans, entreprend le récit d'évènements qui ont bouleversé le royaume de Brycheiniog.Tout commence par un rêve du roi Glendwr que Myrddin (aussi connu sous le nom de Merlin), son enchanteur, lui interprète comme suit: "Ton rêve t'annonce qu'une fille de parents nobles va naître dans ton royaume avant un an; cette fille à l'âge de seize ans ne sera plus pucelle et te tuera auprès d'une fontaine quand tu tenteras de la violer, pour l'avoir vue nue de face, de pile et de côté, et en avoir été saisi d'un désir virulent de prendre en elle ton plaisir. - Et que puis-je faire...- A mon avis, rien du tout. Ce qui a dû arriver arrivera, je veux dire est arrivé. Ce qui doit arriver est arrivé, je veux dire arrivera. Au revoir."- Cette jeune fille est l'héroïne de ces aventures véridiques, Le Chevalier Silence, qu'Heldris de Cornouailles a écrites en gallois, que mon ancêtre le troubadour Rubaut traduisit autrefois en provençal et que j'ai, à mon tour, à l'approche du troisième millénaire, mises en langue française, en les adaptant légèrement.
Jacques Roubaud est né en 1932 à Caluire, dans le Rhône. Il se définit lui-même comme compositeur en poésie et retraité en mathématiques. Il a publié de la poésie, de la prose, du théâtre et des écrits de théorie littéraire. Tous ses recueils de poèmes ont paru aux Éditions Gallimard.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.