L'un des clichés les plus utilisés pour décrire l'évolution politique consiste à dénoncer le poids de la technocratie et son rôle dans la définition d'une pensée unique. Le cliché est fort car il est polyvalent et peut être utilisé sur plusieurs registres : celui de la fracture entre les élites et la nation, celui de l'incapacité de l'Etat à réformer la société ou même à la comprendre, celui des réseaux de solidarité qui unissent les hauts fonctionnaires contre le pouvoir politique. On n'en est donc pas à une contradiction près : les technocrates décident de tout mais restent impuissants devant les problèmes de société. Enfermés dans leur monde élitiste, ils font le jeu de la mondialisation. A l'argument populiste, il faut opposer l'analyse. Seize années d'alternances et de cohabitations ont changé la règle du jeu. Les hauts fonctionnaires contre le pouvoir politique. On n'en est donc pas à une contradiction près : les technocrates décident de tout mais restent impuissants devant les problèmes de société. Enfermés dans leur monde élitiste, ils font le jeu de la mondialisation. A l'argument populiste, il faut opposer l'analyse. Seize années d'alternances et de cohabitations ont changé la règle du jeu. Les hauts fonctionnaires sont politisés, les sommets de l'Etat se sont ouverts à la société civile et les militants ont pris le pas sur les technocrates. L'action de l'Etat n'est plus celle des années soixante : les groupes d'intérêt, les formes d'engagement et de contestation se sont multipliés. L'Europe crée de nouvelles techniques de pouvoir. Le système politique est plus ouvert qu'il ne l'a jamais été. Plus que jamais, l'expertise est en procès. Le discours sur la technocratie cache l'incapacité des notables devant la pluralisation du débat et l'apparition de nouveaux modes de gouvernement.
Nombre de pages
132
Date de parution
21/04/1998
Poids
160g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782724607376
Titre
La fin des technocrates ?
Auteur
Rouban Luc
Editeur
SCIENCES PO
Largeur
115
Poids
160
Date de parution
19980421
Nombre de pages
132,00 €
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Quelque chose s'est rompu dans la longue chaîne historique qui faisait de la France un pays profondément politique, où l'engagement et les passions partisanes modelaient la vie intellectuelle et culturelle, où la citoyenneté semblait se raviver sans cesse à la flamme des confrontations d'idées et de programmes. [... ] Le regard que les Français portent sur leur propre société, sur son mode de fonctionnement et sur celles et ceux qui sont censés en avoir la charge et la piloter a changé". Luc Rouban montre que les racines de cette crise inédite du politique sont à chercher bien en amont des élections, qui sont devenues elles-mêmes difficiles à prédire tant les cadres de lectures ordinaires se révèlent défaillants. Son enquête démontre que cette évolution ne se réduit pas à renier ce que l'on a tant aimé. Une majorité de Français ne croit plus à la réussite sociale par le mérite et le travail et déclare même préférer l'argent à la démocratie. Loin du politique, un autre modèle de société émerge, qui privilégie l'autonomie économique, demande l'équité plus que l'égalité, revendique la différence plus que l'indifférenciation. Luc Rouban est directeur de recherche CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). Il travaille sur les élites, les évolutions de l'Etat et de la démocratie. Il a publié, aux Presses de Sciences Po, Le Paradoxe du macronisme (2018), La Matière noire de la démocratie (2019), Les Raisons de la défiance (2021), La Vraie Victoire du RN (2023) et les Ressorts cachés du vote RN (2024).
La question du statut des fonctionnaires et de ses évolutions possibles agite les réformateurs depuis des décennies. La campagne électorale de 2017 ravive le débat et fait naître de nouveaux projets de réforme, parfois radicaux. Quelles sont les possibilités réelles de transformation de la fonction publique française ? Quels enseignements tirer des politiques mises en place dans les autres pays européens ? Comment passer des ajustements techniques menés jusqu'à aujourd'hui à une réforme de fond réaliste, tenant compte des spécificités françaises ? Pour répondre à ces questions, "Place au débat" vous propose l'analyse d'un auteur spécialiste.
Résumé : La démocratie représentative est-elle en crise ? Le débat sur la démocratie représentative a pris une ampleur sans précédent en France. Alors que l'on va célébrer en 2018 le 60e anniversaire de la Ve République, les propositions de réforme constitutionnelle se sont multipliées au cours des campagnes électorales de 2017. Les élections se sont déroulées sur fond d'une crise historique de confiance entre les Français et leurs élus. Comment expliquer cette défiance ? Comment renouer le lien entre les citoyens et leurs représentants ? La démocratie directe ou la démocratie participative offrent-elles des perspectives d'avenir pour améliorer la vie démocratique ? Pour répondre à ces questions, "Place au débat" vous propose l'analyse d'un auteur spécialiste.
Quel avenir pour les maires ? La crise sanitaire de 2020 a mis au premier plan la question de l'avenir des maires, en même temps que celle des territoires et de la décentralisation. Alors que le modèle urbain est en crise et que les citoyens aspirent à plus de proximité dans les processus de prise de décisions, l'institution du maire se transforme. Les maires sont-ils désormais confrontés à la montée de défiance qui s'exprime depuis longtemps envers les autres élus ? Quelles fractures entre les maires des grandes villes et ceux des communes rurales ? Quelle évolution de la fonction face aux pouvoirs grandissants des intercommunalités ? Quelles conséquences de l'attitude de plus en plus consumériste de nombre de leurs administrés ? Pour répondre à ces questions, "Place au débat" vous propose le point de vue d'un auteur spécialiste qui analyse les résultats des municipales de 2020 et les enquêtes les plus récentes.
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Atlas, dans la mythologie, représente un géant capable de tenir la Terre sur ses épaules sans en être écrasé. Mais quand Gérard Mercator publie en 1538 ce qu'il décide d'appeler un Atlas, le rapport des forces s'est complètement inversé : un "Atlas" est un ensemble de planches, imprimées sur du papier, quelque chose que l'on feuillette et que le cartographe tient dans sa main ; ce n'est plus la Terre que l'on a sur le dos et qui nous écrase, mais la Terre que l'on domine, que l'on possède et que l'on maîtrise totalement. Près de cinq siècles après, voilà que la situation s'inverse à nouveau : paraît un "Atlas" qui permet aux lecteurs de comprendre pourquoi il est tout à fait vain de prétendre dominer, maîtriser, posséder la Terre, et que le seul résultat de cette idée folle, c'est de risquer de se trouver écrasé par Celle que personne ne peut porter sur ses épaules". Bruno Latour Changement climatique, érosion de la biodiversité, évolution démographique, urbanisation, pollution atmosphérique, détérioration des sols, catastrophes naturelles, accidents industriels, crises sanitaires, mobilisations sociales, sommets internationaux, transition climatique... Voici le premier atlas réunissant l'ensemble des données sur les transformations écologiques de notre temps.