Joseph Roth, journaliste. Une anthologie (1919-1926)
Roth Joseph ; Van Besien Hugues
NOUVEAU MONDE
24,70 €
Epuisé
EAN :9782369424277
Avant d'être célébré comme écrivain, Joseph Roth fut un journaliste vedette de la presse écrite. Reportages de guerre, articles politiques ou chroniques judiciaires, les textes sélectionnés dans cette anthologie entretiennent une étroite correspondance avec son oeuvre littéraire. Ils empruntent volontiers aux codes de la nouvelle et, dans le même style acéré, certains personnages ont directement inspiré leurs homologues romanesques. La littérature n'est jamais loin, mais l'intention est celle d'un témoin direct : il s'agit de "dessiner le visage du temps", de rendre compte d'une époque et de la dénoncer. Au fil des articles présentés dans l'ordre chronologique, on chemine avec Roth à travers les régions ébranlées par la défaite de 1918 : guerre russo-polonaise, troubles politiques en Hongrie, en Silésie, en Rhénanie. S'il affiche un parti pris, c'est celui des républiques, d'Autriche puis de Weimar, contre les tentations autoritaires. C'est aussi celui des victimes, des réfugiés, des déplacés, des expulsés, en particulier des juifs de l'Est menacés par l'antisémitisme. On découvre un Roth engagé qui mène par l'écriture un combat de plus en plus désabusé contre le nationalisme identitaire et la violence xénophobe. Il assiste au procès des assassins du ministre Rathenau, à celui de Hitler après le putsch raté de 1923. Il scrute les faits divers, les affaires de moeurs, comme des révélateurs de leur temps. Exercice obligé pour les journalistes de langue allemande, son récit de voyage en URSS, intégralement traduit, témoigne d'un regard singulier. Roth s'y montre sans illusion sur l'Union soviétique juste avant la terreur stalinienne mais aussi curieux et impressionné, non sans réserves, par l'effort de modernisation de la Russie.
Nombre de pages
381
Date de parution
15/09/2016
Poids
502g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782369424277
Titre
Joseph Roth, journaliste. Une anthologie (1919-1926)
Auteur
Roth Joseph ; Van Besien Hugues
Editeur
NOUVEAU MONDE
Largeur
140
Poids
502
Date de parution
20160915
Nombre de pages
381,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Les amis de Joseph Roth ont longtemps soutenu qu'il avait laissé un roman sur Trotsky. Le manuscrit de ce roman, datant des années 1928-1929, fut retrouvé en 1963 aux Etats-Unis. Le prophète muet ou, comme Joseph Roth l'intitula parfois, Friedrich Kargan, roman d'un jeune révolutionnaire, ne peut toutefois sans abus être tenu pour un "roman sur Trotsky". Il est vrai que le jeune Kargan, après avoir vécu dans les milieux de l'émigration communiste russe et avoir connu la Sibérie tsariste, participe à la Révolution de 1917 et devient l'un de ses chefs. Vrai aussi qu'il n'a cessé de détester Savelli, portrait transparent de Staline, et d'en être haï. Mais le parallèle ne saurait aller au-delà. En vérité, Friedrich Kargan, plus proche peut-être de l'auteur lui-même que de Léon Trotsky, incarne le destin d'innombrables intellectuels européens qui, entre les années 1910 et 1930, durent vivre non seulement le drame de la disparition des "valeurs individuelles", mais aussi celle du romantisme révolutionnaire condamné au nom de l'efficacité pratique et du rationalisme technicien. Le tableau de la vie des révolutionnaires émigrés en Suisse, leurs discussions dans les cafés de Vienne, le récit de l'initiation de Friedrich à l'action clandestine et de ses incursions dans "le beau monde", d'où naîtra une histoire d'amour, l'admirable amitié qui le lie à Berzeïev, et qui est la seule permanence de cette vie et de ce livre, font du Prophète muet une véritable Education politico-sentimentale des années vingt.
A un chah de Perse saisi de tenace mélancolie, le chef de ses eunuques conseille un voyage dans la vieille Europe. Ainsi, pour la première fois depuis des siècles, le descendant des envahisseurs orientaux revient à Vienne, en voyage officiel cette fois. Il jette bientôt son dévolu sur une ravissante comtesse, exige de passer une nuit avec elle. Les autorités, police, militaires, s'emploient à satisfaire son caprice. Mais c'est dans une maison close aménagée pour l'occasion, auprès d'une prostituée qui ressemble à la comtesse, que sera habilement guidé le potentat ravi. Commencé à la manière d'un conte oriental, le récit prend bientôt sa véritable dimension de roman viennois, roman d'une société naïve et cynique, corrompue et promise à la mort. Cette 1002e nuit est bien l'une des dernières fêtes viennoises célébrée par la littérature.
Franz Tunda, officier autrichien fait prisonnier par les Russes en 1916, a laissé à Vienne une fiancée, Irène. Il s'évade, vit dans la taïga sibérienne, participe de la façon la plus sanglante à la révolution russe, aime une militante, épouse une paysanne caucasienne, revient à Vienne, retrouve son frère devenu chef d'orchestre en Allemagne. A Paris, enfin, il reverra Irène, mais celle-ci, riche et mariée, ne le reconnaîtra pas. Symbole des hommes ballottés par la guerre et la révolution, Franz Tunda, sans foi ni attaches, infiniment solitaire et libre, était sans doute "l'homme le plus superflu au monde". La postérité commence à rendre justice à Joseph Roth, l'auteur de La marche de Radetzky, un des grands Autrichiens contemporain de Musil, de Hermann Broch, de von Doderer, de Stefan Zweig.
Cent vingt ans après la première projection publique, payante, des frères Lumière au Grand Café à Paris, les salles de cinéma sont passées de l'itinérance foraine aux multiplexes, de la pellicule aux pixels, et leurs exploitants de l'activité décriée de saltimbanque au statut patenté de commerçant, maillon indispensable de l'industrie cinématographique. Pourtant, leur métier, essentiel à l'existence des films, demeure largement méconnu. Pour la première fois, des personnalités marquantes de la profession ' visionnaires, grands dirigeants nationaux ou régionaux, représentants de la petite et moyenne exploitation, défenseurs de l'art et essai, pionniers en tous genres ' racontent leur expérience, dans sa singularité émotionnelle et intellectuelle. Le croisement de leurs témoignages embrasse plus d'un demi-siècle d'exploitation française, du tournant des années 1950, acmé de la fréquentation et moment de basculement de l'offre cinématographique, jusqu'au passage au numérique, vecteur d'une mutation sans précédent. Adaptations internes, évolutions sociétales, mutations technologiques, autant de changements économiques et d'enjeux culturels que les acteurs de ce secteur décisif ont affrontés, à travers des combats individuels et collectifs que cet ouvrage a l'ambition de mettre en lumière et d'expliciter. Ce recueil de 18 témoignages inédits, illustré de documents originaux, constitue aussi l'histoire d'hommes et de femmes radicalement attachés à la spécificité des salles de cinéma comme espaces dédiés au partage de rêves et d'imaginaire au sein d'une communauté humaine.
A la veille de la Seconde Guerre mondiale, le sport conquiert un nombre de plus en plus accru de pratiquants et de spectateurs. Il occupe des espaces, mobilise des intérêts économiques et politiques, illustrés pour le pire aux Jeux olympiques de Berlin en 1936. Au cours des " années noires " le sport français est soumis aux rigueurs des pénuries et de l'Occupation et à la volonté du régime de Vichy d'en faire un instrument de la révolution nationale. A ce titre, il lui est attribué un nouveau statut qui le place sous la tutelle légale de l'Etat français. C'est pourquoi on peut s'étonner du peu de cas qu'ont fait du sport les ouvrages généraux sur l'Occupation. Le mythe de l'" apolitisme sportif " cultivé par des personnalités et des groupes influents est assez répandu, malgré les tentatives d'instrumentalisation. Le temps de Vichy est à la fois celui des compromissions, voire pour certains du collaborationnisme, et pour d'autres du refus ou de la Résistance. Pour une majorité de Français, le sport reste un refuge. Le cas des sportifs juifs, à l'exemple du champion de natation Alfred Nakache, est le plus douloureux. En quelques années, le champ sportif se trouve ici remanié et bousculé comme il ne l'avait jamais été auparavant. Les années de Vichy laissent une trace profonde dans le sport français.
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