Trilingue, Amelia Rosselli commence à écrire sans encore choisir une langue (qui sera ensuite l'italien), ses premiers écrits (Primi scritti), datés des années 50 (publiés en 1980), sont en anglais, en italien et en français, mais l'osmose entre les trois langues est essentielle. Le volume que nous intitulons Le Chinois à Rome, en reprenant le titre du dernier texte de ce recueil, rassemble les écrits français d'Amelia Rosselli : "Sanatorio (1954)", "Adolescence (exercices poétiques 1954-1961)", "Le Chinois à Rome (1955)". Si c'est toujours la langue au centre de l'écriture si singulière de Rosselli, fondamentalement expérimentale et originalement multiple, la langue française est spécialement littéraire et caractérisée par ses lectures, par les auteurs qui l'ont formée, en particulier Rimbaud, Mallarmé, Proust et le surréalisme à l'horizon. Amelia Rosselli aurait voulu et dû publier ce volume chez Maurice Nadeau. Plusieurs lettres d'Amelia Rosselli témoignent de son intention de publier en France ses écrits français et à quel point elle tenait à ce projet qui n'aboutit pas. Le glossaire (la "note" qui clos le volume) qu'elle rédige exprès pour l'éditeur français est un document et une preuve de la conscience linguistique et littéraire de l'auteur - doublée d'une nécessaire stratégie éditoriale, qui la conduit à expliciter sa poétique. Cette poète italienne, célébrée en Italie comme l'une des voix majeure de la littérature du 20e siècle (on rappelle que Pasolini et Calvino furent les premiers à reconnaître sa valeur et à publier ses poèmes dans leur fameuse revue Il Menabò), commence à être connue en France par un plus large public que celui des fous de poésie et continuera toujours à être une magnifique découverte.
Nombre de pages
55
Date de parution
22/09/2015
Poids
132g
Largeur
150mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782356540591
Titre
Le Chinois à Rome. Ecrits français
Auteur
Rosselli Amelia ; Fabre Marie
Editeur
YPSILON
Largeur
150
Poids
132
Date de parution
20150922
Nombre de pages
55,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Variazioni belliche est le premier livre publié par Amelia Rosselli, en 1964 chez Garzanti dans la collection de poésie dirigée par Attilio Bertolucci.La publication de « Vingt-quatre poèmes » présentés par Pier Paolo Pasolini dans Il Menabò, la fameuse revue dirigée par Elio Vittorini et Italo Calvino, la fit connaître. Conseillée et soutenue par Pasolini, moins embarrassé que Vittorini et moins intéressé que les avangardistes du Groupe 63 par la langue « ductile » de cette apatride trilingue, Rosselli ne se reconnaît dans aucun mouvement ni aucune école. Ses poèmes déroutants par leur « anarchie linguistique (mots « fondus », inventés ou estropiés, ou archaïsants) » imposent une violence du langage qui est celle d?une vision de l?histoire et de l?art.
La libellula, poème clef dans l'oeuvre d'Amelia Rosselli, daté de 1958, marque le départ d'une poétique exposée pour la première fois dans Variations de guerre. kosselli y compose son "délirant flux de pensée occidental" en une métrique inédite, tissée de citations empruntées aux poètes qui l'ont formée et dont elle se dégage autant qu'elle leur rend hommage. Le poème avance en un mouvement rotatoire semblable à celui des ailes de la libellule et ce mouvement même est celui d'une libération clairement indiquée par le sous-titre "Panégyrique de la liberté", que Rosselli traduit "tour du pain de la liberté". Liberté qui s'exerce et se partage tout au long de ce "libello", diminutif de liber, selon l'étymologie latine qu'elle associe au titre : un petit livre-détonateur.
C'est à un étonnant repos que goûtera le lecteur avec ces souvenirs d'une enfance à Venise à la fin du XIXe siècle : tout y est incroyablement calme, comme si le souvenir de la guerre contre l'Autriche, puis du rattachement au Royaume d'Italie, s'était estompé ; rien, aucun bruit, ne vient troubler l'écoulement paisible de la vie d'un palais sur le Grand Canal. - Pourtant, dans la description sereine et amusée que fait un enfant d'une grande famille juive de Venise, les Picherle-Rosselli, se devinent le souvenir troublé du Ghetto - une réalité qui a pris naissance dans la Sérénissisme -, l'interrogation sur la signification d'un mot, «juif», et la tristesse admirablement discrète et maîtrisée de l'adulte qui écrit ses souvenirs en ayant vu le siècle suivant lui infliger la pire des épreuves : car Amelia Rosselli perdit ses trois fils, l'aîné au début de la Grande Guerre, et les deux autres en 1937, après le confinement et l'exil, assassinés en France sur ordre de Mussolini, alors qu'ils incarnaient le combat de la résistance contre le fascisme. Et elle aussi connut l'exil. Amelia Rosselli (1870-1954) ne fut pas seulement une grande figure de l'épreuve, du courage et de la droiture ; elle ne fut pas seulement la mère de Carlo et Nello Rosselli, qui résument à eux seuls le sursaut italien contre toute forme d'oppression : elle fut aussi un grand écrivain, tout d'élégance et d'émotion contenue.
Langston Hughes (Joplin, 1902-New York City, 1967), poète, romancier, éditorialiste et militant pour les droits civiques, est l'une des grandes figures de la littérature américaine du XX ? siècle et une icône de la littérature noire américaine. Il se fait remarquer dès son premier livre The Weary Blues - Le Blues usé un recueil de poèmes publié en 1926, dont nous publions aujourd'hui, pour ses 100 ans, la première traduction française. Son écriture lyrique et engagée s'impose dans le paysage littéraire nord-américain et marque profondément plusieurs générations d'écrivains et d'artistes africains-américains de James Baldwin à Toni Morrison, Nina Simone et Angela Davis, Ta-Nehisi Coates et Everett Percival, pour ne citer que les plus connus en France. Dès ce premier livre, Langston Hughes affirme une posture poétique et politique : écrire non pour soi seul, mais pour un peuple - celui des Noirs américains. En 2017, lorsque le National Museum of African American History and Culture à Washington D. C. ouvre ses portes, un vers de The Weary Blues - Le Blues usé est choisi pour figurer sur le dernier mur de l'exposition permanente, en lettres d'or géantes le vers I, TOO, AM AMERICA. Par sa force, ce vers de Hughes est devenu l'un des emblèmes les plus puissants de la littérature américaine résonnant par-delà les frontières.
La revue Fire !! (Feu !! ) est l'une des premières et des plus importantes, certainement la plus radicale, des revues africaines-américaines des folles années 1920. Elle a été conçue par un groupe de sept jeunes écrivain/e/s et artistes, qui joueront un rôle essentiel dans le mouvement de la Renaissance Noire ou Renaissance de Harlem. Parmi eux, deux figures majeures de la littérature noire américaine du XXe siècle : Langston Hughes et Zora Neale Hurston (auteur/e/s incontournables pour des écrivain/e/s américain/e/s comme James Baldwin et Toni Morrison). Le but du collectif était de pouvoir exprimer l'expérience africaine-américaine dans un style nouveau, moderne et réaliste, par les moyens de la littérature et de l'art. En novembre 1926 paraît le premier, et le seul, numéro de la revue Fire !! qui marqua l'époque et les générations futures d'artistes et écrivain/e/s. Notre nouvelle édition de Feu !! vient célébrer ses 100 ans !
En huit poèmes et cinq dessins, Djuna Barnes fait le portrait des "répulsives" du New York des années 1910. Vaguement identifiées, ces figures sont avant tout des corps soumis au confinement général et à la "vie défaite" de l'ordre victorien. Le Livre des répulsives fait le portrait de ces corps dans l'espace qu'ils s'approprient et qu'ils projettent, par l'exercice assumé de leurs désirs et le contournement des stigmates du féminin. C'est le premier livre de Djuna Barnes. Il est traduit pour la première fois en français.