La psychanalyse, dans son nom même, est portée par une exigence rationnelle. Elle se doit donc, comme chaque science, de mettre en évidence des éléments dans le champ qui lui est propre. Ces éléments, l'auteur, à la suite de Lacan, les identifie dans les "signifiants". Mais il précise, proche alors de Bion, que les signifiants à l'oeuvre en psychanalyse sont loin d'être toujours linguistiques. On doit reconnaître, en s'aidant de la distinction aujourd'hui opérée entre langage digital et représentation analogique, ce qu'il nomme les signifiants de démarcation, éléments de toute représentation non verbale. La première partie de ce livre, qui prolonge les deux précédents ouvrages de l'auteur parus dans la même collection (Essais sur le symbolique, 1969; La relation d'inconnu, 1978), explore les relations que dégage l'interprétation entre le langage, la représentation et le référent. Avec la deuxième partie sont abordés certains systèmes de signifiants organisateurs pour les pensées de l'individu comme pour les idéaux et les règles de la société : entre autres, les systèmes d'écriture qui commandent les interdits, ou encore le "complexe de croyance". Sont ensuite décelés les éléments qui soutiennent et forment les Interprétations délirantes, sur l'exemple de la paranoïa et des hallucinations acoustico-verbales. Enfin une dernière section est centrée sur la peinture (l'icône byzantine, Claude Lorrain) et sur la musique où domine le signifiant de démarcation. Le lecteur sera sensible ici au travail d'invention conceptuelle dont témoigne Guy Rosolato, à l'acuité et à la mobilité d'une pensée qui fait confiance à la psychanalyse pour être toujours d'éveil, évitant aussi bien l'écueil de la "docte ignorance" que celui de la clôture d'un savoir incapable de donner accès à l'inconnu. L'ouverture au signifiant est aussi ouverture du signifiant.
Nombre de pages
338
Date de parution
13/03/1985
Poids
420g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070703333
Titre
Éléments de l'interprétation
Auteur
Rosolato Guy
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
420
Date de parution
19850313
Nombre de pages
338,00 €
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La question du symbolique, telle qu'elle est posée par la pratique de la psychanalyse, est abordée avec les essais réunis dans cet ouvrage sous trois chefs. D'abord celui des organisations qui soutiennent l'interdit, la prohibition de l'inceste : le complexe d'Oedipe et son pivot, le père ; le système généalogique suivi au coeur du mythe religieux, avec le sacrifice ; la différence des sexes. Puis, sur des exemples pris dans la peinture et la tragédie, le fait esthétique est exploré quant au fonctionnement symbolique des règles, et selon une sémiologie qu'elles ordonnent. Enfin, la psychose et la perversion permettent d'exposer soit le défaut de symbolique, soit ses structures singulières, en rapport avec la mort, ou plus précisément, dans le sens d'une réflexion freudienne, avec la pulsion de mort.
Les Essais sur le symbolique (1969) étaient axés sur la figure du père, la focntion de la loi, les rapports du langage et de l'inconscient. Ce nouveau livre de Guy Rosolato nous fait mesurer l'importance de l'autre versant que la référence prévalente au père risque d'autant plus aisément de camoufler qu'il doit demeurer zone d'ombre, garder une affinité avec le non-dit : la relation originelle à la mère dont l'auteur montre qu'elle façonne ce qu'il nomme la relation d'inconnu. Relation d'inconnu - notion calquée sur celle, usuelle en psychanalyse, de relation d'objet - et non à l'inconnu qui, une fois localisé, serait par là même évacuable. Ce sont plutôt les effets en chacun de nous de cet inconnu, de ce que Breton appelait l'"infracassable noyau de nuit", que le livre rend sensibles, à travers l'étude ainsi renouvelée d'organisations psychopathologiques comme le fétichisme et la dépression, d'instances comme le narcissisme et les idéaux, de formations de l'inconscient comme le souvenir-écran. Des thèmes fantasmatiques tels que celui de l'enfant mort et des concepts originaux - entre autres, l'"oscillation métaphoro-métonymique" et l'"objet de perspective" - peuvent alors être dégagés.
Etude d'une psychanalyse qui explore les arts visuels et les lettres, le surréalisme, la musique, les mythes religieux et certaines structures sociales, ainsi que de la méthode suivie : déceler dans chaque oeuvre une organisation originale où se nouent les manifestations collectives et les motivations personnelles.
Résumé : Avec cette approche visant la spécificité du désir il importait d'abord de le libérer d'une réduction qui n'y verrait qu'une force, une énergie, au seul repérage économique, ou qu'une pulsion biologique, de vie ou de mort, en marge des mécanismes mentaux et de sens. Car le désir est fondamentalement lié aux représentations, aux signifiants qui les constituent, à leurs articulations menant au sens dans la pensée et le langage. On sait depuis Freud que le rêve représente le désir et son accomplissement, et selon la double potentialité de l'inconscient, d'oubli, de refoulement, ou au contraire de résurgences signifiantes. Si le désir mène certainement à la satisfaction des plaisirs, il vise, essentiellement, un dépassement, grâce aux effets de la négation, vers un inconnu, à condition que celui-ci soit identifiable, accepté, et puisse ainsi conduire à des questions, sources de toutes recherches et de découvertes, au-delà des illusions, des fantasmes, dans la réalité même. Le désir atteint toute sa portée d'inconnu quand se manifeste la finitude, celle du savoir, du pouvoir. L'" objet de perspective ", cause et objet du désir, centre la liaison active à l'inconnu, où s'orientent les cinq champs des idéaux humains et leurs sublimations tant de la haine que de l'amour sexuel. Ainsi le désir anime les fantasmes originaires qui eux-mêmes organisent les axes des grands mythes servant à saisir et dominer l'inconnu, et surtout celui de la mort. Il y a lieu cependant de cerner une idéalisation du désir lui-même lorsqu'une surenchère narcissique pousse aux excès de l'austérité et du masochisme, au retrait de la solitude, ou aux confins de la passion ou des délires, avec la mort comme enjeu dans les violences sociales ou le suicide. Enfin les rapports entre le désir et la Loi impliquent un franchissement réciproque : la Loi surmonte le désir, mais en est le produit ; et le désir a le pouvoir de transgresser la Loi qui lui donne les moyens de se réaliser.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.