Rorty Richard ; Pinkard Terry P. ; McDowell John ;
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EAN :9782707320551
Ce numéro est consacré à la question du lien entre hégélianisme et pragmatisme, qui n'a encore fait l'objet d'aucune publication en langue française, alors qu'elle a été examinée presque partout ailleurs de façon approfondie. Les études ici publiées abordent les trois sens dans lesquels peut être entendue cette question. Tout d'abord, du point de vue de l'historiographie du pragmatisme. L'histoire de la philosophie retient généralement trois figures fondatrices du pragmatisme (Pierce, James et Dewey), auxquelles s'ajoute désormais celle de Mead. Or, si Hegel n'est presque pour rien dans la formation des pensées des deux premiers, il joua en revanche un rôle déterminant pour celles de Dewey et de Mead. La restitution de ce contexte méconnu du pragmatisme historique comporte divers enjeux : elle permet de souligner l'irréductibilité à l'empirisme et au criticisme kantien de l'un des courants les plus féconds de la philosophie américaine du XXe siècle, mais aussi de définir une position hégélienne à la hauteur des défis de l'épistémologie, de la philosophie de l'esprit, de la théorie de l'action, de la théorie esthétique et de la philosophie politique contemporaines. Ensuite, du point de vue de l'historiographie de l'hégélianisme. En effet, les années 1990 ont vu se développer des interprétations de la philosophie hégélienne susceptibles d'être dites " pragmatistes ", même s'il s'agit d'un pragmatisme nuancé. Pippin et Pinkard, principaux représentants de cette interprétation, ont d'abord développé une interprétation non métaphysique de Hegel, soulignant l'importance de l'influence kantienne, avant de privilégier les thèmes du primat de l'agir historique sur la connaissance et de la socialité de la raison. Plus que chez Peirce, James, Dewey ou Mead, c'est chez le second Wittgenstein et Sellars que se définissent les cadres conceptuels de leur néo-pragmatisme. Enfin, relativement au développement des principales formes du néo-pragmatisme contemporain. On peut dater de la publication de L'Homme spéculaire de Rorty (1979) et de Raison, vérité et histoire de Putnam (1982) le regain d'intérêt pour le pragmatisme américain. Dans la foulée, différents auteurs ont développé une forme de néo-pragmatisme où le primat de l'expérience fait place à celui de " l'espace des raisons " où se définissent les autorisations et les engagements structurant la communication sociale, l'action et la connaissance. On verra ainsi comment McDowell et Brandom ont trouvé matière à se revendiquer de Hegel. Hégélianisme des pragmatistes, interprétations pragmatistes de Hegel et Hegel des néo-pragmatistes : ces trois orientations interagissent les unes avec les autres. Les interprétations proposées par Pippin et Pinkard ont influencé celles de McDowell et Brandom, avant que ces dernières ne soient commentées et critiquées par les premiers - les unes et les autres contribuant à relancer le débat sur le sens du pragmatisme, tout en semblant confirmer la prophétie rortienne selon laquelle Hegel pourrait constituer l'avenir de l'empirisme et du criticisme contemporains.
Les efforts de Richard Rorty en faveur du pragmatisme sont liés à un réexamen de la tradition philosophique dont son premier livre, L'Homme spéculaire, permettait de saisir l'ampleur. A partir de perspectives ouvertes par Heidegger, Wittgenstein et Dewey, Rorty s'est attaché à mesurer à la fois les transformations que la pensée contemporaine a connues et le déclin des ambitions avec lesquelles la philosophie s'est identifiée au cours de son histoire. Selon Rorty, les exigences fondatrices qui leur étaient associées, aussi bien que la certitude d'un accès privilégié au "Vrai" ou au "Réel", peuvent désormais être abandonnées sans dommage. Les essais réunis ici s'attachent à définir les conséquences qu'entraîne une conception pragmatiste du vrai pour nos croyances et nos pratiques intellectuelles. L'alternative "post-Philosophique" qui s'y fait jour se développe dans un débat sur la philosophie et la culture dont James, Dewey, Wittgenstein, mais aussi Davidson, Nagel, Heidegger, Derrida, Cavell et Foucault sont les principaux interlocuteurs.
En 1976, mon père a rouvert la maison qu?il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.À l?intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d?honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d?elles.Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J?ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.4e de couverture : En 1976, mon père a rouvert la maison qu?il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.À l?intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d?honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d?elles.Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J?ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.
Je vous prie de me faire la faveur de publier Le Verdict en un petit volume autonome. Le Verdict, auquel je tiens tout particulièrement, est certes très court, mais il relève plus du poème que du récit, il a besoin d'espace dégagé autour de lui et il ne serait pas indigne qu'il l'obtienne". Franz Kafka Lettre à son éditeur Ecrit d'une seule traite dans la nuit du 22 au 23 septembre 1912, Le Verdict est le texte fondateur de Kafka. Jean-Philippe Toussaint en propose ici une nouvelle traduction.
Le temps d'un séjour de quelques semaines dans sa maison d'enfance, la narratrice raconte ses retrouvailles avec sa famille, où, depuis trois générations, hommes et femmes ont choisi le métier de pasteur. Mais quand elle arrive, quelque chose de cet ordre ancien s'est profondément déréglé. De ses proches, elle raconte les rires, les chutes, les chants. De toutes ses forces, elle les soutient, quand leur vie ne semble plus tenir qu'à un fil.
De même que Dante chemine de cercle en cercle pour atteindre son Enfer ou son Paradis, de même est-ce, chacun dans un cercle bien distinct, que Samuel Beckett situe les trois principaux protagonistes de sa trilogie, Molloy, Malone meurt et L'Innommable, afin qu'ils atteignent, peut-être, le néant auquel ils aspirent. D'un roman à l'autre, ce cercle est de plus en plus réduit. Le cercle imparti à l'Innommable se réduit à un point, c'est le trou noir au centre d'une galaxie, là où l'espace-temps se déforme, où tout est happé et s'engouffre sans pour autant disparaître. L'être qui réside en ce point est nécessairement sans nom puisqu'il s'agit de " je ", ce " moi " à jamais non identifiable. Figé, le corps de l'Innommable est incapable du moindre mouvement. Cependant il a " à parler ". Ses précédents personnages, Molloy, Malone et les autres passent et repassent, tournant autour de lui. Ils semblent avoir ourdi un complot pour le contraindre à continuer d'être, le forcer donc à continuer de dire. Alors l'Innommable va créer d'autres mondes, donner voix à d'autres lui-même. Les personnages qu'il devra " essayer d'être " - avec lucidité, mais sans jamais se départir de son humour -, seront tour à tour Mahood, homme-tronc fiché dans une jarre, puis Worm, visage indistinct qui n'est qu'oreille " tressaillante " et terrible inquiétude d'un unique " ?il aux aguets ".
La tradition veut que l'acte de philosopher soit comparé à la vision. Or Aristote dit deux choses qui sont trop négligées : premièrement, que voir, c'est non seulement saisir le visible, mais aussi, paradoxalement, l'invisible, le non-visible ; deuxièmement, que voir, c'est voir des couleurs, de jour mais aussi de nuit, le phosphorescent. Dès lors quelles sont les implications pour la philosophie ? Que veut dire philosopher si c'est appréhender ce qu'on ne voit pas, ce qu'on ne peut voir, ou bien ce qui, dans le noir, luit ?
Résumé : Que cherchons-nous vraiment lorsque nous cherchons l'amour ? L'école, le travail, à quoi ça sert, finalement ? La liberté d'expression et le droit à "rire de tout" sont-ils des menaces ? Faut-il avoir peur de la mort ou pourrons-nous bientôt télé-charger notre conscience dans le cloud - à moins que l'IA n'en vienne à nous remplacer ? Dans un monde où l'avenir est plus que jamais incertain, la quête de sens nous confronte à des thèmes fondamentaux. De la même façon qu'il a su rendre la philosophie accessible à tous, Lev Fraenckel, alias "Serial Thinker ", expose avec acuité ces enjeux intemporels. Convoquant tour à tour des figures majeures de la philosophie - Aristote, Nietzsche, Marx... - et des références culturelles contemporaines, il plonge au coeur de nos contradictions et éclaire nos choix, nos croyances et nos désirs. Une ode à la philosophie en tant que cheminement, un appel à l'éveil et au discernement à une époque où les réponses toutes faites masquent l'immense liberté qui s'offre à chacun de nous.
Rien de plus fragile que la faculté humaine d'admettre la réalité, d'accepter sans réserves l'impérieuse prérogative du réel. Cette faculté se trouve si souvent prise en défaut qu'il semble raisonnable d'imaginer qu'elle n'implique pas la reconnaissance d'un droit imprescriptible - celui du réel à être perçu - mais figure plutôt une sorte de tolérance, conditionnelle et provisoire. Le réel n'est généralement admis que sous certaines conditions et seulement jusqu'à un certain point : s'il abuse et se montre déplaisant, la tolérance est suspendue. Un arrêt de perception met alors la conscience à l'abri de tout spectacle indésirable. Quant au réel, s'il insiste et tient absolument à être perçu, il pourra toujours aller se faire voir ailleurs.Cet essai vise à illustrer le lien entre l'illusion et le double, à montrer que la structure fondamentale de l'illusion n'est autre que la structure paradoxale du double. Paradoxale, car la notion de double implique en elle-même un paradoxe : d'être à la fois elle-même et l'autre.
Ce livre réconcilie avec la base de la philosophie, et ça fait du bien. Loin d'être d'abord conçue comme de l'exégèse pointue, la philosophie existe parce qu'on l'a inventée pour répondre à des questions vitales. Parmi celles-ci : comment guérir de l'épreuve douloureuse d'exister, puisque vivre, tout simplement, ne va pas de soi ? Les philosophes, à travers l'histoire, ont apporté leurs réponses. La philosophie, dans ce livre, devient un guide de conduite formidable pour se réconcilier avec la vie.