Deux sections dans ce livre. La première est intitulée " Langage ", la seconde " Image ". Apparemment cet ordre - d'abord le langage, ensuite l'image - vient contredire le titre de l'ouvrage, Avant d'être celui qui parle, l'homme est un voyant. Pourtant il n'y a pas là de contradiction car Jean-Claude Rolland n'entend pas établir une hiérarchie entre langage et image ni les opposer; il s'emploie à montrer ce qui les lie l'un à l'autre tout autant que ce qui les délie : union et séparation. l,es questions avec lesquelles il se débat et sans doute avec lui tout psychanalyste sont les suivantes : quel rapport entretient le langage avec ce qu'on appelle assez improprement l'image ? Y a-t-il entre eux quelque accointance ou bien s'agit-il d'une rupture entre deux " registres " incompatibles? A quoi renonçons-nous en cessant d'être voyants? Et d'ailleurs, est-il vrai que nous cessions de l'être? Que gagnons-nous dans cet éventuel renoncement qui nous ferait devenir sujet parlant? Gain ou perte? C'est une question similaire que nous rencontrons quand nous abandonnons nos objets d'amour primaires qualifiés d'?dipiens pour pouvoir pleinement en investir d'autres. Alors devons-nous guérir du " don de voyance" comme nous nous efforçons de " guérir du mal d'aimer " (titre du précédent livre de l'auteur)? Sans succès dans les deux cas...L'auteur n'entend pas décider pour nous des réponses à ces questions. Il nous maintient dans l'incertitude où il réside lui-même. Incertitude qui ne témoigne pas d'une hésitation mais qui indique une tension permanente entre deux pôles.
Nombre de pages
215
Date de parution
21/04/2006
Poids
212g
Largeur
119mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782070779475
Titre
Avant d'être celui qui parle
Auteur
Rolland Jean-Claude ; Pontalis Jean-Bertrand
Editeur
GALLIMARD
Largeur
119
Poids
212
Date de parution
20060421
Nombre de pages
215,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Les dix études qui constituent ce recueil ont été rédigées au cours des années 2014 et 2015. Deux d'entre elles ont paru dans la Lettre de la SELEFA et quelques autres ont fait l'objet d'une intervention orale au cours d'une réunion de cette association.
Cet ouvrage s'adresse aux professeurs de français, mais il pourra intéresser un plus large public passionné de linguistique. Il propose deux études originales et éclairantes sur les sujets qui sont parmi les plus problématiques de la grammaire française,
Quatrième de couverture Hamlet : J'aurais mieux aimé rencontrer mon pire ennemi au Ciel, Horatio, que de vivre un pareil jour... Mon père ! il me semble que je vois mon père.Horatio : Où, monseigneur ? Hamlet : Avec les yeux de l'âme, Horatio. Le discours de la tragédie est précieux pour comprendre le destin auquel la cure analytique contraint la parole de l'analysant. Celui-ci parle d'abord «de quelque chose» puis, comme la fée de Cendrillon fait d'un potiron et de quatre rats un carrosse et un attelage, le transfert détourne sa parole de cette fonction référentielle, la transforme en un chemin ou en un «véhicule» (ainsi que le shivaïsme désigne la monture sacrée permettant aux dieux de commercer avec les vivants), un chemin qui le conduit sur des terres psychiques inconnues de lui, lui fait rencontrer des images : certaines viennent d'un passé si lointain, si effacé du souvenir qu'elles ne lui sont nullement familières ; d'autres sont d'une époque plus récente et heureuse. Certaines relèvent du fantastique ; d'autres de la banalité. Certaines sont marquées d'effroi ou de douleur ; d'autres revêtent l'habit déceptif des objets aimés quoique perdus.
Raymond Guérin est fasciné par la lettre, qu'il s'agisse de la forme littéraire qui structure certains de ses récits ou d'une véritable correspondance. A tous les titres, de la pratique de l'échange à l'exercice de l'imagination, il est un épistolier. Les Lettres à Sonia sont certes une correspondance réelle entre un écrivain et la femme qu'il aime, séparés par la guerre et la captivité, mais elles sont aussi et au moins autant un journal, et encore une projection, une mythologie, bref c'est un récit qui se donne. Journal ou récit qui est adressé à l'autre, destinataire et matière sacrée de l'écriture. En contre-point, Guérin brosse son portrait intérieur, il évoque le quotidien du prisonnier dont la vie personnelle, comme celle du monde, est soumise aux ruptures de l'histoire. Ecrivant ces Lettres qui sont un roman, Guérin s'inscrit dans une fièvre d'expression que son étrange disponibilité ne peut qu'aviver. Digne dans l'épreuve, répondant par les mots à la misère du temps, il dresse au jour le jour un monument de résistance à la barbarie, fondé sur l'amour et la foi dans le verbe. Le monde de l'intelligence le nourrit plus que jamais et s'érige en rempart contre la sottise. Dans les Lettres à Sonia, Guérin se montre bouleversant de droiture et de lumière.