Il a un bon fond pourtant, ce Rojo. Mais il n'y en a pas deux pour foudroyer comme lui, d'un trait de plume, le plus petit travers de ses semblables et plus particulièrement ceux de ses frères journalistes. Principale tête de turc : Peter Arnett, le reporter de CNN. Car contrairement à ce qu'il s'est ingénié à laisser croire, Arnett n'était pas le seul journaliste occidental resté à Bagdad quand le déluge de feu s'est déclenché le 17 janvier 1991. D'un côté, le représentant opulent d'un grand network américain. De l'autre, le reporter fauché et débrouillard du journal espagnol El Mundo." Marcel Trillat, l'un des envoyés spéciaux d'Antenne 2 en Arabie Saoudite, de l'autre côté du front, a apprécié le livre d'Alfonso Rojo, resté sans interruption dans la capitale irakienne durant les cinquante-cinq jours de la guerre du Golfe. Récit d'un huis clos dans le microcosme de l'hôtel Rachid, où viennent échouer diplomates soviétiques et cubains, pacifistes égarés, journalistes concurrents, dignitaires et censeurs, son journal de guerre décrit avec ironie ces vies de naufragés confrontés au rationnement et aux bombardements, nouant des liens insolites dans un lieu fantomatique. Ce témoignage unique est aussi une réflexion sur la guerre et ses manipulations. "Rojo, écrit encore Trillat dans sa préface, n'a jamais oublié cette vérité élémentaire : s'il est une attitude franchement incompatible avec l'exercice de notre profession, c'est bien le garde-à-vous."
Nombre de pages
432
Date de parution
26/09/1991
Poids
409g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070724185
Titre
Bagdad Hotel
Auteur
Rojo Alfonso López
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
409
Date de parution
19910926
Nombre de pages
432,00 €
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Penser les interactions entre la presse et la société en guerre, telle est la visée de cet ouvrage. En s'appuyant sur un large éventail de journaux antifascistes publiés au Pays basque à partir de 1936, Une guerre de papier met en évidence deux phénomènes fondamentaux : l'émergence d'une culture de guerre et la banalisation de la violence. L'auteur étudie les pratiques journalistiques qui suscitent la mobilisation des combattants et de l'arrière en Euskadi et, au-delà, sur l'ensemble du territoire espagnol. Severiano Rojo Hernândez fait ainsi émerger de nouveaux objets d'étude et des perspectives nouvelles, parmi lesquels ce qu'il nomme " la socialisation de la guerre ". Au-delà, Une guerre de papier étudie la manière dont se structure la perception du conflit en s'attachant aux différentes temporalités de la guerre : des temps courts et des temps longs qui s'enchevêtrent à la lecture du journal et facilitent l'articulation des diverses représentations de l'affrontement. Si la presse réactualise des représentations qui se sont forgées au cours de conflits antérieurs (guerre de Sécession, Commune et Première Guerre mondiale), les journaux basques composent cependant un récit inédit. L'image de la guerre civile qu'ils construisent diffère de celle que conserve la mémoire contemporaine, mais elle explique en partie pourquoi le conflit espagnol est devenu l'un des paradigmes majeurs du XXe siècle pour penser et dire tant la guerre que la révolution.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.