Cet ouvrage paraît à l'occasion de l'exposition en hommage à Pietro Sarto présentée au Musée Jenisch de Vevey au printemps 2022. En regard des nombreuses planches illustrées, les textes, dus à Florian Rodari et à Pietro Sarto lui-même, entament le dialogue autour des principaux thèmes abordés par l'artiste au cours de sa vie : notamment son adoption de la perspective aérienne, technique picturale qui témoigne de la volonté de l'artiste de se placer au coeur du monde plutôt que simplement face à lui. Peintre-graveur au sens propre du terme, Sarto n'a cessé d'interroger parallèlement les procédés de l'eau-forte et ceux de la peinture à l'huile, passant librement de l'un à l'autre afin d'en expérimenter les pouvoirs respectifs et de tirer de leurs croisements des solutions susceptibles de renouveler sa vision. C'est que, dans l'esprit de ce questionneur impénitent, toute oeuvre est nécessairement en chemin, continuellement. En outre Sarto a régulièrement associé sa pratique de la gravure à l'édition de livres. Au cours de ses propres lectures - de Dante, Victor Hugo, Charles Ferdinand Ramuz - il a découvert de surprenantes visions du monde qui s'apparentent à celle qu'il développe dans son art depuis toujours. Autant de vertiges, d'affrontements entre l'ombre et la lumière qui permettent de féconder et enrichir sa propre approche.
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Nombre de pages
96
Date de parution
15/11/2023
Poids
212g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782970152804
Titre
Pietro Sarto : Chemins détournés
Auteur
Rodari Florian ; Sarto Pietro
Editeur
DOGANA
Largeur
165
Poids
212
Date de parution
20231115
Nombre de pages
96,00 €
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Résumé : Un seul coup de crayon sur une feuille de papier, et tout l'espace s'ébranle : c'est la force du premier trait sur la toile vierge, c'est l'alif à l'origine de l'alphabet, c'est l'écriture se déployant dans les méandres de l'encre. Projection en même temps qu'inscription de la lumière sur une surface, de préférence plane et claire, l'ombre est la trace du vivant sur terre. A peine l'a-t-on cernée d'un contour que l'absent qui s'y est réfugié reprend forme, retrouve son identité, et que la mémoire se met à agir. Dessins, estampes, photographies sont des moyens de retenir - chacun à leur manière, et chacun à leur rythme - ces brèves manifestations de l'existant. Florian Rodari s'interroge dans ces pages sur la volontaire et contraignante limitation au couple noir/blanc, dualité splendide de l'encre et du papier en vue d'obtenir - hors tout recours à la couleur - des images capables de satisfaire pleinement le regard. Sont réunis dans cet ouvrage un certain nombre de ses essais consacrés à des artistes aussi divers que Rembrandt, Victor Hugo, Henri Michaux, Jacques Henri Lartigue, Balthasar Burkhard ou Georg Baselitz.
Né dans la campagne vaudoise en 1910, Jean Planque s'est très tôt fait remarquer par sa capacité à distinguer les tableaux de qualité. Son "oeil" semble infaillible: c'est que, peintre lui-même, toujours insatisfait de son travail, il interroge les images des autres avec l'expérience du dedans. En 1954, le jeune Ernst Beyeler lui propose de collaborer à sa galerie bâloise, promise, grâce à l'activité des deux hommes, à un brillant succès dans les décennies suivantes. Pendant les quelque vingt années de son activité d'acheteur à Paris pour le compte de Beyeler, Planque aura l'occasion de se lier d'amitié avec de nombreux artistes, qui, comme Giacometti, Dubuffet ou Picasso, témoigneront une entière confiance à cet amateur d'un rare discernement et vibrant de passion. Au gré de ces rencontres, dons et achats enrichissent peu à peu sa collection personnelle qui reflétera parfaitement, quand Planque cessera son activité en 1972, son goût exigeant et ses choix visionnaires. Le collectionneur suisse s'est placé, dès les prémices de son activité, sous le signe de Cézanne, pour qui il professe une véritable adoration, autant d'ailleurs à l'égard de l'homme qui renonça à toute ambition matérielle et sociale pour accomplir librement son oeuvre, qu'à l'égard de l'inventeur de l'art moderne. Il s'établira même durant quelques années au pied de la montagne Sainte-Victoire afin, dira-t-il, de "refaire Cézanne sur nature". Le dépôt de sa collection au musée Granet est ainsi l'aboutissement d'une longue histoire personnelle qui conduit de l'admiration pour l'oeuvre du maître d'Aix au désir ardent de la voir mieux représentée dans sa ville natale.