Parce que la maîtresse de français, débutante, de cette cinquième D' de banlieue, leur a rappelé pour la troisième fois qu'ils étaient des échecs, tous les enfants de la classe se lèvent, sortent de l'école et s'en vont dans la campagne. L'incident n'est pas local. Partout des enfants manquent à l'appel. Il faut se rendre à l'évidence : c'est une épidémie. L'école buissonnière généralisée. Les enfants fuient de partout, l'école est une passoire. Les journaux titrent : "Une hémorragie d'enfants". Régina, Grâce, le sublime David, et leur chien Mignon, les six Chevaliers Errants, les deux Maudites, les jumeaux miroirs, Pierre et Jacques, et le petit Paul qui ont saccagé leur école, les Amoureux et leur ange gardien Louise, Lucrèce qui est folle - les quelque vingt-cinq qui se promènent dans le livre (parce qu'on ne suit qu'une ligne) vont vers la mer, sans se presser. Ils surgissent, chapardent ou maraudent leurs maigres nourritures, et disparaissent on ne sait où, comme s'ils habitaient un autre monde - et c'est un fait qu'il y a un autre monde : un monde du rêve, et complice des enfants. Le monde de la réalité patrouille les routes, garde les supermarchés. Ses citoyens responsables organisent des battues à l'enfant et parlent de petits plombs dans les fesses. L'épidémie atteint tous les pays. Les villes de la réalité sont interdites aux enfants non accompagnés. L'ordinateur Toto est chargé des identifications. Mais l'autre monde s'insinue dans celui-ci. Les enfants ont des protections mystérieuses. Des portes s'ouvrent, des mains tendent du pain. Des parents manifestent contre les mesures brutales. Et voilà que les génies mathématiques désertent à leur tour ! Les errants, pendant ce temps-là, sont devenus d'une beauté surhumaine. Ou peut-être humaine. N'est-il pas déjà trop tard ?
Nombre de pages
260
Date de parution
17/06/1975
Poids
285g
Largeur
127mm
Plus d'informations
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EAN
9782246002260
Titre
Encore heureux qu'on va vers l'été
Auteur
Rochefort Christiane
Editeur
GRASSET
Largeur
127
Poids
285
Date de parution
19750617
Nombre de pages
260,00 €
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Jo de Bagnolet "est née des allocations et d'un jour férié dont la matinée s'étirait, bienheureuse". Dix enfants vont suivre, apportant en prime à leurs parents la machine à laver, le Frigidaire, la télé, la voiture et le prix Cognac! Josyane les élèvera tous. Ses seules distractions: les courses et ses devoirs le soir, sur la table de la cuisine. Ses seuls amis, Nicolas, le petit frère qui comprend tout, et Guido, le maçon italien, né sur les collines. L'amour de Guido bouleverse la vie de Josyane, il en chasse toute la laideur et la bêtise. Christiane Rochefort fait ici un tableau criant de vérité des grands ensembles, de ces blocs illuminés la nuit, en plein ciel, si gris le jour, le béton cachant mal la pauvreté. Elle dit, admirablement et avec beaucoup d'humour, le mal de vivre à Bagnolet, à Sarcelles et autres lieux du même type, sans âme et sans arbres. Une oeuvre très forte du célèbre auteur du Repos du guerrier et des Stances à Sophie.
La " Poule-au-Pot ", enfin conquise, doit-elle être immangeable ? Pourquoi le progrès reprend-il d'une main ce qu'il donne de l'autre ? De plus en plus ces questions viennent au premier plan de l'actualité, posées par de grandes voix autorisées. Ici c'est une toute petite voix, non autorisée, qui ânonne. L'enfant qui promène au milieu de grands blocs de H. L. M. de la banlieue parisienne un chapelet de frères et soeurs et une angoisse indéfinie ne saurait formuler une seule de ces questions-là ; elle subit, elle ne sait pas qu'elle subit, et encore moins quoi ; elle ne manque de rien - de rien de matériel -, et, sans misère, elle ne sait pas pourquoi elle se sent misérable ; elle ne sait même pas qu'on l'étouffe, justement parce qu'on l'étouffe. Simplement elle chante sa petite chanson, dans son langage pauvre, jusqu'au jour où le " bonheur " lui sera administré, comme un tampon de chloroforme. Alors la chanson s'arrêtera.
Résumé : Il paraît naturel de leur interdire toute vie privée et de leur imposer une façon de sentir. De décider qui ils doivent aimer et qui il ne faut pas voir. De circonscrire leurs déplacements et de pénaliser leurs déviances. De déterminer le moment où ils ont un sexe, et ce qu'ils doivent en faire. Est-ce aussi naturel qu'on dit, ou est-ce l'effet d'un rapport social, imposé par l'adulte parce qu'il a la force et le pouvoir ? S'il en est ainsi, pourquoi et à quelles fins ? Que fait-on aujourd'hui des enfants et à quoi les prépare-t-on ? Qu'est-ce au juste qu'un enfant dans nos sociétés dites libérales ? C'est à ces questions que répond Christiane Rochefort, dans cet essai fiévreux, passionné, aux frontières de l'analyse et du pamphlet, qui se lira comme le prolongement d'Encore heureux qu'on va vers l'été... Après le roman l'analyse : les enfants d'abord parce que c'est eux les premières victimes de l'ordre capitaliste ; parce qu'il faut des adultes dociles et qu'il faut les former au plus tôt ; parce qu'il faut au Pouvoir un relais, qu'il trouve très naturellement dans la famille.
Résumé : Ce roman, rigoureusement extravagant pourrait débuter comme un conte : "Il y avait dans le pays d'Archaos un roi nommé Avatar"... Tyran grotesque et dévot, Avatar, coupable d'inceste, sera contraint d'abdiquer, laissant sa place à son fils, Govan, fantoche plus sympathique, quoique incapable. Secondé par sa mère, la reine Avanie, le rejeton indigne sabote les bases du régime dictatorial. Les Archaotes découvrent les vertus du désordre. L'on produit moins mais mieux, les corps exultent, les imaginations se libèrent, l'intuition fait loi. C'est l'Age d'or et le début d'un long rêve de béatitude... Avec la complicité fantasque d'une centaine de personnages, Christiane Rochefort réinvente le monde à son image : rebelle, imprévisible, toujours en question.
La révolution numérique atteint son apogée, celle des intelligences artificielles. Nous sommes désormais pris en charge. Les outils et les algorithmes nous interpellent, nous encadrent, nous guident, choisissent à notre place. Répondent aux questions que nous ne nous posions pas. Jouent avec nous. Se jouent de nous. Cette dernière révolution nous laisse amers et épuisés. Nos cerveaux sont saturés de dopamine, ne connaissant ni vide, ni repos. Tout comme nos yeux, nos doigts, nos corps. Nos vies sont fragmentées, à l'image du monde. Peut-être devenons-nous des mines à ciel ouvert, aspirés et malmenés par le monde de la donnée, au coeur du d'une réalité qui semble elle-même s'effacer ? Telle n'était pas la promesse du progrès et nous voici pris de vertige : sommes-nous entrés dans une nouvelle civilisation, à la croisée du sommeil perdu, de l'hypnose et de la soumission ? Ou bien vivons-nous la dernière heure de l'homo sapiens ? " Dans la foulée de ses grands succès (La civilisation du poisson rouge, Sortir du bocal, Submersion), Bruno Patino nous livre un court essai prophétique, plein d'idées, d'hypothèses, de portraits, de lectures, de solutions.
Si la littérature est le lieu où la réalité se révèle de la manière la plus saisissante et la plus dérangeante, alors ce roman est un grand livre de littérature ! Un juge du régime des mollahs, condamné à perpétuité, écrit en prison : " Je sais que seuls mes crimes importent, mais mon récit pourrait vous aider à comprendre la fabrique des criminels. " Il raconte son enfance misérable, partageant la chambre d'un grand-père moribond dont il est le " garçon-pipi " , puis l'amour de sa vie, incestueux mais merveilleux, de la perte duquel il ne se remettra jamais. Pour épuiser sa douleur et sa haine, il s'enrôle à la guerre. " J'étais en guerre contre mon destin, et on me donnait une arme et un champ de bataille". Adolescent en quête de martyr, il est envoyé dans une école religieuse pour devenir juge et se prend pour le " Talleyrand iranien " . Il décrit les ressorts d'un régime de terreur, de tortures, de trafic d'organes, d'espionnage généralisé... Un incident va l'inciter à rendre visite à une adolescente en prison, puis, en catimini, à 117 autres jeunes et belles détenues. " Le viol me révulsait, me rebutait, vous comprenez ? J'avais besoin d'être admiré. Je leur apportais des plaisirs à hauteur de liberté. Je les traitais comme des femmes courtisées. Je rendais hommage à leur féminité bafouée. " Alors, ce " violeur attentionné et délicat " , qui reconnaît avoir condamné à mort des innocents, est-il un bouc-émissaire qui paie pour les crimes d'un régime dont les vrais puissants sont exonérés, ou un monstre manipulateur dont la bonne conscience dénonce encore plus la profonde perversion ? Au lecteur de juger. Peut-on être à la fois victime et bourreau ? On se sent mal à l'aise à ressentir de l'empathie pour ce criminel, voire à s'identifier à lui.
Chaque année Sorj Chalandon nous dit qu’il n’écrira plus de livre sur son père, et pourtant, chaque année il y revient. Cette fois il touche le sujet en plein cœur, puisqu’il décrit son errance dans les rues de Paris lors de sa fugue à 17 ans. Il y conte l’adolescence, la rage contre l’injustice, l’engagement, les coups durs et surtout, les belles rencontres salvatrices. Cette fois encore Chalandon m’a émue par sa sincérité et la qualité de sa plume.