Monsieur Jean se heurte, protozoaire habillé et peureux, aux parois de l'île et du monde, dans un temps indistinct où ses actes futurs lui apparaissent en souvenir. Recueilli par Madame Elisa, il arpente les rues sans jamais atteindre ces personnages qui l'entourent dans le quartier du petit Bazar sa logeuse, Grimasié, ses amours clos dans le fantasme. Si exister, c'est se délivrer de la stagnation, Monsieur Jean mène une " existence contestable ", séparé d'autrui, du narrateur qu'il masque, et de lui-même jusqu'à devenir son propre personnage : " Alors il se leva, la paroi le guida jusqu'au boucan tout proche, et là, sur les pierres noircies du foyer, je brûlai l'un après l'autre, les vestiges de ma vie récente. " A la Réunion, il y avait une exigence ancienne et absolue : délivrer la pensée du doudouisme misérabiliste et des caricatures. Aujourd'hui, la voie est libre. Dans Notes des derniers jours, le protagoniste vit le malheur, le plus grand, celui, fatal, de la tragédie. Pourtant, enfin, ce malheur lui appartient : il est de sa responsabilité de le vivre. Le personnage n'est pas relatif, soumis à tel ou tel maître, à tel ou tel poncif ressassé. Comme Antigone ou Œdipe, ou selon les voies des récits de la Grande Ile, Monsieur Jean, tout petit et écrasant, est en relation avec nous tous, riverains de toutes les mers grosses de fables.
Nombre de pages
222
Date de parution
14/11/2002
Poids
279g
Plus d'informations
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EAN
9782877631907
Titre
Notes des derniers jours
Auteur
Rivière Pierre-Louis
Editeur
ORPHIE
Largeur
0
Poids
279
Date de parution
20021114
Nombre de pages
222,00 €
Disponibilité
Epuisé
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J'ai le souvenir de nos vies enfermées entre le rempart des montagnes et celui de la mer qui cernent nos pensées, même lorsque nous sommes ailleurs... " Monsieur Jean se heurte, protozoaire habillé et peureux, aux parois de l'île et du monde, dans un temps indistinct où ses actes futurs lui apparaissent en souvenir. Recueilli par Madame Elisa, il arpente les rues sans jamais atteindre ces personnages qui l'entourent dans le quartier du petit Bazar : sa logeuse, Grimasié, ses amours clos dans le fantasme. Si exister, c'est se délivrer de la stagnation, Monsieur Jean mène une "existence contestable", séparé d'autrui, du narrateur qu'il masque, et de lui-même jusqu'à devenir son propre personnage : " Alors il se leva, la paroi le guida jusqu'au boucan tout proche, et là, sur les pierres noircies du foyer je brûlai l'un après l'autre, les vestiges de ma vie récente. " A la Réunion, il y avait une exigence ancienne et absolue : délivrer la pensée du doudouisme misérabiliste et des caricatures. Aujourd'hui, la voie est libre. Dans Notes des derniers jours, le protagoniste vit le malheur, le plus grand, celui, fatal, de la tragédie. Pourtant, enfin, ce malheur lui appartient : il est de sa responsabilité de le vivre. Le personnage n'est pas relatif, soumis à tel ou tel maître, à tel ou tel poncif ressassé. Comme Antigone ou OEdipe, ou selon les voies des récits de la Grande Ile, Monsieur Jean, tout petit et écrasant, est en relation avec nous tous, riverains de toutes les mers grosses de fables. Edward Roux.
J'ai le souvenir de nos vies enfermées entre le rempart des montagnes et celui de la mer qui cernent nos pensées, même lorsque nous sommes ailleurs... Monsieur Jean se heurte, protozoaire habillé et peureux, aux parois de l'île et du monde, dans un temps indistinct où ses actes futurs lui apparaissent en souvenir. Recueilli par Madame Elisa, il arpente les rues sans jamais atteindre ces personnages qui l'entourent dans le quartier du petit Bazar : sa logeuse, Grimasié, ses amours clos dans le fantasme. Si exister, c'est se délivrer de la stagnation, Monsieur Jean mène une "existence contestable", séparé d'autrui, du narrateur qu'il masque, et de lui-même jusqu'à devenir son propre personnage : Alors il se leva, la paroi le guida jusqu'au boucan tout proche, et là, sur les pierres noircies du foyer, je brûlai l'un après l'autre, les vestiges de ma vie récente. A la Réunion, il y avait une exigence ancienne et absolue : délivrer la pensée du doudouisme misérabiliste et des caricatures. Aujourd'hui, la voie est libre. Dans Notes des derniers jours, le protagoniste vit le malheur, le plus grand, celui, fatal, de la tragédie. Pourtant, enfin, ce malheur lui appartient : il est de sa responsabilité de le vivre. Le personnage n'est pas relatif, soumis à tel ou tel maître, à tel ou tel poncif ressassé. Comme Antigone ou Œdipe, ou selon les voies des récits de la Grande Ile, Monsieur Jean, tout petit et écrasant, est en relation avec nous tous, riverains de toutes les mers grosses de fables" - Edward Roux.
Je ne regrette pas d'avoir quitté, même si je ne peux plus bavarder tranquillement avec Masto. C'est beaucoup plus intéressant de marcher sur ses deux pieds, d'oublier toutes ces histoires de familles, de Services, d'identités, et de voir tout ce qu'il y a à voir en vrai, comme les filles, les trains, le centre de la terre, les fusées interplanétaires, les animaux qui se dévorent les uns les autres, les routes très très droites qui n'en finissent pas en Amérique, les arbres géants, les plus hauts sommets du monde, l'Oklahoma, les aqueducs, les décapotables, les pyramides de Kheops... Sans parler des filles et des oiseaux très rares comme Quetzalcoatl". Un matin, Zèfa K quitte sa vie d'enfant "placé" pour la liberté, l'errance et les rencontres de hasard dans une quête éperdue et joyeuse de nouveaux horizons qui le mènera vers un monde devenu définitivement inintelligible. Jeté dans des aventures improbables, ce Candide du nouveau siècle avance d'un pas décidé vers l'inconnu. L'histoire prend peu à peu les couleurs d'un récit fantastique, anticipation possible de la solitude et de la désolation barbare et irrationnelle de notre propre futur. Un récit où la fraîcheur du point de vue et la fausse naïveté du ton font briller la noirceur du texte.
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