Avec le capitaine Doodlum (Les glaces de l'envers du monde), éternellement naviguant, éternellement attendu par sa Louise, nous sommes dans un monde familier et absolument étrange, autrement dit en poésie. Nous sommes aussi dans les espaces immenses et oppressants des champs de maïs où la passion joue avec les allumettes (La nuit, les chiens) ; ou bien dans l'enclos dérisoire dont on ne peut être chassé sans perdre son identité humaine (En sursis au jardin d'Eden). Le fantastique s'aggrave avec L'Enfant-poisson, poème intégral ; l'humour catastrophe se mue en philosophie héroïque (La théorie de l'homme). Quelque part dans le Sud où gisent les ancêtres des Français du Vieux Monde, M. Léon (Festin de la terre, tribut de l'argile) fait le passeur entre la vie matérielle et le rêve éveillé, spectre de nos mémoires. Dans une langue à la fois connue et inventée, ce sont, en fait, dix minuscules romans que Mark Richard a écrits là, dans la plus pure tradition américaine, renouvelée avec une fraîcheur sidérante.
Nombre de pages
160
Date de parution
04/03/1997
Poids
198g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070724871
Titre
Les glaces de l'envers du monde
Auteur
Richard Mark
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
198
Date de parution
19970304
Nombre de pages
160,00 €
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Au commencement j'étais un enfant, un enfant humain, qui s'enfuit en mer, se changer en poisson", dit la voix qui hante les sables. Un jour de grandes marées, un chalutier noir s'échoue sur une grève. Un enfant, caché sur un toit non loin de là, est témoin d'un meurtre sans le comprendre. Les marins désertent à vue d'oeil : il va falloir recruter. C'est le moment qu'attendait l'enfant. Il s'embarque avec les hommes d'équipage. Tous sont engagés sous la bannière de John, le capitaine qui se dirige avec, pour seule carte, les tatouages gravés sur son corps. La côte s'amenuise et disparaît ; vogue le bateau ivre, le soleil se lève et le soleil se couche, la lune vient se prendre aux gréements, on pêche des requins, on appelle les esprits, on fuit les garde-côtes. D'imprécations en incantations, chacun des matelots de hasard chante sa chanson cruelle...
Les enfants trouvent asile dans de curieux établissements, où l'on pratique une non moins curieuse charité. Les enfants bavardent avec la mort. Les enfants jouent à la guerre, singent les cadavres des tranchées. Ils ont de bonnes raisons, comme lorsque le frère aîné revient à la maison dans une boîte. Les enfants refusent les jouets recyclés que leur offrent les dames des bonnes couvres pour Noël et demandent à la place qu'on leur montre Les Oiseaux, d'Hitchcock. Quant aux pères, ils s'absentent et reviennent dans un drôle d'état, eux aussi. Abîmés, décalés, les personnages de Mark Richard évoluent dans un univers étrange et poétique, une Amérique aussi effrayante que familière, sous le regard d'un nouvelliste fort peu charitable, mais plein d'une compassion sardonique.
Dans la banlieue de Chicago, un prof a été tué dans une salle de classe. Son fils aîné a disparu. Le hasard et la nécessité font qu'un autre prof, homosexuel clandestin, va enquêter et nous révéler des choses déplaisantes sur la prostitution des jeunes et l'industrie du film porno.
Le sexe, la drogue, le rock'n'roll, Mick Jagger... mais qu'en pense Keith Richards? Avec une patience et une admiration à toute épreuve, Mark Blake a recueilli les pensées, les maximes et les aphorismes les plus percutants du bad boy le plus légendaire de l'histoire du rock. Keith Richards se confie peu, mais quand il parle l'effet est saisissant, jugez-en vous même.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.