L'homme était fatigué. Harassé sous le poids d'un fardeau qui ne le quittait que par brefs moments au cours desquels il poussait un soupir bruyant. Par-dessus son haubert à triples mailles, la chlamyde à la croix rouge de l'ordre des chevaliers du Temple s'était voilée de la poussière des chemins. Il avait abandonné son mantel à côté de son épée sur le tabouret de bois où il s'était assis à peine entré dans l'Auberge des Preux. Posés devant lui, un cruchon de vin épicé à sa droite, un gobelet d'étain à sa gauche. Dans la douce clarté d'une lampe à huile, le chevalier vidait l'un en remplissant l'autre, secouant par instants une tête aux cheveux d'un noir luisant qui lui tombaient sur les épaules.Il n'était pas le seul à éprouver un tel épuisement. Depuis que le sultan Saladin s'était emparé de Jérusalem en 1187, après la bataille de Hattin qui avait vu la mort ou l'emprisonnement des plus illustres chevaliers chrétiens, nombre de places fortes stratégiques, dont Acre, Jaffa, Ascalon et Beyrouth, étaient tombées aux mains des musulmans. Jugeant, à tort, que son principal adversaire, Guy de Lusignan, roi de Jérusalem, ne constituait plus une menace pour lui, Saladin venait de le libérer après deux années de captivité. À l'heure où le chevalier Gontran de Hautefort goûtait à la tranquillité de cette auberge, Guy de Lusignan reconstituait une armée dans le dessein de reprendre Acre. Depuis plus d'un an déjà trois royaumes s'étaient alliés pour prêter main-forte aux chrétiens de Terre sainte. La France sous le commandement de son jeune roi Philippe Auguste, l'Angleterre sous celui d'Henri Plantagenêt et le Saint Empire germanique avec l'empereur Barberousse à sa tête. Mais les semaines avaient succédé aux mois et les monarques, empêtrés dans des luttes intestines, tardaient toujours à se mettre en branle.Le chevalier de l'ordre du Temple leva un oeil sombre à mon approche. Il m'adressa néanmoins ce sourire avenant qu'il me réservait à chacune de ses visites, lorsque le soir survenait. J'achevai de me sécher les mains à un torchon de toile.- Vous arrivez bien tard, messire Gontran. Il me reste seulement quelques cuillerées de cette sauce de pois chiches que vous affectionnez.Les pattes-d'oie de ce regard profond, d'un noir de jais, s'étirèrent un peu plus en oblique.- Je m'en contenterai, dame Louane, si vous y ajoutez quelques tranches dorées.Il s'agissait de petites galettes sur lesquelles je tartinais un mélange de blancs neige, de sucre et d'épices avant de les faire griller. Une recette du vieux Mauray de Brocéliande, en terre bretonne, où j'étais née. Une recette que j'avais ressortie du passé en prenant cette auberge avec mon époux Jaufré, huit ans plus tôt, quand nous dûmes admettre que notre exil durerait bien plus longtemps que nous ne l'avions imaginé. Ces fameuses tranches dorées avaient contribué à notre nouvelle renommée. Par manque de denrées, je ne pouvais en cuire que rarement, aussi marquai-je un instant la surprise devant la requête du chevalier, absent de la place depuis quelques jours. Avant de comprendre.- J'imagine que vous avez croisé le sire de Beaufort en remontant la venelle...Il s'autorisa un petit rire d'enfant pris sur le fait.-... qui m'a conseillé de me hâter à moins d'en être privé. Et ma foi, après semblable journée, j'avoue que la perspective de vos pâtisseries m'a fait, quelques minutes durant, le pied plus léger.
Résumé : Paris, 1631. Trois ans déjà que Lucia a quitté Venise. Trois ans qu'elle cherche à rebâtir la vie qu'on lui a volée. Y est-elle parvenue ? Lucia a recréé une imprimerie. Elle compte parmi ses clients l'un des mousquetaires du roi, Aramitz. Elle peut aussi s'appuyer sur l'amitié du grand Coësre, l'énigmatique prince de la cour des Miracles. Et pourtant... Au détour d'une ruelle encombrée, une voix s'élève. C'est Isabella, la courtisane vénitienne qui a précipité sa famille dans le malheur. Isabella, à Paris... L'étau se resserre. Mêlée à un complot contre le cardinal de Richelieu, Lucia sait que la lutte sera sans pitié. Mais elle se révèle une incroyable combattante. Une lionne.
Résumé : Née en 1964, Mireille Calmel écrit depuis l'âge de 8 ans. Ses romans aux héroïnes entières, fières et courageuses connaissent un immense succès : rappelons Le Lit d'Aliénor, Le Bal des Louves, Lady Pirate, Le Chant des sorcières, La Reine de lumière, Aliénor, Richard Coeur de Lion ou encore Les Lionnes de Venise, vendus à près de trois millions d'exemplaires et traduits dans quinze pays. Son nouvel opus, La Fille des Templiers, a paru en 2018. Tous ses ouvrages sont publiés chez XO. Mireille Calmel vit en Aquitaine avec son mari.
Résumé : 19 mars 1314. Jacques de Molay, dernier grand maître de l'ordre du Temple, est brûlé en place publique. Il a été condamné par le roi Philippe le Bel qui reproche aux Templiers de dissimuler un fabuleux trésor. Mais le jour du supplice, une colombe dépose un message entre les mains du souverain. C'est la malédiction, terrible : le roi et ses fils paieront pour ce crime ! 15 juillet 1322. Une jeune paysanne, Flore Dupin, est pourchassée par les soldats de Charles IV. Quel secret détient-elle ? Qu'a-t-elle à voir avec l'ordre du Temple ? Un homme lui confie : "Avant de mourir, le roi a prononcé ton nom ! "
Résumé : Juillet 1322. Royaume de France. "Tous qui avez péché par orgueil, par cupidité. Oui, tous vous mourrez. Lors, Flore Dupin délivrera le baume sacré à qui, d'une autre lignée, l'aura mérité." Ainsi s'est abattue la malédiction sur les derniers Capétiens, coupables d'avoir fait brûler en place publique le grand maître de l'ordre du Temple. Charles IV doit à tout prix retrouver cette Flore qui détiendrait le secret des Templiers : la clé, pour tout souverain, de la bénédiction divine. Le début d'une traque implacable, des palais parisiens aux faubourgs de Londres. Alors que l'étau se resserre autour de Flore, la rumeur enfle : et si la jeune femme avait pour mission de remettre le baume sacré au prince d'Angleterre ? Un seul roi pour les deux royaumes. L'ultime vengeance...
Depuis ses origines, la France marche sur une ligne de crête. Alors qu'elle risque à tout moment de tomber du mauvais côté, les Français, au bord de l'abîme, démontrent une capacité exceptionnelle à puiser dans leurs ressources pour se rassembler et oeuvrer à un sursaut moral, intellectuel et économique. Ce récit plonge loin dans le temps, il raconte Clovis, les foires du Moyen Age, l'édification de notre nation et l'affirmation du caractère français, revient sur les périodes de laisser-aller, de défaites, mais aussi d'incroyables rebonds qu'a connues notre pays, à l'image de la réaction républicaine des Français après la terrible défaite de 1870 face à la Prusse. Avec ce livre, j'ai voulu montrer comment, en France, le meilleur succède au pire et pourquoi la période qui s'ouvre, après les difficultés et les faiblesses de ces dernières années, pourrait être l'une des plus brillantes de notre histoire. Car notre fier pays ne se laisse pas longtemps décliner, il incarne, mieux qu'aucun autre, l'éternel sursaut ! " Nicolas Bouzou.
Partez à la rencontre de Seft tailleur de silex, Joia fille d’éleveur, Pia fille d’agriculteur, Bez homme des bois, et tout un large éventail d’autres personnages. Leurs existences seront liées de plus ou moins près à la création d’un site historique mondialement connu. On découvre le quotidien de ces populations préhistoriques bercées par le rythme des solstices, dépendantes du climat et fragiles face à l’hostilité de certains. Une fresque historique passionnante et richement documentée qui retrace la vie de celles et ceux qui ont permis la construction de ce lieu légendaire : Stonehenge !