Jours de colère. L'exode de l'été 1940 suivi de La marche de la mort, 17 avril - 12 mai 1945
Ribon Michel
L'HARMATTAN
13,00 €
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EAN :9782296970175
Dans le premier récit, L'exode de l'été 1940, l'auteur, âgé de 17 ans en 1940, découvre dans l'exode une France dans la tourmente de l'invasion par les troupes allemandes; une France jetée sur les routes, la peur au ventre, bousculée par un ennemi implacable, une France désorientée qui a perdu ses institutions, ses chefs politiques, ses illusions, et qui subit toutes les conséquences d'un désastre militaire sans précédent. Michel Ribon décrit ici la capitulation, l'humiliation, la naissance de l'esprit de Résistance; autant d'événements et d'avènements qui s'enchaînent dans le tohu-bohu d'une Histoire tragique à qui seule la capacité de s'indigner et de réagir peut donner sens et signification. Le deuxième récit, La Marche de la Mort, est celui du même jeune homme qui, en 1944, à l'âge de 21 ans fut déporté au Struthof, puis en Allemagne, à Schomberg en Forêt-Noire. Dans ce récit, il tente de ressaisir cette expérience de l'ultime marche qui fut la sienne et celle de ses camarades de déportation, dans une pure et ignoble simplicité. Quelques personnages, tous parfaitement authentiques, vivent et meurent tout au long de ce récit: leurs souffrances inouïes, leurs peurs, leurs espoirs, leur désespoir, leur chute, leur courage, leur affrontement quotidien avec une mort atroce, ont toute la résonance des expériences-limites. Il relate aussi sa participation en tant que témoin à charge au procès des nazis des camps de Forêt-Noire (1947-48). Procès, on le verra, qui lui a laissé un souvenir au goût doux-amer.
Nombre de pages
96
Date de parution
14/06/2012
Poids
130g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296970175
Titre
Jours de colère. L'exode de l'été 1940 suivi de La marche de la mort, 17 avril - 12 mai 1945
Auteur
Ribon Michel
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
130
Date de parution
20120614
Nombre de pages
96,00 €
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Pourquoi écrire ? Quête audacieuse et aventureuse d'une demeure, l'écriture est la reconstruction d'un monde et de soi. Emportés par une aventure de l'imaginaire, " les mots veulent qu'on les rêve en les nommant ", tout en acceptant que la plume qui les orchestre les mette en rapports pour leur conférer des vies multiples et les accorder au monde des êtres et des choses qui s'en trouvent transfigurés. Ecriture de l'autre (dans la biographie par exemple) ou de soi (comme dans l'autobiographie), elle est toujours soucieuse de saisir la verticalité de l'œuvre qu'on ne doit pas rabaisser à la vie de son auteur, soucieuse aussi de dresser la figure de l'écrivain au-dessus des aléas du temps horizontal. Car l'œuvre d'un écrivain de talent (dont le secret inavoué est peut-être le transcendantal de toute création) possède le statut d'une quasi-personne définie par l'ambivalence de ses silences, par son ton et son style, par l'ampleur et la nouveauté de sa vision et de son souffle, enfin par son contenu de vérité qui, quels que soient ses thèmes, chante dans le corps de l'œuvre pour lui conférer son effet de présence sacrale. Le thème de la catastrophe, lui, dès la naissance de l'ère de la modernité, semble, dans la littérature comme dans tous les autres arts, avoir prévalu sur les autres thèmes, jusqu'à tenter d'appréhender ou de peindre l'horreur absolue : pour témoigner, dénoncer, apaiser ou conjurer. Mais, toujours, le grand écrivain sait transfigurer les figures du désastre et de la catastrophe et rendre même crédible sous sa plume une alliance de l'horrible et de la beauté. C'est parce qu'il est le cérémonial d'un rite et qu'il a souvent la vertu d'un viatique, que l'acte d'écrire rend irremplaçable l'utilité du livre.
Le propre de l'art est, contradictoirement, d'exprimer le réel en le transfigurant : miroir de vies, il est en même temps créateur de mondes. Toute grande peinture, depuis la Renaissance, peut être rangée dans un cadre général qui définit son être essentiel ; ainsi, des peintres sont affectés par le tourment fécond de la mélancolie ; d'autres par la turbulence et le vertige créateur du non-conformisme ; certains sont travaillés par le démon de l'effacement ou encore par la recherche de l'instant lumineux ; d'autres, enfin, sont obsédés par la vacuité du néant ou inversement par la plénitude de l'être. Mais tous, dans cette aventure, ont tenté de transfigurer diversement le réel et, à des titres divers, ont influé sur l'histoire de l'art en train de se faire. Il arrive que l'on puisse hésiter à ranger arbitrairement un peintre dans un seul cadre : des intentions et motivations essentielles coexistent en lui, on doit le reconnaître. Au total, son choix fondamental déterminant sa stratégie n'est pas exclusif, mais préférentiel ; par exemple, il fait le choix de la mélancolie plutôt que de la turbulence non-conformiste (ou l'inverse) ; il opte (ou l'inverse) pour la gloire de l'instant lumineux plutôt que pour le clair-obscur, la nuit ou le néant ; pour l'effacement plutôt que pour la quête de la plénitude de l'être. Mais une tendance dominante l'emporte finalement chez l'artiste sur toutes les autres possibles.
La question que pose Michel Ribon à travers ce livre - question à laquelle il répond d'ailleurs de façon à la fois philosophique, poétique et esthétique - est la suivante : D'où vient que la musique, qui ne nous montre ni ne nous dit rien de précis, se fasse si bien écouter, au point de nous saisir tout entier? L'irritant secret de la musique se dérobe dans l'Ailleurs et semble délicieusement nous narguer.Selon Michel Ribon, pour bien écouter la musique il faut se garder à la fois de l'interpétation technique du "connaisseur" qui connaît tout de l'oeuvre et n'entend plus que la technique comme de celle du "profanne" qui attend de l'oeuvre qu'elle "berce de son gazouillis le train-train quotidien"Etre à l'écoute de la musique, c'est se rendre sensible, dans la jouissance, au tout de l'oeuvre, à sa pluralité de sens, c'est-à-dire : à sa puissance d'abîme, à son parfum de catastrophe, à son fond de rumeur, à la portée de ses silences, au charme de ses mélodies révélatrices de notre intériorité, à sa double dimension de sacralité et de transcendance, à son rythme affirmateur de Vie.A travers peinture et littérature, dans une constante alternance de comparaison saisissantes, avec une subtile simplicité de discours et une richesse de pensée jamais hermétique ni pompeuse, Michel Ribon nous entraîne dans une vaste promenade à travers le langage de la musique et des arts.Pour lui, tels sont la richesse et le contenu de vérité de l'oeuvre musicale qui, parce qu'elle enchante la senibilité, stimule l'imagination et sollicite la réflexion, jette dans un temps recréé des parcelles d'éternité. En mimant le langage de la révélation, la musique, dans sa générosité, semble nous rapprocher de l'être. Elle nous invite à refaçonner notre être. "Sans la musique, écrivait Nietzsche, la vie serait une erreur".
L'auteur de ce livre a connu l'horreur inqualifiable des camps nazis. L'heure est venue pour lui de chercher à dire quelle force et quelles énergies enfouies en lui et conjuguées à la chance et au hasard lui ont permis de lutter contre toutes les figures de la Mort, multipliées chaque jour par le système concentrationnaire.