Le Menuisier de Nevers. Poésie ouvrière, fait littéraire et classes sociales (XVIIe-XIXe siècle)
Ribard Dinah
SEUIL
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EAN :9782021542400
Le Menuisier de Nevers est un nom d'auteur. C'est même le premier à être devenu célèbre parce que celui qui s'en servait proclamait dans ses livres qu'il était un ouvrier. Tout ici est étonnant : la date d'abord, autour de 1640, bien en amont de l'industrialisation de la France et d'une démocratisation de la culture ; la disparition complète du canon littéraire, ensuite, de ce poète longtemps fameux, réédité, lu et commenté, qui s'appelait en fait Adam Billaut. La chronologie de la poésie ouvrière pose le problème historique qui se trouve au coeur de ce livre. La littérature n'a pas attendu que les ouvriers deviennent des acteurs de l'histoire, au XIXe siècle, pour consacrer des auteurs issus du peuple laborieux. L'apparition de ce travailleur manuel sur la scène littéraire à l'époque de Louis XIV prouve que la littérature n'enregistre pas le mouvement de l'histoire : elle est une forme d'action qui transforme les voies d'accès à la parole publique et façonne l'histoire des classes sociales. Au cours des deux siècles suivants, on a trouvé naïve et populaire la poésie très savante de ce "Virgile au rabot" . Exception glorieuse dans une société férocement hiérarchique, sa figure a maintenu hors de la littérature les très nombreux artisans qui ont composé des vers dans cette période. Elle a ensuite été relayée par les ouvriers poètes qui ont intéressé un moment les éditeurs et écrivains progressistes de l'époque industrielle. En retrouvant tout ce peuple d'auteurs, Dinah Ribard montre que la littérature est une contribution essentielle à l'histoire de l'inégalité.
Nombre de pages
394
Date de parution
27/10/2023
Poids
532g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782021542400
Titre
Le Menuisier de Nevers. Poésie ouvrière, fait littéraire et classes sociales (XVIIe-XIXe siècle)
ISBN
2021542408
Auteur
Ribard Dinah
Editeur
SEUIL
Largeur
155
Poids
532
Date de parution
20231027
Nombre de pages
394,00 €
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Ce livre rassemble des historiens, des sociologues et des spécialistes de la littérature qui explicitent la manière dont se nouent les rapports entre les écrits et la vie de leurs auteurs. Comment faire leur juste place à ces écrits et les interpréter dans l'analyse des parcours de ceux qui les ont composés, conservés ou publiés ? Les réponses sont ici présentées en reprenant des cas concrets de recherche : on rencontrera des écrivains patentés des époques moderne et contemporaine, mais également des jésuites rédigeant des lettres pour partir aux Indes, des fanatiques religieux, des littérateurs qui font aussi une carrière militaire sous la Révolution, des juristes du temps de Louis XIV, un petit noble tenant journal, un secrétaire auteur, un prince factieux écrivant des manifestes.
Dans l'Antiquité, le héros de la tragédie, parce qu'il ne contrôle plus ses actes, commet un crime contre l'ordre du monde. Au XVIIe siècle, la tragédie classique met sur scène des personnages dominés par leurs passions. Le XXe siècle se plaît à réécrire la tragédie en y incluant une dimension parodique. Le modèle résiste donc à l'usure du temps, se transformant et renaissant à l'envi. C'est que le spectateur, ou le lecteur que vous êtes, peut, avec elle, méditer sur le sens de la vie : cette invitation à penser est évidemment intemporelle. L'accompagnement critique de cette anthologie met en relation le genre théâtral (la tragédie) et le registre (le tragique). Il suit l'évolution du héros tragique et expose les questions esthétiques et éthiques posées par le registre. Les 52 extraits empruntent au théâtre mais aussi au roman, à la poésie, à l'essai, avant de conclure, avec les penseurs antiques ou modernes, sur les enjeux de la tragédie.
Il existe un débat récurrent entre littérature et histoire, formulé dans les deux disciplines. Les études littéraires posent traditionnellement la question de l'inscription de l'oeuvre dans des " contextes " ou une " époque " et, pour la poser, l'histoire littéraire la plus récente tente d'intégrer au plus près des textes les acquis de la recherche historique. Mais elles interrogent peu l'historicité fondamentale de la littérature comme pratique sociale et mode de qualification des écrits. Les historiens, eux, vivent la littérature sur le mode de la tentation : ils aimeraient considérer les textes comme des sources, notamment sur le monde social, mais ont souvent du mal à développer une méthodologie adaptée, prenant en compte la littérature en tant que telle et les acquis de la recherche littéraire. Cet ouvrage, écrit par deux spécialistes d'histoire sociale du livre et des usages de l'écrit, rend compte des diverses manières de faire de l'histoire avec la littérature, s'attache à définir méthodiquement les usages de la littérature en histoire, et développe une série de terrains ouverts par l'exploration proprement historique de la littérature (l'histoire du livre et de la lecture, la littérature comme activité sociale, la littérature comme politique, la littérature et le discours social).
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
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