Histoires d'escrocs. Tome 1, La vengeance par le crédit ou Monte-Cristo
Rey Jean-Michel
OLIVIER
16,00 €
Épuisé
EAN :9782823601602
Extrait de l'avant-proposTout le monde connaît les grandes lignes du roman d'Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo. En 1815, Edmond Dantès, jeune officier de marine, rentre à Marseille. Il doit se fiancer avec la belle Mercedes. Danglars et Fernand, jaloux de son bonheur, accusent Dantès, dans une lettre anonyme, de fomenter un complot bonapartiste: la preuve en est qu'il a fait escale à l'île d'Elbe. Caderousse s'est joint à cette dénonciation qui n'a strictement aucun fondement. Edmond est arrêté le jour même de ses fiançailles. L'armateur Morrel intervient en vain auprès du procureur Villefort. Sur le point de libérer Dantès, Villefort découvre que ce dernier est en possession d'une lettre, adressée à son père, qui est susceptible de compromettre sa propre carrière. Il détruit la lettre et fait enfermer Edmond Dantès, au château d'If, dans les pires conditions. Après plusieurs années, Edmond y rencontre l'abbé Faria, vieil érudit qu'on croit fou. Il se lie d'amitié avec lui. L'abbé Faria fait comprendre à Edmond toute la machination dont il a été l'objet, l'«obscurité de son propre malheur», et lui révèle aussi un secret: un trésor considérable se trouve sur l'île de Monte-Cristo, qu'il lui lègue donc de la sorte. Edmond parvient à s'échapper de sa prison à la mort de Faria, en prenant sa place dans le linceul jeté à la mer. Grâce au trésor, il devient le détenteur d'une immense fortune et s'installe à Paris où il prend le nom de Comte de Monte-Cristo. Devenu extrêmement riche et très puissant, il est respecté et craint de toute la société.Il retrouve l'un après l'autre ceux qui l'ont injustement dénoncé et, par différentes ruses, devient le familier de chacun. Le principal de son activité va consister à ménager des rencontres avec ses accusateurs et à s'introduire peu à peu dans leur intimité, de manière à mettre en oeuvre pour chacun le mode de vengeance le plus efficace. Une grande partie du roman raconte les étapes de cette vengeance, accomplie grâce au fait qu'il est capable de prendre des identités différentes et qu'il est devenu un intime de ses ennemis. Ceux qui l'ont dénoncé - Danglars, Fernand et Caderousse - sont punis par Monte-Cristo, mais aussi Villefort qui avait tout intérêt à le faire condamner. La vengeance est, à chaque fois, d'une extrême violence: elle touche les individus concernés autant que leur famille et leurs biens.Je ne reprends ici que les épisodes de la vengeance qui s'exerce contre Danglars, le comptable de l'entreprise de navigation dans laquelle travaillait Edmond Dantès, un homme devenu entre-temps banquier et baron, bien installé dans la société du moment. C'est d'ailleurs le seul à avoir gardé son véritable nom. Depuis la condamnation de Dantès, il s'est considérablement enrichi et a été anobli.
Résumé : La démarche provocante de Péguy défie la sensibilité moderne. En ce sens, il est un auteur scandaleux. A la fois catholique et anticlérical, d'une vigilance exemplaire pendant l'affaire Dreyfus, Péguy est un paradoxe vivant, lui qui toujours s'oppose aux forces diverses que peut revêtir le progrès. Il se bat contre les institutions : la Caisse d'Epargne, l'Eglise, les historiens positivistes et tous ceux qui font de la science une nouvelle religion. Ses ennemis sont autant les "curés laïcs" que les "curés ecclésiastiques". Sa hantise : la question de la culpabilité. Alors Péguy, un écrivain catholique ? un apôtre du nationalisme ? L'affaire n'est pas classée. Au terme d'une lecture attentive de son oeuvre, Jean-Michel Rey découvre, dans cette Colère de Péguy, une des grandes figures de la mystique chrétienne. Un écrivain célèbre et mal connu.
Résumé : Nous vivons sans le savoir les contrecoups d'un grand traumatisme : celui de la Banqueroute de 1720, qui vit à la fois l'instauration du crédit public en France et sa destruction, l'invention du papier-monnaie et sa ruine. Cette histoire, qui s'est répétée avec l'épisode des assignats sous la Révolution française, a été maintes fois réécrite par les historiens - Michelet, Quinet -, les philosophes - Montesquieu, Hume, Burke, Destutt de Tracy, Nietzsche - et les écrivains - Marivaux, Alexandre Dumas, Goethe, Melville, Musil. Cet événement majeur excède donc les cadres de la stricte économie politique. Tout se passe comme si c'était le régime même du sens qui se trouvait là ébranlé, ou plutôt comme si le crédit devenait, à partir de cette crise historique, le moteur paradoxal des sociétés modernes. Ouvrant une nouvelle ère, il dérègle la mesure du temps : la confiance aveugle placée dans l'avenir, obligeant le futur à faire effraction dans le présent, fonde et fragilise à la fois le nouvel ordre. Evoquer le crédit, ce temps qu'il instaure et qui est encore nôtre, c'est aussi aborder la question des " valeurs " en général et de leur fragilité. Parmi celles-ci, puisque la crise touche au principe du fiduciaire, ce sont les divers usages du " papier " qui sont remis en question. Les écrivains se sont donc emparés de cette notion, où se joue désormais l'essence de leur art. Les écouter et les prendre au sérieux peut nous aider à mieux saisir les ressorts de cette " confiance " dont on espère, encore et toujours, le retour.
Le présent essai reprend les propos mis en place dans Le temps du crédit où l'auteur analysait l'irruption du crédit comme moteur des sociétés modernes. Les ?uvres de Artaud, Nietzsche et Simone Weil sont ici considérées comme symptomatiques: toutes trois se construisent dans la communauté qu'elles cherchent à instituer par la confiance sans cesse requise de leurs lecteurs. Ces trois études ménagent des rapprochements avec d'autres auteurs: Bentham, Kierkegaard, Musil, Péguy ou Valéry qui, eux aussi, sont attentifs au statut fiduciaire de certains discours, par lesquels s'éclairent les enjeux de notre civilisation: à la fois ce qui la menace et ce sur quoi elle repose. Dans ces différentes configurations, l'?uvre en quête d'une communauté apparaît comme ce qui doit s'arracher, non sans violence, aux contraintes de ce crédit et à l'assujettissement qu'il représente. Ne reposant sur rien, elle a parfois la forme étrange d'une promesse singulière, s'adressant à un "nous" toujours problématique
Tu n'es plus drôle, Guélao. Terrible sentence. Si je n'étais pas drôle, à quoi employer mes jours ? ". A huit ans, Guélao découvre qu'il a un don : celui de faire rire les autres. Plus tard, il décide de devenir humoriste. Mais est-ce vraiment un métier ? Et que faire quand les lumières s'éteignent et que la solitude s'invite sans demander votre avis ?
Percival Everett reprend les personnages et l’aventure épique du chef d’œuvre de Mark Twain « Les aventures d’Huckleberry Finn », mais retourne les rôles et fait de Jim (qui choisira de s’appeler James), l’esclave, le personnage principal. Une œuvre romanesque remplie d’humanité qui nous plonge au cœur de l’Amérique du XIXème siècle et de la guerre de Sécession, et qui dresse le portrait émouvant d’un homme qui sait la puissance des mots.
Oscar, vingt-cinq ans, travaille comme livreur d'électroménager pour une grande enseigne. Les journées se succèdent : zones périphériques qui se ressemblent toutes, trajets en camion, clients plus ou moins aimables, musique partagée et cafés trop serrés. Puis viennent les soirées à refaire le monde, la fatigue et les lendemains brumeux. Autour de lui, il y a Kamel, le collègue danseur, Toutac et Sanders, les potes d'enfance. En miroir, il y a Clément, le frère modèle, celui qui avance pendant qu'Oscar stagne, moteur allumé mais itinéraire inconnu. Quand Chloé, un visage du passé, réapparaît par hasard, une fissure s'ouvre dans la routine et ravive chez Oscar le besoin de reprendre la main sur sa vie. Pilote automatique raconte la lente usure du quotidien et du travail, les fidélités qui sauvent et le désir têtu de recommencer. Eliot Ruffel déploie une langue à la fois orale et poétique, capable de saisir la beauté des gestes ordinaires.
Ce que je regrette de ne pas avoir su : Bloquez tout le monde sur votre messagerie instantanée. Les quatre dernières années de psychanalyse sont une dépense inutile. L'avion ne va pas s'écraser. Tout ce qui vous déplaît dans votre corps à l'âge de trente-cinq ans, vous le regretterez à l'âge de quarante-cinq. Si la chaussure ne vous va pas dans le magasin de chaussures, elle ne vous ira jamais. Quand vos enfants sont adolescents, il est important d'avoir un chien pour que quelqu'un dans la maison soit content de vous voir." J'en fais toute une histoire peut se lire comme un manuel de survie dans le monde moderne ou un one-woman show sur la "condition féminine". Tout y passe : l'amour, le divorce, l'argent, les enfants, la chirurgie esthétique... Nora Ephron s'empare de chaque sujet avec ironie, sans jamais oublier d'être tendre.
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
A partir d'un souvenir de lecture d'enfance, un Cosette abusivement attribué à Victor Hugo, Tiphaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables en France et à l'étranger. Elle révèle comment ce roman, dès sa parution, a été abrégé, adapté, traduit, illustré, réécrit, jusqu'à devenir l'un des récits les plus réappropriés au monde. Plus le livre est transformé, plus il devient mémorable. La question "Faut-il réécrire les classiques ? " apparaît dès lors comme une fausse question : ils ne sont tels que par leur constante adaptation aux goûts et aux attentes des époques successives. De Shakespeare aux contes de fées, de Montaigne à Mark Twain ou Agatha Christie, des traductions aux versions réduites, des transpositions aux mises en scène, l'autrice montre qu'un classique ne se définit pas par son intouchabilité, mais par sa capacité à s'affranchir de son original. Face à des polémiques souvent caricaturales opposant "cancel culture" et sacralisation du passé, ce livre privilégie la nuance, l'enquête et une érudition généreuse. Il préfère la démonstration à l'indignation pour affirmer une idée simple et stimulante : la réécriture n'est pas synonyme d'annulation, bien au contraire, puisqu'elle prolonge le plus souvent la vie des oeuvres en élargissant leur partage et en pérennisant leur mémoire.