J'avais un goupil de rêve, queue touffue, touffue, oreilles tachées de noir, ils l'ont tué. S'ils avaient pu, ils nous auraient tous tués, mais nous étions partis dans les montagnes, là où ils ne pouvaient pas nous tuer. Nous attendions la neige, comprenez-vous, on ne peut pas tuer dans la neige des monts. Ils avaient beau faire des comptes, entamer des procédures, faire durer le plaisir, clamer leurs bonnes raisons sur tous les toits en brandissant des preuves plus fausses les unes que les autres, ils ne pouvaient pas nous tuer. Brandir des preuves aux assises ? Le roman est un drôle de rêve, tellement faux qu'il a vraiment l'air vrai. On ne prépare pas plus la venue d'un roman qu'on ne prépare celle d'un rêve. On voit. Ou pas. Un homme de haute stature se lave les mains... Antonia Pozzi le savait : C'est l'hiver ? mon âme ? C'est l'hiver. P. R.
Nombre de pages
240
Date de parution
10/01/2020
Poids
230g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782252044766
Titre
L'artiste en petites choses
Auteur
Reumaux Patrick ; Tuot Noël
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
120
Poids
230
Date de parution
20200110
Nombre de pages
240,00 €
Disponibilité
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Nommé assistant au laboratoire de cryptogamie du Muséum d'histoire naturelle, Henri Ferrare se consacre à l'étude du genre Inocybe, l'un des plus ardus parmi les genres d'Agarics ochrosporés. Taillé sur le modèle pervers, il collectionne, outre les sporées, les souvenirs, particulièrement ceux que se rattachent à une critique situé au-delà d'immenses tables rocheues visibles à marée basse. Si Ferrare rassemble ainsi les fils de sa mémoire, c'est qu'il a l'obsession des liens, que ce soient les liens noirs des algues, les résilles, les corsets ou les liens conjugaux. Lorsque Jeanne paraît dans sa vie, il se découvre une vocation nouvelle : celle de voleur d'âme. Mais, telle une graine de chardon, l'âme de Jeanne vagabonde sur des paysages de plus en plus lointains, et le ciel d'Henri devient d'une pâleur insupportable à regarder. Rompre les liens est un danger mortel, mais quand on est déjà mort c'est s'offrir de donner le corps de Jeanne aux chiens.
Ces poèmes ont la forme de distiques d'inspiration populaire, avec des titres étranges, des images neuves. L'auteur emprunte à la chanson son rythme, à la comptine son invention, à la contrepèterie son comique, à la fantaisie hoffmannesque quelques thèmes ou quelques personnages. Jonglerie savoureuse qui éclaire, comme par une série de flashes, tout un petit monde, avec ses scènes, ses paysages.
Un jeune homme, Henri Ferrare, rêve son enfance, sa vie, son amour. Un jour, en traçant un "d" minuscule suivi d'une apostrophe, il voit apparaître sur le papier le corps vivant d'une jeune fille. Elle n'a pas de nom. Elle vient de naître. Elle ressemble à un cygne. Parallèlement, et comme un contrepoint à la vie rêvée d'Henri Ferrare, se joue le destin de Ferdinando Bersagliera, enfant miséreux des bas-fonds de Naples, adolescent avide et sans scrupules, qui passe de la pègre à la haute société où il rencontre la lointaine Emilia di Montechiaro, réussit à se faire aimer d'elle et se tue le jour de ses noces. Ferrare et Bersagliera mènent à travers cet étrange et merveilleux récit une double vie passionnée et nostalgique dont chaque acte, chaque illusion, chaque rêve oscillent entre le désespoir et le désir. La jeune fille au cygne a-t-elle existé ailleurs que dans l'imagination de ce narrateur unique qui n'accepte d'atteindre une impérissable réalité qu'à travers le jeu terrible, lumineux et tendre des métamorphoses ...
Ces poèmes, reflets et gerbes de ruptures, écrits au hasard des lumières et des ciels, ces poèmes de l'ailleurs du monde ne sont rien que des images. Je ne puis dire ni qu'ils me répondent, ni qu'ils ne me répondent pas, parce que l'indifférence et l'abandon qui ont présidé à leur naissance ne m'appartiennent pas vraiment", Patrick Reumaux.
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.