Ingeborg Bachmann (1926-1973) n'a vécu que 47 ans, mais son oeuvre, dont une partie importante resta inachevée, constitue l'une des productions de langue allemande les plus remarquables du Siècle. Moins connue en France que d'autres écrivains d'origine autrichienne, dont certains qu'elle a connus ou aimés, comme Paul Celan ou Thomas Bernhard, l'univers de cette auteure engagée est déchiré entre une tradition dont elle hérite, marquée par la guerre et le national-socialisme, et le monde tel qu'elle l'esquisse et le rêve dans son oeuvre lyrique ou en prose. Elle inventa une pensée sans précédent, mouvante, oscillante, qui a préfiguré bien des évolutions ultérieures et s'est matérialisée dans la déconstruction des genres. Biographie de l'auteur Françoise Rétif, est professeure de littérature allemande et autrichienne à l'université de Rouen. Spécialiste du romantisme, de la littérature du XXe siècle et des études de genre, elle a coordonné en France et en Allemagne de nombreux ouvrages, notamment sur Ingeborg Bachmann, Franz Kafka, Elfriede Jelinek, ainsi que sur les mythes et la différence sexuelle. Elle est en outre l'auteure d'un essai sur Simone de Beauvoir et éditrice et traductrice de récits de Achim von Arnim.