« Une révolution se prépare ! L'esprit d'insubordination s'étend, se propage ! C'est la plus basse classe qui fermente sourdement. Écoutez la voix d'un plébéien qui vit avec le peuple, qui connait ses secrètes pensées. » Dès 1780, Nicolas Retif de La Bretonne (1734-1806) annonce la Révolution. Observateur passionné, ce fils de paysans bourguignons, devenu apprenti typographe à 17 ans, vit à Paris alors qu'une société s'écroule et que naît un monde nouveau. Retif fait corps avec cette ville, à ses yeux résumé et théâtre du monde, avec son peuple qui l'inspire et nourrit sa verve. Coiffé de son feutre mou, drapé de son lourd manteau bleu, le hibou-spectateur nocturne hante Paris. Se glissant dans les ruelles, pénétrant dans les bouges et dans les maisons particulières, parlant avec les humbles comme avec les grands, écoutant aux portes, ramassant informations et ragots, Retif voit et note tout. Ainsi, chaque matin, au retour de ses déambulations, fixe-t-il, en une langue enfiévrée, la rumeur de l'Histoire et les couleurs du temps. Poussé par l'urgence et le besoin, l'artisan-typographe imprime au fur et à mesure qu'il écrit. Mais, Retif, s'il colle à l'actualité, sait aussi la transfigurer, peuplant les nuits de ses fantasmes ; ces nuits étranges où fête et tragédie dessinent de rougeoyants halos. Retif de La Bretonne est l'auteur d'une oeuvre prolifique (plus de deux cents volumes), touchant aux sujets les plus divers. Les Nuits révolutionnaires (XVe et XVIe parties des Nuits de Paris) comptent parmi les pages les plus fortes de celui que Valéry plaçait au-dessus de Rousseau. Un livre tumultueux pour comprendre, de l'intérieur, la Révolution française.
Nombre de pages
186
Date de parution
02/05/2024
Poids
292g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782846213547
Titre
Les nuits révolutionnaires 1789-1793
Auteur
Retif De la bretonne nicolas
Editeur
PARIS
Largeur
150
Poids
292
Date de parution
20240502
Nombre de pages
186,00 €
Disponibilité
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En 1783, à la parution du livre, Rétif a cinquante ans, comme son héros. Car cette histoire, la dernière aventure d'un vieux séducteur, il l'a vécue. Le roman est une autobiographie déguisée, récit d'une expérience cruelle : la jeune et belle Sara, qu'il aime et qui lui dit l'aimer, vend ses faveurs à d'autres. C'est la découverte, avec la jalousie, de l'illusion amoureuse, du mirage de l'amour, toujours déçu et toujours renaissant. C'est aussi la prise de conscience brutale de la vieillesse, du corps qui cesse d'être désirable : la fin d'une carrière de séducteur. L'ambition de Rétif est de confondre sa vie avec l'écriture : toute son ouvre est une recréation littéraire de sa vie, annonçant la pratique actuelle de l'autofiction. Tel un Rousseau libertin, il place la sincérité au-dessus de tout, et raconte ses conquêtes féminines comme ses échecs et humiliations. Ce très beau roman, mélancolique et jamais moralisateur, est une ode à la jeunesse et à l'amour perdus.
L'autobiographie de Nicolas Rétif de La Bretonne, c'est son ouvre tout entière. Dont le moindre texte place sous une lumière oblique une face ailleurs cachée de ce Protée des lettres. Dont l'ensemble révèle un homme, un amant, un auteur, tel qu'il est ; tel, aussi, qu'il se rêve : augmenté du réseau de ses possibles. Vivre, pour ce graphomane, c'est écrire ; pour ce " polyéraste ", c'est séduire. Au centre de la toile, Monsieur Nicolas. Ici, bas les masques, nous dit-on. Mais Rétif confond volontiers souvenir et fantasme. Qu'importe, somme toute. Son autobiographie - qui peut sembler naïve, hétéroclite, obsessionnelle - est l'histoire d'une création, le dévoilement du cour humain, la mise à nu de l'imaginaire et de la sensibilité d'un écrivain des dernières décennies du XVIIIe siècle. Le livre manque peut-être de recul, mais c'est par ses débordements qu'il s'impose aujourd'hui, par sa volonté pathétique de dire la fuite du temps, et l'impermanence des vertus et des passions de l'homme. La présente édition, établie par Pierre Testud d'après l'originale, fait date : que celui qui était encore pour Sainte-Beuve " l'ignoble Rétif " entre dans la Pléiade marque une étape importante dans la tâche de démythification du personnage à laquelle s'est attelée la critique depuis les années 1950. L'abondante annotation, qui procure tous les éclaircissements nécessaires, fait la part belle aux citations du reste de l'ouvre de Rétif, presque entièrement hors d'accès du public. Et l'on trouvera, en appendices, des textes jamais réédités depuis le XVIIIe et qui couronnent cette nébuleuse qu'est le récit de Monsieur Nicolas.
L'autobiographie de Nicolas Rétif de La Bretonne, c'est son ouvre tout entière. Dont le moindre texte place sous une lumière oblique une face ailleurs cachée de ce Protée des lettres. Dont l'ensemble révèle un homme, un amant, un auteur, tel qu'il est ; tel, aussi, qu'il se rêve : augmenté du réseau de ses possibles. Vivre, pour ce graphomane, c'est écrire ; pour ce " polyéraste ", c'est séduire. Au centre de la toile, Monsieur Nicolas. Ici, bas les masques, nous dit-on. Mais Rétif confond volontiers souvenir et fantasme. Qu'importe, somme toute. Son autobiographie - qui peut sembler naïve, hétéroclite, obsessionnelle - est l'histoire d'une création, le dévoilement du cour humain, la mise à nu de l'imaginaire et de la sensibilité d'un écrivain des dernières décennies du XVIIIe siècle. Le livre manque peut-être de recul, mais c'est par ses débordements qu'il s'impose aujourd'hui, par sa volonté pathétique de dire la fuite du temps, et l'impermanence des vertus et des passions de l'homme. La présente édition, établie par Pierre Testud d'après l'originale, fait date : que celui qui était encore pour Sainte-Beuve " l'ignoble Rétif " entre dans la Pléiade marque une étape importante dans la tâche de démythification du personnage à laquelle s'est attelée la critique depuis les années 1950. L'abondante annotation, qui procure tous les éclaircissements nécessaires, fait la part belle aux citations du reste de l'ouvre de Rétif, presque entièrement hors d'accès du public. Et l'on trouvera, en appendices, des textes jamais réédités depuis le XVIIIe et qui couronnent cette nébuleuse qu'est le récit de Monsieur Nicolas.
Qui Rétif rencontre-t-il lorsqu'il se promène la nuit du côté des Tuileries, de la foire Saint-Laurent, du Jardin des plantes, au bal de l'Opéra ou dans les allées du nouveau Palais-Royal ? Une Vaporeuse, une fille violentée, une fille perdue, une fille honteuse, une fille ensevelie vivante, un homme aux lapins, un homme qui ne dépense rien, un décolleur d'affiches, un homme échappé au supplice, un pendu puis rompu, des bouchers, deux abbés qui se battent en duel, un garçon en fille, des tueurs-de-temps, des violateurs de sépultures, des balayeurs, des acteurs, des littérateurs et toutes les " incongruités nocturnes " qu'offrent les bas-fonds, les ruelles, les bals, les cafés et les cachots de Paris à la veille de la Révolution. Les surréalistes se souviendront du Paris de Rétif, qui est déjà celui de Nerval et de Baudelaire.
Ce tome 3, qui court sur près de 250 ans, évoque de nombreuses figures qui ont marqué leur époque et donné à la France un accent particulier : pasteurs, banquiers, écrivains, peintres, cinéastes, artistes, savants, industriels, sportifs, voyageurs... Parmi les 1500 notices, notons Pierre Loti, le baron Haussmann, Hermès, Gérard Larcher, Pierre Joxe, Lionel Jospin, Elisabeth Labrousse... Un ouvrage au carrefour de l'histoire, de la sociologie, de la culture, de la religion et de la politique, qui intéressera les protestants mais aussi tous ceux que passionne l'histoire religieuse, et les généalogistes.Un collectif regroupant 160 collaborateurs spécialistes des différents champs abordés dans les notices est placé sous la direction de Patrick Cabanel et André Encrevé, deux des principaux historiens du protestantisme en France, membres du comité de la SHPF. Le premier, auteur, entre autres, en 2012, d'une Histoire des protestants en France, XVIe - XXIe siècle et de nombreux autres ouvrages, est directeur d'étude en "histoire et sociologie des protestantismes" à l'Ecole pratique des hautes études ; le second, auteur, en 2001, de L'expérience et la foi, pensée et vie religieuse des huguenots au XIXe siècle, est professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université de Paris-Est Créteil.
Le tome 4 du Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours couvre les lettres M à Q. Il comprend quelque 1170 notices, comme les tomes précédents, rédigées par de nombreux collaborateurs et collaboratrices, généralement universitaires. Y sont représentés toutes les familles du protestantisme (réformés, luthériens, membres d'autres dénominations protestantes), tous les milieux sociaux (des pasteurs aux banquiers, des savants aux cinéastes, des dynasties industrielles aux figures de la vie intellectuelles, etc.), tous les modes d'appartenance au protestantisme (des pratiquants réguliers à ceux qui n'entretiennent que des liens ténus avec les Églises). Quelques noms de ce tome 4 : les banquiers Mallet, les producteurs de cognac (Martell) et d'absinthe (Pernod), l'auteur du best-seller de cuisine Ginette Mathiot, le footballeur Blaise Matuidi et le rugbyman Picamoles, le prix Nobel de médecine Jacques Monod, l'industriel de l'électricité Ernest Mercier et celui du textile Oberkampf, l'acteur Mounet-Sully, les écrivains André Pieyre de Mandiargues, Jean Paulhan, Francis Ponge, les hommes politiques Marat (oui !), Louis Mexandeau, André Philip, les dynasties des Mieg, des Peugeot, des Pourtalès ou des Puech (Hermès), les pédagogues Oberlin et Pécaut, l'inventeur de la source Perrier, le cinéaste Nicolas Philibert, le pasteur Roland de Pury, la théologienne France Quéré…
Biographie de l'auteur Patrick Cabanel, professeur à l'université de Toulouse (auteur notamment d'une Histoire des protestants en France, XVe-XXe siècle, Fayard, 2012). André Encrevé, professeur émérite à l'université de Paris-XII (auteur notamment de : Les protestants en France de 1 800 à nos jours, Stock, 1985).
Le journaliste et écrivain Pierre Merle, parisien, linguiste de plein vent, travailleur de l'oreille qui traîne et à qui l'on doit de nombreux ouvrages sur la langue française (Dictionnaire du français branché, Dico de l'argot fin de siècle, Nouveau dictionnaire de la langue verte...) s'attaque ici à une mode qui ne cesse de s'amplifier et qui vise à remplacer le langage populaire, dur. coloré, vivant, incisif, pittoresque qui nomme un chat un chat et dont les trouvailles et l'irrévérence nous enchantent, par une langue lisse, neutre, morte en un mot. A l'image d'une société infantilisée, molle, prudente, pétocharde, où tout le monde est censé se ressembler, s'aimer et se féliciter de cette uniformisation, la langue s'affadit, se banalise, perd tout relief, toute originalité. toute saveur. Dans ce dictionnaire/pamphlet, l'auteur relève le vocabulaire qui s'est substitué aux expressions et mots hauts en couleur, de plus en plus frappés d'ostracisme, voire interdits sous peine de poursuites, une occasion de dénoncer la bien-pensance générale, le conformisme branché qui sévissent aujourd'hui, et de rappeler que la langue est le pouls de la société et que l'affadissement, la castration de l'une renvoie toujours à celles de l'autre. Un livre salutaire.