Extrait Debout au point du jour sur les marches froides de son perron de devant, Ree Dolly sentit venir des rafales et vit la viande. Elle pendait à des arbres de l'autre côté du ruisseau. Les carcasses de chair pâle suspendues aux branches basses des sapins luisaient d'un éclat graisseux dans les jardins adjacents. Trois baraques bancales et décrépites s'alignaient comme agenouillées sur la rive opposée et chacune présentait au moins deux torses écorchés dodelinant au bout d'une corde à des rameaux dépouillés, venaison abandonnée deux nuits et trois jours aux intempéries afin que le premier stade de la putréfaction pût bonifier leur saveur et attendrir cette chair jusqu'à l'os. Des nuages de neige avaient remplacé l'horizon, coiffant sombrement la vallée, et un vent coupant soufflait, tant et si bien que la viande accrochée tourbillonnait aux branches sautillantes. Ree, brunette de seize ans à la peau laiteuse et aux yeux verts effrontés, se tenait face au vent, bras nus dans sa robe frémissante au tissu jauni, les joues en feu comme après une paire de claques. Elle se dressait toute droite dans ses rangers, la taille fluette mais les bras et les épaules charnues : un corps fait pour bondir au-devant des besoins. Elle flaira le givre et l'humidité dans les nuages menaçants, songea à sa cuisine sombre et à son placard misérable, jeta un regard sur la maigre pile de bois et frissonna. Le temps promettait de geler raide comme bois la lessive accrochée dehors et elle allait devoir tendre des cordes à linge dans la cuisine, au-dessus du poêle ; le piètre tas de petit bois qu'elle avait disposé dessous ne durerait pas assez longtemps pour sécher grand-chose, sinon les dessous de maman et quelques T-shirts des garçons. Ree savait qu'il ne restait plus d'essence pour la tronçonneuse, de sorte qu'elle devrait manier la hache dehors pendant que l'hiver soufflerait dans la vallée et s'abattrait tout autour d'elle. --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
Nombre de pages
98
Date de parution
10/04/2011
Poids
435g
Largeur
186mm
Plus d'informations
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EAN
9782203018211
Titre
Un hiver de glace
Auteur
Renard Romain ; Woodrell Daniel
Editeur
CASTERMAN
Largeur
186
Poids
435
Date de parution
20110410
Nombre de pages
98,00 €
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Après un premier roman, Samuel Beauclair s'installe à Melvile dans une maison ayant appartenu à son père, lui-même romancier. En proie à une dépression créative et amoureuse, il ne parvient plus à écrire. Il espère trouver dans les lieux de son enfance une nouvelle sérénité, loin des noirceurs du passé. A la suite d'une double rencontre, celle des frère et soeur, Rachel et David, Samuel ouvrira des portes trop longtemps restées closes. Mais c'était sans compter qu'ici, à Melvile, certains démons, certaines légendes prennent chair et corps bien plus facilement qu'ailleurs...Notes Biographiques : Né en 1975, diplômé de l'Institut Saint-Luc à Bruxelles, Romain Renard est auteur de bandes dessinées, scénographe, graphiste et musicien. Il a travaillé à l'élaboration de jeux videos, conçu des spectacles avec Franco Dragone et pascal Jacob et est auteur-compositeur notamment pour le groupe rock ROM. Chez Casterman, il a signé American Seasons (sur scénario d'Yves Vasseur), primé meilleur album au festival du Polar de Cognac en 2005, The End, Jim Morrison, en 2007, l'adaptation du roman de Daniel Woodrell, Un hiver de glace, en 2011 et les illustrations pourle City-Guide Montreal/Québec aux éditions Lonely Planet/Casterman. Avec le one-shot Melvile, il réalise une oeuvre forte et personnelle qui témoigne d'une maturité artistique certaine. Né en 1975, diplômé de l'Institut Saint-Luc à Bruxelles, Romain Renard est auteur de bandes dessinées, scénographe, graphiste et musicien. Il a travaillé à l'élaboration de jeux videos, conçu des spectacles avec Franco Dragone et pascal Jacob et est auteur-compositeur notamment pour le groupe rock ROM. Chez Casterman, il a signé American Seasons (sur scénario d'Yves Vasseur), primé meilleur album au festival du Polar de Cognac en 2005, The End, Jim Morrison, en 2007, l'adaptation du roman de Daniel Woodrell, Un hiver de glace, en 2011 et les illustrations pourle City-Guide Montreal/Québec aux éditions Lonely Planet/Casterman. Avec le one-shot Melvile, il réalise une oeuvre forte et personnelle qui témoigne d'une maturité artistique certaine.
Résumé : "Vous savez qui je suis ? Je suis la mauvaise nouvelle qui vous arrive comme ça, sans prévenir, et qui vous rappelle que vous êtes mortel." Seth Picot. Alors que de l'autre côté de la vallée, Samuel Beauclair tente de retrouver un semblant de bonheur, Saul Miller, brillant universitaire et professeur d'astrophysique, passe sa retraite à Melvile, sa ville natale. Dans son univers, il y a Mia, une jeune fille de onze ans que Saul aide dans ses devoirs. Il y a Beth et Daniel, ses amis et voisins. Il y a l'espace et la lumière, la terre et les arbres centenaires. Et puis il y a eux. Deux hommes venus d'ailleurs ramenant dans leur sillage la pire et la plus insidieuse des violences. Une discussion qui tourne mal, un sourire inquiétant et c'est le monde de Saul qui explose.
Il y a tant de choses à dire sur Melvile… Son passé, son présent, sa fondation, son apogée, son déclin, ses joies et ses blessures. Melvile est une multitude de voix qui s’élèvent dans une petite ville rurale américaine, sans prétention. C’est l’histoire de gens simples aux vérités douloureuses qui évoluent avec leurs fantômes, du déni à l’acceptation. A l’instar de Stephen King, l’auteur belge Romain Renard crée, avec Melvile, une œuvre composite réaliste, pigmentée de notes fantastiques. Il y mêle une écriture poétique à une identité graphique envoûtante, augmentée d’une bande-son originale, composée par l’auteur, qui retranscrit l’émotion de chaque chapitre de chaque volume.
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Lucius Modestus est un architecte concepteur de thermes dans la Rome du II ? siècle de notre ère. Aussi fier de la grandeur de l'Empire qu'alarmé par le supposé déclin de la société romaine, cet amoureux des bains ne comprend plus son époque. Son épouse a quitté le foyer, son fils juge sévèrement ses choix de vie, les Romains délaissent l'antique virtus pour se vautrer dans les plaisirs futiles... Alors quand l'empereur Antonin le pieux fait appel à Lucius pour restaurer d'anciens bains, l'architecte en est sûr : c'est le sort de l'Empire qui repose sur ses épaules ! Et si la solution venait de cette mystérieuse contrée au-delà de l'espace et du temps, ce Japon dans lequel Lucius a autrefois été transporté, où la culture des bains a été portée à des sommets de raffinement aussi bien thérapeutique que récréatif ?