Et si le chevalier de La Barre n'était pas mort à vingt ans sous la hache du bourreau en la bonne ville d'Amiens le 1?? juillet 1766 ? Et si par hasard et par un tour de passe-passe, par les vertus aussi d'onguents et de baumes magiques, ce saint entre les saints de notre Panthéon laïque s'était retrouvé sur les côtes anglaises doté du don d'éternité ? C'est la fable incroyable, énorme, délirante, qu'un vieil écrivain anglais propose à l'un de ses amis de croire - et d'écrire après lui. L'ami, bien sûr, de se dérober. Mais comment résister aux vertiges de l'écriture, surtout lorsqu'une admirable assistante, Sandra, est là pour vous aider ? Dès lors, et à travers toute l'Angleterre et l'Irlande, le pays de Galles, l'Écosse du XVIII? siècle - puis du XIX? et de notre siècle à nous enfin - nous suivrons à la trace Jean-François Lefebvre, chevalier de La Barre. Il séduit les femmes et les très jeunes filles, détruit les foyers, sème la ruine et la désolation derrière lui - mais pourtant, aussi, quelle forme d'espoir ! Manipulé, simple jouet entre les mains de ceux qui l'ont sauvé de l'échafaud, il mûrit et apprend. Il apprend le plaisir, puis la pitié, l'amour ensuite, et la douleur : la haine, alors. Flanqué d'un valet qui le suit comme une ombre, de femme en femme il caracole, débauché et cynique, délicieux et vengeur. Dans son sillage, c'est un tourbillon d'enfants-femmes, de petites ladies, de gamines en haillons, de gitanes amoureuses et de grandes dames trop habiles. Dans l'ombre bleue d'Olivia, elles s'appellent Belinda, Judith ou Sonemara, mais il y en a tant d'autres. Petites filles, petites soeurs, nous les avons toutes aimées, ces sirènes mortelles, tour à tour victimes ou succubes, puisque nous naviguons aussi dans les limbes de la magie noire.
Nombre de pages
336
Date de parution
09/06/1978
Poids
330g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070271504
Titre
Le nouvel avent du chevalier
Auteur
Rémy Pierre-Jean
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
330
Date de parution
19780609
Nombre de pages
336,00 €
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Festival de Bayreuth années 30 : aux côtés de Winnifred, belle-fille de Richard Wagner, Hitler assiste tous les ans à la Tétralogie ; Berlin 1939 : un médecin allemand, Kurt Reich, tente, lâchement ? , de comprendre ; Paris 1943 : une jeune fille française de 14 ans, Vivienne Herold, part pour l'Allemagne dans un wagon à bestiaux pour un voyage dont elle n'aurait pas dû revenir ; Bayreuth 1951 : après l'apocalypse et la mort, le Festival Wagner rouvre ses portes ; 1976 : Patrice Chéreau et Pierre Boulez montent à Bayreuth une Tétralogie "scandaleuse" ; Stuttgart 1977 : Andreas Baader meurt à la prison de Stammhein ; Bayreuth 1980 : Winnifred Wagner s'éteint, pas vraiment oubliée, à deux pas de la tombe de Richard Wagner. Des dates, des morts, l'Allemagne, le bruit et la fureur... Sur un fond de Bavière et de musique, Salue pour moi le monde raconte le destin d'un groupe d'hommes et de femmes que rassemblent des souvenirs. Wagner et mondanité, art baroque et temps perdu : au fil d'une semaine trop pleine (L'Or du Rhin et la Walkyrie, Siegfried...), chacun s'analyse avec complaisance, jusqu'à ce que le drame éclate. Brusquement, la violence est là, absolue, monstrueuse, et innocente ? Lorsque s'éteindront ses derniers feux, ce sera le Crépuscule des Dieux, dernière journée de la Tétralogie. Les Dieux sont morts : et ensuite ? Sur le plateau du Festspielhaus à Bayreuth, Patrice Chéreau a mis en scène des hommes qui nous regardent et nous interrogent. "Salue pour moi le monde", dit Isolde qui croit qu'elle va mourir au premier acte de Tristan, car elle a bu un filtre mortel. Mais Brangäne, sa suivante, s'était trompée, et le filtre était un filtre d'amour.
En apparence, tout est très simple. Un homme rencontre une femme. Elle est viennoise et chanteuse de mélodies allemandes, elle a une petite fille et des amants. Lui a été professeur, il est marié et vit confortablement à Paris auprès d'une épouse-femme d'affaires riche et active. Entre eux, ce sera une manière de coup de foudre réfléchi. Mais comme il est un peu lâche et qu'elle-même court le monde, il leur faudra le temps d'un hiver pour se retrouver. L'hiver que lui passera dans la maison de son enfance, en Auvergne, tandis qu'elle veille sa mère qui meurt lentement à Vienne. Pendant le temps de cet hiver de neige occupé peut-être à achever une étude sur Hölderlin, mais davantage à écouter de la musique, des lieder, et à retrouver une paysage perdu, plus encore à écrire à Vienne, le narrateur reverra tous les visages de femmes qu'il a pu croiser, tous les regards de femmes qui ont fait baisser le sien. D'autres silhouettes, encore, passeront, qu'il n'a même pas rencontrées mais qui le hantent. Un à un, ces regards, ces visages s'inscrivent dans la trame romanesque comme autant de brefs moments, voire de courtes nouvelles, chacune indépendante des autres mais parfaitement inscrite dans le corps du récit, à la manière des lieder allemands qui forment les grands cycles de mélodie de Schumann ou de Schubert : L'amour et la vie d'une femme, Le voyage d'hiver, Le chant du cygne. Et c'est à travers ces visages passés, grâce à eux aussi, que le narrateur prendra la mesure de son amour et arrivera jusqu'à Vienne et à cette femme qu'il aime.
Un recueil de poèmes qui est rêverie sur les villes, ou plutôt sur la ville, métaphore ancienne. La construction pierre à pierre - poème après poème - de la ville, c'est aussi la fable de l'écriture aux prises avec le matériau des lettres, des signes, des blancs. Le mythe d'un constructeur impuissant et démiurge traverse une véritable "fiction" - avec son prologue et sa fin - où la longue phrase lyrique de la narration alterne avec des ruptures de ton et des silences qui sont ceux du créateur face au désert des mots et de la pierre.
Hong Kong, devant le port noyé de pluie par l'hiver, un hôtel qui est aussi une maison de rendez-vous. Jean Chayral, un écrivain vieillissant et miné par la maladie, y achève une partie de go avec M. Liu, lui aussi malade et condamné. Jean Chayral lui raconte ses amours enchevêtrées, autant de haltes sans repos avant la " mort sale " dont M. Liu lui prédit qu'elle sera atroce. Le jeu de go représente à la fois le mouvement des pièces, le déplacement des souvenirs et aussi le va-et-vient des moments du passé et de ceux de l'écriture dont Jean Chayral a perdu le fil depuis la mort d'une femme.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.