Le livre sur Eschyle et les quatre articles (dont un sur Euripide) de Karl Reinhardt qui composent le présent recueil ne se bornent pas à corroborer et à illustrer, quinze ans après, le concept de la tragédie grecque que le Sophocle avait élaboré en 1923. Bien au contraire, ce concept se trouve ici nuancé, fécondé par une rencontre d'Eschyle que le propre témoignage de l'auteur nous interdit de séparer de son expérience historique d'un certain destin, "la souffrance du monde entier", et de son mode de manifestation le plus frappant, l'errance politique. Au sein même de l'exercice de la violence absolue, apercevoir l'opération inapparente d'une grâce du Père des dieux et des hommes, tenter de se remettre politiquement à l'écoute du verbe fondateur de sa fille Athéna : telle est la tâche qui se propose à nous à travers cette lecture de la Prométhie et de l'Orestie. Si l'abîme de notre modernité continue de nous séparer du poète d'Antigone et d'Oedipe, ce livre démontre qu'Eschyle, paradoxalement, peut nous demeurer proche, à condition que nous sachions recueillir le don de ce qui nous fait le plus immédiatement défaut : un apprentissage politique et spirituel de la justice.
Nombre de pages
336
Date de parution
12/04/1991
Poids
320g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782070722211
Titre
Eschyle. Euripide
Auteur
Reinhardt Karl
Editeur
GALLIMARD
Largeur
125
Poids
320
Date de parution
19910412
Nombre de pages
336,00 €
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À travers sa lecture des mythes platoniciens, Reinhardt nous livre tout à la fois les conflits, les luttes, les tensions qui traversent la pensée platonicienne et sa puissance inouïe de refonte, d'unité, d'harmonie. Car au sein même de la continuité, la rupture s'annonce. S'il est bien l'héritier des formes anciennes, Platon n'en demeure pas moins celui par qui la nouvelle âme de l'hellénisme s'épanouit. Le mythe lui-même n'est plus un mythe du « monde extérieur », c'est un mythe de l'âme. Et en lui l'esprit vient redonner vie à ce qui semblait devoir mourir. La forme mythique, plus que tout autre, révèle la force avec laquelle les anciens motifs sont pénétrés d'un nouveau souffle. Elle est pour ainsi dire la solution « vivante » au problème du sens. Il ne s'agit plus en ce cas de produire un « conte », d'imaginer la naissance du monde, de l'homme et des dieux, mais bien de contempler, au moyen de l'image fidèle, l'effectivité archétypique, l'Idée. Le mythe, « dire sacré », n'est nullement le signe d'un renoncement. Il n'est pas davantage l'ennemi du logos. Au-delà du mot, de la preuve, au-delà même des jeux de pensées présomptueuses, il rappelle l'âme à sa source originelle, il la fait s'élancer vers le plus beau des royaumes.
Contrairement à celle du Louvre, la statue de l'Hermaphrodite de la Galleria Borghese à Rome est disposée "le long d'un mur, telle une commode, afin qu'il ne soit pas permis d'en faire le tour, ce que réclame pourtant son affolante physionomie". On lui dénie son mélange intégral de femme et d'homme, d'être les deux à la fois. Fasciné par cette figure chimérique, Eric Reinhardt va s'attacher à lui rendre sa nature profonde et sa sensualité en entremêlant le récit de sa nuit à la Galleria Borghese et le roman d'une histoire d'amour entre Gloria, chanteuse, réincarnation contemporaine d'Hermaphrodite, et Bruno, dentiste désenchanté exerçant au Puy-en-Velay. Comblant ensemble leur mélancolie et leur mal-être, Gloria et Bruno expérimentent la complexité de la notion de genre et la possibilité d'un amour hors normes. Les récits se répondent en échos jubilatoires et percutants qui donnent chair à l'Hermaphrodite, la rendant éminemment contemporaine et émouvante. Vivante.
David Kolski est directeur de travaux de la future plus haute tour de France. Retards insurmontables, pressions incessantes : il ne vit que dans l'urgence. Alors qu'il s'apprête pour une fois à dîner en famille, son regard est happé par une femme à l?élégance austère, au rayonnement de reine. C'est Victoria, ambitieuse et intelligente, belle et indépendante. Directrice des ressources humaines d'une multinationale, elle dirige sa vie comme celle de ses salariés. Les amants sauront-ils faire face aux exigences de leur désir ? À travers le récit d'une passion dévorante, Éric Reinhardt poursuit avec brio l?étude de notre époque contemporaine. Chronique d'un monde du travail de plus en plus violent, Le système Victoria est une ?uvre captivante, où la sensualité se mêle autant au plaisir qu?à l'assujettissement.
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