Nos vies que nous pensons originales ne le sont pas plus que les romans que nous lisons pour nous divertir, que les films que nous regardons. Toutes les histoires sont déjà écrites et toutes les vies sont déjà vécues. Un soir, un joueur qui pense avoir tout perdu se retrouve avec une femme qui lui propose un pacte étrange : la suivre partout où elle ira, durant un an. Au départ de ce motif, Emmanuel Régniez construit un livre fou : sur le masque et le double, la mémoire et l'oubli. Il nous embarque dans un voyage autour du monde, mais un voyage dont le but serait moins de découvrir de nouvelles choses que d'en redécouvrir d'anciennes. Fascinant, brillant, ce livre s'inscrit dans la droite ligne de ceux que l'auteur publie depuis plusieurs années au Tripode. Pour nous qui le lisons, les effets sont les mêmes : notre tête tourne, notre respiration s'accélère. On cherche avec le narrateur la raison de ce pacte, ce que cette mystérieuse inconnue semble attendre de lui. On avance avec l'impression de reculer, et recule en avançant, pris dans cette saisissante réflexion sur la nature du temps. Prodigieux.
Date de parution
10/03/2023
Poids
401g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782874067228
Titre
LA RECONNAISSANCE
Auteur
REGNIEZ EMMANUEL
Editeur
ARBRE A PAROLES
Largeur
120
Poids
401
Date de parution
20230310
Nombre de pages
0,00 €
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Un frère et une s'ur vivent reclus depuis des années dans leur maison familiale. Ils l'ont baptisée " Notre château ". Seule la visite hebdomadaire du frère à la librairie du centre-ville fait exception à leur isolement volontaire. Et c'est au cours de l'une de ces sorties rituelles qu'il aperçoit un jour, stupéfait, sa s'ur dans un bus de la ligne 39. C'est inexplicable, il ne peut se l'expliquer. Le cocon protecteur dans lequel ils se sont enfermés depuis vingt ans commence à se fissurer. On pourrait penser au film Shining de Kubrick ou au roman La Maison des feuilles de Danielewski. En reprenant à son compte l'héritage de la littérature gothique, Emmanuel Régniez réussit un roman ciselé et singulier, qui comblera les amateurs d'étrange. " Une langue d'une sobriété parfaitement efficace " Avril Ventura, Le Monde " Un premier roman étonnant de maîtrise " Alain Nicolas, L'Humanité " Délicieusement malsain " Clémentine Goldszal, Vanity Fair " Une sombre et belle découverte " Bernard Quiriny, L'Opinion
Un frère et une soeur vivent reclus depuis des années dans leur grande demeure familiale, qu'ils ont baptisée Notre Château. Seule la visite hebdomadaire du garçon à la librairie du centre ville fait exception à leur isolement volontaire. C'est au cours de l'une de ces sorties rituelles qu'il aperçoit un jour, stupéfait, sa soeur dans un bus de la ligne 39. C'est inexpliquable. Le cocon protecteur dans lequel ils se sont enfermés depuis vingt ans vacille. On pourrait penser au Shining de Kubrick. A The Others d'Amenábar. Ou encore à La Maison des feuilles de Danielewski. En reprenant à son compte l'héritage de la littérature gothique, Emmanuel Régniez écrit un roman précis et étrange, obsédant, qu'aucun lecteur ne peut oublier. " Je soigne ma mélancolie en me racontant des histoires qui pourraient me faire peur ", Emmanuel Régniez.
Imaginez un livre qui soit à la fois Eyes Wide Shut (Kubrick) et Belle de jour (Bunuel). Madame Jules aime son mari, Monsieur Jules. Monsieur Jules aime son épouse, Madame Jules. Les deux forment un couple accompli, puissant, heureux, solidaire, uni. Ils jouissent de leur position sociale et de la constance de leurs désirs. Monsieur Jules est le mari et l'amant idéal de Madame Jules. Madame Jules est l'épouse et la maîtresse idéale de Monsieur Jules. Mais une soirée mondaine et des rencontres fortuites viennent bousculer cette harmonie. Madame Jules, le temps d'une nuit, plonge dans les affres du doute. Après le succès critique rencontré avec Notre Château, Emmanuel Régniez poursuit son exploration clinique de la vie de couple. D'une écriture toujours aussi épurée et troublante, marquée par la simplicité des phrases et la répétition hypnotique de certains mots, Madame Jules est son deuxième roman.
Avec un sens de l'autodérision et un humour qui n'appartiennent qu'à lui, Carino Bucciarelli nous entraîne dans un tourbillon de situations insolites qui visent à stigmatiser l'arrogance déplacée de nos petites personnes occupées ; mieux, porté par l'absurde de Beckett et « l'impuissance à se conformer » de Michaux, il dresse le tableau de nos folies ordinaires, met en évidence le manque qui nous ronge, questionne les apparences et au final, réduit en cendres ce que nous croyons être. Bref, Poussière est un livre qu'on ne peut considérer sans vertige tant il transgresse la raison commune, chante pour des images inconnues et ouvre une voie singulière dans la découverte du fondement des choses et de nous-mêmes.
La première chose qui m'est venue à l'esprit, c'était le souvenir de mon père qui m'apprenait à lire quand j'avais cinq ans, lui qui n'était pas allé plus de trois ou quatre ans à l'école primaire, lui pour qui l'écriture était «utile ». Assise sur ses genoux, sage, docile, désireuse de savoir ce que cachaient ces signes mystérieux, je suivais le chemin de ses larges doigts sur les lignes de la La petite chèvre turbulente. Il dissipait, avec le dévoilement de ce premier livre, la brume qui me cachait l'autre sens des mots quand ils sont fixés sur le papier. Il ouvrait les portes de mon émancipation. Il me montrait le chemin de mes futures évasions.
Elle est noire. La quarantaine. Féline divine. Puissante. Elle gueule. Cri de femme. Femme-enfant. Femme-mère. Femme fatale. Femme aux mots qui percent. Acérés. Lisette Lombé - du moins son héroïne - dévoile son cul, sa dentelle, ses fantasmes. Sans pudeur. Une venus ardente dans sa cité, une chatte brûlante et moite qui raconte ses quarante années. Son corps de femme. Les doigts qui effleurent, les doigts qui serrent, les doigts qui montrent, les doigts qui écrivent, les doigts qui pleurent à poings fermés. Et tu te retrouves, toi, dans cette danse syncopée, dans ces couvertures souillées de soir d'été, dans ces fantasmes inavoués, dans ce corps blessé de machine à téter, dans ces ébats cachés de puberté. Ce livre, c'est l'histoire de toutes les femmes. De tous les clitoris de la terre. (Nastasja Caneve)