Depuis son premier recueil, Hortense Raynal chemine dans un ancien monde, qui peut ressembler à celui de l'enfance, oublié et perdu, et dont tout l'enjeu de son travail poétique est de s'astreindre à en faire émerger les images qu'elle peut encore sauver. A travers ces nouveaux poèmes, sans arrêt sautant d'une idée à l'autre et d'une image à l'autre, la poétesse invoque des espaces dont elle s'est malgré elle éloigné, des paysages et des manières de dire le monde qui ont construit son rapport à celui-ci et qui risquent chaque jour de disparaître un peu plus. Les abandons sont autant les témoignages de choses perdues ou risquant de l'être qu'un appel à renverser cette fatalité et s'adresser à ceux qui ne sont plus, ceux qui ont abandonné, ceux qui sont les images d'un monde qui a participé à construire le nôtre.
Nombre de pages
64
Date de parution
16/06/2025
Poids
300g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782367391984
Titre
Abandons
Auteur
Raynal Hortense
Editeur
DE LA CRYPTE
Largeur
135
Poids
300
Date de parution
20250616
Nombre de pages
64,00 €
Disponibilité
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je pense que si ce n'était pas un livre, ce serait une poignée de foin." À la saison d'été, les paysages ruraux se peuplent de géantes dorées. Les bottes de foin sont clouées au sol, massives, lourdes. Dans ce recueil, Hortense Raynal interroge la quotidienneté des formes et la façon dont elles pénètrent nos constructions identitaires. À travers la botte, c'est la relation à la culture paysanne qui est mise en mots dans une langue de grand air, haletante, pour mieux mettre en lumière l'amour et le désamour du rural. Mais il s'agit aussi d'un texte d'émancipation : une fois expirés tous ces brins de foin coincés dans les poumons, les nuages, la légèreté, le ciel deviennent autant de promesses d'avenir.
Nos cartes se rencontrent nos reliefs nos mares et nos étangs j'avais pensé j'avais stagné même quand on ne ressent rien on ressent ce qui stagne en nous Une conversation continue se met en place entre la poétesse et les reliefs, qui se confondent avec les vivants et les défunts. Elle écoute ce silence vert d'eau, cette parole invisible, terreuse et aqueuse, dans une immobilité de marais qui n'a pas peur de stagner. Pour qui perd son chemin, c'est une cartographie poétique qui punaise d'autres repères plus intimes et compréhensifs sur la carte, tisse des fils, laisse des traces. et à nouveau, nos marécages.
Performeuse et poétesse remarquée de la nouvelle scène de poésie féministe et queer, Hortense Raynal publie son 3e recueil, le premier dans la collection Sorcières. Recourant à la poésie pour communiquer des expériences relativement tues ou indicibles, Hortense Raynal interroge notre rapport à la ruralité, proposant une rare image de la poétesse mettant les mains à la terre pour proposer une langue aussi renouvelée que si elle était passée au compost.
En 5 longs poèmes, Hortense Raynal réveille l'enfance, le foin, la jeunesse ardente et l'âpreté de la vie rurale dans une traversée sensible de sa région natale. Une belle ode au pays d'Oc et aux réalités qu'on n'ose pas dire, une sorte de langue d'en bas, rugueuse, organique, qui heurte la mémoire de celle qui a quitté pour aller vivre "à la ville" . On pense aux souvenirs de Paola Pigani, aux folies naturelles de Savtizkaya. Dans ce texte puissant, on voit se dessiner la sincérité d'une déjà grande poétesse. A lire, même à déclamer si l'envie vous en prend. Un premier ouvrage qui en appelle d'autres.
La route est longue les heures sans fin quelque chose se pressent dans les lointains je l'attends je l'espère je le guette je l'implore je ne le vois pas je l'imagine Quelque chose se devine dans l'air dans l'esprit condensation du ciel idée surgie de la brume des pensées La route est longue les heures sans fin le jour est noir comme la Toussaint un pan de montagne lève son ciel de terre c'est la nuit un monde m'étreint et ferme les yeux sur moi