A pied, à moto ou en bateau, un jeune chercheur traverse un pays dévasté par la guerre pour comprendre comment les Congolais réorganisent leur vie et envisagent l'avenir dans l'un des pays les plus dangereux du monde. Alors qu'il prépare un voyage pour l'Afrique, Ben Rawlence tombe sur des images publicitaires du Manono des années 1950-1960, publiées par Géomines, la compagnie minière belge, à la veille de l'indépendance. Il y découvre un rêve moderniste en plein c'ur de la forêt tropicale où de riches visiteurs flânent le long de boulevards éclairés. Des adolescents blancs et bien vêtus écoutent du rock'n'roll en mangeant des crèmes glacées. Comme de petits Américains. Ces images sur papier glacé devaient rassurer les investisseurs: les autorités européennes n'avaient pas perdu la main! Soixante ans plus tard, le contraste qu'offre ces images utopiques avec la guerre, les viols et les minerais de sang semble irréel. Ben Rawlence ira jusqu'à Manono voir à quoi ressemble la ville. Les routes qui y mènent ont été dévastées par la dictature et les guerres, ses amis reporters lui expliquent qu'ils ne sont jamais descendus plus bas qu'Uvira, mais qu'importe, le jeune chercheur est bien décidé à découvrir, à son rythme, par voie de terre, comment vivent les Congolais. Car, fait-il dire en exergue de son livre, si les occidentaux savent comment meurent les Africains, peu savent comment ils vivent.
Le fait divers secoue toute l'Espagne, mais pour elle, l'histoire devient une obsession. Elle demande un congé sabbatique, non tant pour élever son enfant que pour se lancer dans une enquête vertigineuse sur ce crime. En s'attaquant au tabou des tabous, l'infanticide, en questionnant le rapport entre maternité et création, avec Doris Lessing ou Sylvia Plath, en évoquant sans fard la vie secrète, solitaire et ennuyeuse, de la jeune maman, en croisant le fer avec les " mères à l'enfant " triomphantes et caricaturales des magazines, Katixa Agirre questionne la violence, l'ambivalence et les bouleversements que charrie l'enfantement dans une société résolue à les passer sous silence. Elle ne donne pas de réponse. Elle se contemple dans un miroir trouble et obscur. Son roman, mené comme un thriller, mêle brillamment chronique judiciaire et récit intime, et met en lumière les fragilités et les gouffres méconnus des mères débutantes. Il n'en est que plus perturbant, courageux et nécessaire.
Steven Levy est le rédacteur en chef de Wired, le magazine américain de référence en matière de nouvelles technologies. Son livre, sorti pour la première fois en 1984 aux Etats-Unis, est culte pour des générations d'informaticiens, de créateurs de jeux, d'entrepreneurs et de bidouilleurs en tout genre.
Homer H. Hickam Jr est né à Coalwood en 1943. Enfant de mineur, il est devenu ingénieur à la Nasa, a entraîné de célèbres astronautes et travaillé sur toutes les fusées et autres navettes lancées par les Américains. Rocker Boys est un classique de la littérature américaine. Un livre d'histoire.
Joël Robuchon a 15 ans lorsqu'un événement familial met un terme à sa scolarité. Il doit trouver un apprentissage. Et vite. Le hasard ou la chance a voulu que ce soit en cuisine. Le jeune homme découvre les horaires à tenir, la hiérarchie à respecter, le dur apprentissage d'un métier difficile et exigeant, mais aussi des maîtres rares qui lui transmettent l'amour du travail bien fait. Plus tard, il ouvre son premier restaurant. Dorénavant, c'est à lui, le chef, de former ses apprentis et de transmettre son savoir. Comment je suis devenu chef pose des questions essentielles : pourquoi l'apprentissage en France n'est-il pas mieux valorisé ? Comment former de bons professionnels ? Quelles sont les stratégies à mettre en oeuvre pour devenir un grand chef ? Joël Robuchon dévoile dans ce récit très personnel son enfance, ses longues années de formation, et des secrets de cuisine qui passionneront le lecteur amateur ou professionnel. Son tour de France des cuisines se révèle un document passionnant sur l'histoire de la restauration et l'évolution du métier.
Le colonialisme suscite aujourd'hui bon nombre de discussions dans la société. Ces débats, souvent passionnés, sont marqués par leur méconnaissance des faits et du contexte. C'est pourquoi ""Le Congo colonial"" souhaite présenter les résultats de la recherche actuelle et les connaissances scientifiques d'aujourd'hui à un large public, et développer ainsi une nouvelle vision globale de la question. A l'aide de questions concrètes, des historiens belges, mais aussi étrangers, offrent un aperçu unique sur l'histoire du colonialisme belge. Par exemple : Comment l'administration autocratique de Léopold II a-t-elle fonctionné et que savons-nous des victimes ? Combien de profits ont été réalisés au Congo et à qui ont-ils été versés ? Comment les Congolais(es) ont-t-ils vécu la colonisation ? Comment ont-ils résisté ? Quel fut l'impact du colonialisme sur la nature ? .
Heywood Linda ; Pignarre Philippe ; Vergès Françoi
Puissante reine d'Afrique centrale, Njinga ne recula devant aucun moyen pour préserver son territoire des colonisateurs portugais esclavagistes. Au XVIIe siècle, cette figure guerrière transgressive, dont l'intelligence n'eut d'égale que la ténacité, défia toutes les lois du genre : politiques, religieuses, sociales. A la tête d'une armée de soldats femmes et hommes, la reine Njinga mena une guerre sans merci contre les envahisseurs qui ravageaient et dépeuplaient l'Afrique centrale, y capturant des esclaves pour les déporter au Brésil dans les plantations de canne à sucre. Njinga décida même de rejoindre la secte terrifiante des Imbangala cannibales afin de contrer un ennemi mieux armé. Elle sut aussi, en fin stratège, jouer les capucins contre les jésuites, véritables artisans de la colonisation et du trafic d'esclaves, pour conduire une campagne diplomatique d'ampleur. Elle finit par obtenir la reconnaissance de son royaume par le pape Alexandre VII et par conserver son indépendance. Femme libre, reine courageuse et fière qui défendit ardemment son rang et son africanité, Njinga reste vivante dans la mémoire des descendants d'esclaves, en Amérique comme en Afrique centrale. Linda Heywood rend enfin justice à ce personnage hors norme, qui a toute sa place dans l'histoire mondiale.
4e de couverture : Ni exploratrice ni aventurière, Raymonde Bonnetain fut pourtant la première Française à atteindre en 1893 les rives du Niger. L'épouse du romancier naturaliste Paul Bonnetain accompagne en effet son mari en mission officielle au Soudan colonial (Sénégal, Mali, Guinée). Pour cette Parisienne, c'est une expérience marquante : femme, jeune, blanche, elle détonne dans cette région de l'Afrique subsaharienne récemment colonisée. En rédigeant son journal, elle n'a de cesse d'observer et de décrire le quotidien des populations autochtones mais aussi la pratique coloniale elle-même. Elle perce à jour les alibis du discours officiel, s'interroge sur les incohérences et la viabilité d'un monde naissant dans la violence. Non sans se défaire de ses préjugés racistes, de témoin, Raymonde Bonnetain devient actrice de l'entreprise coloniale, sûre de la supériorité des Européens sur les Africains. Le récit de cette «éprouvante» mission en Afrique est davantage qu'une relation de voyage : il devient un instrument de la colonisation. Son journal se veut la démonstration qu'il y aurait bien des avantages à ce que la colonisation se féminise¿
Le 22 juin 1994, le Conseil de sécurité de l'ONU autorise par la résolution 929 le déploiement d'une force multinationale sous commandement français au Zaïre et au Rwanda pour mettre en sécurité les personnes en danger au Rwanda. Or, depuis plus de vingt ans, journalistes, membres d'ONG, chercheurs et surtout le régime du Rwanda accusent la France d'avoir participé à la préparation puis à l'exécution du génocide. Un officier français reprend d'ailleurs les mêmes accusations. Celles-ci sont-elles exactes ? Sur quelles preuves reposent-elles ? Après plus de dix années de recherches dans les archives du Conseil de sécurité, de l'Elysée, du ministère français de la Défense, celles du gouvernement des Etats-Unis et du Tribunal Pénal International pour le Rwanda ainsi que le recueil de nombreux témoignages, Charles Onana répond à ces questions. Il démontre aussi que les dirigeants actuels du Rwanda ont, pendant plus de deux mois, empêché l'intervention de l'ONU, encourageant ainsi les massacres plutôt que l'arrêt des hostilités et le partage du pouvoir, comme le prévoyaient les accords de paix signés en 1993 à Arusha. Voici enfin le premier ouvrage scientifique entièrement consacré à la mission Turquoise. Il remet en cause tout ce que l'on croyait savoir jusqu'ici.