Le regard de l'ethnologue doit-il toujours se porter vers l'autre le plus lointain? Où est, d'ailleurs, le plus lointain quand la globalisation du monde réduit les distances, télescope les cultures, fait surgir comme autant de défis, de nouveaux contextes, de nouveaux objets, suscitant ainsi de nouvelles approches? Quand l'ethnologue, qui croyait travailler dans les marges de l'histoire, est prié, voire sommé de définir de nouvelles identités citoyennes, nationales, patrimoniales? Quand il est confronté à des situations aussi universelles, et intimes pourtant, que la guerre, le sida, la gestion du corps, des excréments? Quand il découvre que toute culture est histoire en mouvement, histoire universelle et néanmoins localisée? Et que c'est aussi de lui qu'il parle (mais comme d'un autre) quand il parle des autres? Autant de pistes, de chantiers que cet ouvrage à plusieurs voix s'efforce d'ouvrir.