Le caractère destructeur. Esthétique, théologie et politique chez Walter Benjamin
Raulet Gérard
AUBIER
20,20 €
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EAN :9782700733501
Esthétique, théologie et politique chez Walter Benjamin. "Le caractère destructeur ne connaît qu'une devise : faire de la place, qu'une activité : déblayer" (Benjamin, 1931). Le caractère destructeur s'approprie la barbarie de l'époque : celle de la modernité en général et celle du fascisme en particulier. Tout l'effort de Benjamin a consisté à transformer ce geste destructeur en stratégie esthétique et politique : en "barbarie positive".Gérard Raulet essaie ici de rendre compte de cette tentative, par une interprétation menée au plus près des textes de Benjamin. Car Benjamin, auteur mythique, est plus souvent invoqué que réellement lu. A la lumière de cette lecture, on constate que l'oeuvre de Benjamin est le document d'un échec : l'échec des forces productives esthétiques les plus avancées (les nouveaux médias de l'époque) dont la "barbarie positive" entendait affronter le fascisme sur son propre terrain et qui n'ont su que répéter l'échec des espoirs révolutionnaires du XIXe siècle. Si cet échec ne fait pas de doute, il n'est pas question pour autant de méconnaître l'apport de Benjamin : il a inauguré une interprétation nouvelle de la modernité à partir de ses mythologies. Mais c'est aussi une raison de plus pour démythifier Benjamin, tout en sachant que cet échec reste l'horizon de notre "modernité".Cet ouvrage est le premier, parmi ceux consacrés à Benjamin, qui s'attache à une lecture précise des textes. Il devrait s'imposer comme le livre de référence d'initiation à Walter Benjamin.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
280
Date de parution
01/11/1998
Poids
325g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782700733501
Titre
Le caractère destructeur. Esthétique, théologie et politique chez Walter Benjamin
Auteur
Raulet Gérard
Editeur
AUBIER
Largeur
135
Poids
325
Date de parution
19981101
Nombre de pages
280,00 €
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La pensée de Marcuse est confrontée aujourd'hui à la capacité du capitalisme à engendrer des "mixtes" mettant en échec toute critique. La conjonction d'un individualisme effréné et de la domination planétaire de la technique semble réaliser au-delà de toute "espérance" la civilisation unidimensionnelle dénoncée par le philosophe.
De l'Allemagne d'avant 1945 nul n'ignore qu'elle fut la "patrie des poètes et des penseurs", parallèlement à un destin national singulier qui avait fini par faire de ce pays une manière d'objet philosophique en soi. Mais l'Allemagne, ou plutôt les Allemagnes, d'après 1945? Là où la France, cultivant un rapport mythologisé à elle-même et à sa continuité, s'est autorisé bien des cécités, tout porte à penser que la coupure subie par l'histoire allemande a favorisé une confrontation plus rude, plus réaliste et plus exigeante au passé comme à la contemporanéité. Un gigantesque chantier pour une épistémè en restructuration radicale: c'est ainsi qu'apparaît à Gérard Raulet le demi-siècle écoulé. De sa restauration dans les premières décennies de la RFA et dans la RDA jusqu'aux débats actuels sur le libéralisme et le communautarisme, la philosophie allemande a remis en question sa conception de la Bildung et d'une culture atemporelle. Le présent livre ne se résume pas à une série de monographies sur des systèmes de pensée. Il inscrit ces derniers dans le mouvement général des idées et dans les problématiques à la fois intellectuelles et politiques dont ils sont indissociables.
L'oeuvre de Walter Benjamin présente une cohérence beaucoup plus grande qu'on ne l'admet communément, sous le prétexte qu'elle est demeurée inachevée. Toute sa réflexion part, comme on essaie de le montrer dans cet essai, du « Programme d'une philosophie à venir » rédigé en 1917. La philosophie du langage qu'il requiert contient déjà in nuce la théorie de l'allégorie développée dans Origine du drame baroque allemand. Elle fonde également les essais sur la critique et sur l'oeuvre d'art, car l'art et la philosophie ont en commun la présentation de la vérité et il importe de comprendre les formes artistiques et les systèmes philosophiques comme des « langages », voire des « langues ». Quant aux « images dialectiques » du grand oeuvre inachevé, les Passages parisiens, elles appliquent la théorie de la critique et de l'allégorie aux mythologies modernes du XIXe siècle afin de détruire leur charme. L'intention politique de cette « théorie du réveil » prend toute sa portée en faisant de l'oeuvre d'art le médium du combat politique contre le fascisme, un combat qui devra aller au bout de la destruction de l'apparence esthétique afin de contrecarrer l'esthétisation de la politique.
Présenter en peu de pages la philosophie de Marx constitue à plus d'un titre un défi. D'abord, les temps semblent révolus où le marxisme constituait « l'horizon indépassable » de notre temps (Sartre). Les conquêtes du mouvement ouvrier, qui auraient été impensables sans le marxisme, sont à tel point entrées dans les législations des États sociaux du capitalisme avancé qu'on les tient pour des droits et qu'on les croit irrévocables. Depuis l'effondrement du « socialisme réalisé », le fantôme du communisme qui hantait l'Europe de 1848, n'est plus, à la veille du 150e anniversaire du Manifeste du parti communiste, qu'un spectre qui ne fait plus peur à personne, un accessoire à ranger dans le passé d'une illusion. Ensuite, le risque est grand qu'une telle présentation générale contribue à une « académisation » du marxisme, qui en fait une « philosophie » parmi d'autres. Il fallait donc rendre justice à la dimension spécifique d'une pensée qui a dominé pendant cent cinquante ans la production théorique, la conscience politique et la géopolitique et dont la relecture fait apparaître au demeurant l'actualité persistante.
Petits dialogues familiers, naturels, presque à bâtons rompus - on les dirait parfois tenus au coin du feu : ces entretiens d'hier et d'aujourd'hui sont ceux de Gitta avec son Ange. Pour la première fois, celle qui fut le scribe des quatre Messagers avoue une intimité qu'elle n'avait jamais révélée jusqu'ici ; après avoir voulu, pendant des années, transmettre l'Enseignement d'une façon aussi rigoureuse et structurée que possible, elle nous raconte enfin à visage découvert comment elle vit, quotidiennement, la présence de son Maître intérieur. Ici se joue une pièce à deux personnages, où il n'est question que de l'essentiel ; tragique par moment, mais avec des pauses, des moments de repos souriant, des face à face tranquilles : " Je lis justement un article scientifique, et je te sens prêt à entamer une petite conversation à ce sujet... " Les grands thèmes des Entretiens s'y retrouvent, bien sûr : l'amour et la joie, la culpabilité et la peur, la naissance de l'homme de demain, la nécessité vitale du don de soi ; mais sous un éclairage différent, qui nous permet d'aller plus loin, d'y découvrir une autre nourriture. Gitta n'a jamais prétendu avoir tout saisi consciemment des paroles de vie qu'elle avait entendues : même si elle sait les Dialogues par c?ur, elle n'en comprend, comme tous les lecteurs, que ce qu'elle est capable d'intégrer, de faire sien. Avec ce nouveau livre, elle vient aujourd'hui nous faire partager ses dernières découvertes.
L'âge d'or du duel en France. ce n'est pas l'époque des mignons de Henri III. mas le siècle du fer et de la vapeur: après la Révolution française, plus besoin d'être noble pour porter l'épée et provoquer un adversaire aussi bien né que vous. Tout le monde peut se battre, et tout le monde se bat, à l'épée, au sabre, au pistolet; à propos d'un pied écrasé par mégarde, d'un article de journal venimeux, ou d'un adultère trop voyant. A force de se battre, on commence à se tuer moins: le dernier duel meurtrier connu a lieu en 1903. Et puis, après la boucherie de la Grande Guerre, le duel s'étiole, même si quelques combats ont encore lieu jusque dans les années 50 - notamment celui qui opposa Defferre à Ribière, indigné d'avoir été traité d'"abruti". Fourmillant de récits de rencontres légendaires ou méconnues, ce beau livre raconte la saga du duel sous toutes ses formes, sociales, littéraires ou politiques.
Dans sa préface, Alain Roger explique les raisons pour lesquelles il a choisi de ne pas reprendre l?édition princeps de son livre, celle de 1978. C?est qu?il voulait lui conserver ce caractère de fraîcheur qu?il recouvrait alors. Son livre en devient ainsi une sorte de repère d?une pensée qui cherchait alors ses marques. D?une pensée qui dépassait au demeurant la sienne propre et dont les enjeux relevaient d?un défi lancé à l?entendement et non seulement à l?art. L?ouvrage renferme ainsi toutes les qualités et tous les défauts d?un chantier en construction, dévoilant son architecture prématurée.Le livre tourne autour d?un concept emprunté au penseur Lalo, celui d?artialisation. Ce qu?il faut entendre là s?inscrit dans le malentendu du titre de l?ouvrage, qui donne au fond plus à comprendre ce qui différencie le nu (comme catégorie de l?art), de la nudité (comme catégorie de la nature) : il n?existe pas de beauté naturelle. Ce que cet essai voulait penser, c?était une esthétique du beau non assujettie à l?idée de beauté naturelle. Malheureusement, la reprise des concepts kantiens paraît bien avoir empêché Alain Roger d?aller jusqu?au bout de son effort. Il peine ainsi à définir le schème d?artialisation comme processus et ses réflexions se trouvent du coup prises dans une perspective culturaliste. Ce curieux fouillis intellectuel ouvre quand même de superbes pages d?analyses des inventions esthétiques, de l?androgyne au vieil adolescent. Le beau, lui, restera pour nous une assertion mutilée, confuse, énigmatique. --Joël J.--