Cette anthologie préparée et traduite par Michel Chandeigne complète les volumes déjà publiés en France du grand poète portugais. Les textes sont extraits de deux recueils : Respirar a Sombra Viva, et Volante Verde. La thématique du corps et de son rapport au monde en est le fil conducteur. Respirer l'Ombre Vive rassemble des poèmes écrits entre 1963 et 1972, période "solaire" du poète qui culminera avec Le Cycle du cheval (1975, publié en Poésies/Gallimard). Volente Verde, publié en 1986, reprend les mêmes thèmes, mais avec un traitement tout à fait différent. Le poète s'est peu à peu "absenté" du monde réel et quotidien. Le travail de la langue s'est insensiblement métamorphosé et annonce les grands recueils de la maturité (Le Livre de l'Ignorance, Le Dieu Nu(l), Clameurs. La poésie de Ramos Rosa, ni impressionniste, ni allégorique, a le génie d'assembler des mots qui font image "pour créer des champs psychiques où une énergie vitale peut venir éveiller la conscience endormie" (Robert Bréchon)... Grand poète lyrique, Ramos Rosa est traversé par la poésie avec une incroyable liberté d'images et une imagination métaphorique exceptionnelle !
Nombre de pages
69
Date de parution
26/05/2000
Poids
158g
Largeur
148mm
Plus d'informations
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EAN
9782903721923
Titre
Respirer l'ombre vive
Auteur
Ramos Rosa António
Editeur
LETTRES VIVES
Largeur
148
Poids
158
Date de parution
20000526
Nombre de pages
69,00 €
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Bataille de fourmis - pur exercice du plaisir de regarder la face vivante de la terre où chaque grain de terre est une raison de vivre. Il y a un incendie dans l'eau, il y a un regard qui illumine la pierre suspendue et les noces inachevées, et l'arbre de la nuit couvre l'arbre du jour. Qui verra d'autres yeux, qui entendra la nuit ? La solitude mortelle du même et non identique. Parce qu'un seul meurt en chacun de nous.
Je veux appartenir à la voûte obscure comme un aimant désarmé, devenir souffle du silence sur les épaules des nuages. Je veux adhérer à l'ombre des paroles du feuillage et comprendre la terre dans la soie farouche du désir.
Aujourd'hui le réel m'est entré dans la bouche, et le silence avec. Je n'ai pas touché à la parole. Mozart m'a donné la becquée et la pluie a essuyé mes lèvres.
Le sommet de la vie, veux-tu que je te dise ce que c'est ? C'est écrire une lettre d'amour, sentir le feutre appuyer sur le papier, et voir le papier s'ouvrir à une nuit plus grande que la nuit.
Derrière la façade mystérieuse de ces plantes ou de ces animaux bizarres n'appartenant ni à nos familles, ni à nos catégories, se dissimulait-il quelque part le double de cet étranger dont nous nous sommes crus les seuls détenteurs et qui, déposant parfois son sourire sur un de nos visages, nous a permis d'entrevoir les audaces de l'âme quand elle veut bien devenir l'âme humaine ...
Fragment de texte : Dans la rue, des milliards de secrétaires. Leurs doigts tapent sur le crâne des lettres plus vite que le pic-vert sur l'écorce de l'arbre. L'irréel est notre passion et elle est sinistre. Il faut à l'amour des lèvres réelles avec des mots réels qui en sortent, vibrant comme le brin d'herbe aux dents du berger.