LA CRISE DU ROMAN. Des lendemains du Naturalisme aux années vingt
Raimond Michel
CORTI
24,75 €
Epuisé
EAN :9782714301086
Si la crise du roman avait une portée un peu profonde, c'est qu'elle était un des symptômes d'un drame intellectuel. On entrait, dès la fin du XIXe siècle, dans un monde où faisait défaut la certitude: la science paraissait avoir trahi beaucoup d'espoirs aux yeux des hommes de cette génération. Peu à peu, l'apport du bergsonisme, puis celui du freudisme et de la nouvelle physique remettraient en question toutes les structures sur lesquelles on vivait: psychologiquement, la guerre de 1914 portait le coup de grâce à un monde qui se croyait encore solide. De 1880 à l'après-guerre, on voyait se dissoudre la notion d'individu et de caractère: le moi apprenait bientôt qu'il s'échappait à lui-même et qu'il était miné de conflits souterrains. Il apprenait aussi qu'il usait d'une notion du temps qui lui était commode; mais qu'elle lui masquait ce qui faisait l'essence de sa vie: la durée. Et voici que la science se mêlait de rappeler à grands fracas ce que les moralistes avaient si souvent aperçu: que tout observateur est enfermé dans un point de vue limité; que nul ne peut prétendre posséder sur le réel une vue omnisciente: le contact était définitivement perdu avec l'absolu. Les romanciers n'avaient plus qu'à assimiler ces révélations et donner des images de ce monde cassé. Ils l'ont fait d'abord avec un culte de l'art et de la beauté qui reste la marque de ce temps que nous avons étudié: toute une culture entreprenait alors de rendre compte d'une crise de la culture. C'est à cette rare alliance qu'on doit les grandes ?uvres où s'affirmaient la complexité de la personne, la découverte de la durée intime, la relativité des points de vue et les déformations que font subir au réel ces légères aberrations d'optique si propres à susciter des merveilles. "Ulysse", "Les Faux-Monnayeurs", "A La Recherche du Temps perdu", "Contrepoint", témoignaient d'un drame intellectuel qui passait de beaucoup ces réussites littéraires, mais dont elles étaient le précieux reflet.
Nombre de pages
539
Date de parution
01/08/1989
Poids
610g
Largeur
135mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782714301086
Titre
LA CRISE DU ROMAN. Des lendemains du Naturalisme aux années vingt
Auteur
Raimond Michel
Editeur
CORTI
Largeur
135
Poids
610
Date de parution
19890801
Nombre de pages
539,00 €
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Qu'est-ce qu'un roman ? Que raconte-t-il ? Comment le romancier s'y prend-il pour raconter ces histoires ? Quelles sont, du roman classique au roman contemporain, les différentes modalités du récit ? L'étude prend constamment appui sur des exemples précis empruntés aux chefs-d'oeuvre du genre. Cet ouvrage devenu un classique tient compte des récentes acquisitions de la critique littéraire et propose ainsi aux étudiants une mise au point riche et claire de toutes les grandes questions que soulève l'esthétique romanesque.
Qu'est-ce qu'un roman ? Qu'elle est l'origine, quelle est la nature, quel est le destin de ce genre " sans loi " ... Quel est le contenu des romans ? Que racontent-ils ? Ce sont les questions envisagées par l'auteur qui examine successivement le roman d'aventures, le roman historique, le roman miroir de la société, le roman comme témoignage, etc. Comment le romancier s'y prend-il pour raconter ces histoires ? Quelles sont, du roman classique au nouveau roman, les différentes modalités du récit ? Les problèmes de l'organisation du texte, de la narration, du point de vue, l'expression romanesque de l'espace et du temps, le statut des personnages - tels sont les points essentiels abordés dans la troisième partie. Tout au long de cet ouvrage, la réflexion prend constamment appui sur des exemples précis empruntés aux chefs-d'œuvre du genre. L'auteur tient compte des récentes acquisitions de la critique littéraire. Le livre propose ainsi aux étudiants de Lettres une mise au point riche et claire de toutes les grandes questions que soulève l'esthétique romanesque.
Dans cette nouvelle édition de Sur trois pièces de Jean Giraudoux, Michel Raimond a ajouté de précieuses données relatives à La guerre deTroie n'aura pas lieu (1935), Électre (1937) et Ondine (1939) : représentations, accueil critique, génèse et caractères généraux de l'?uvre. Cet apport vient féconder l'analyse, qui se déploie suivant trois lignes de force : l'inscription de ces pièces dans le contexte social et politique de leur époque (les années précédant la seconde guerre), l'hypothèse psychocritique que ces ?uvres expriment un "mythe personnel", enfin le rapport de celles-ci avec leurs pendants dans le théâtre antique. Cette question est ici particulièrement approfondie : que représentaient au juste ces "classiques grecs" aux yeux de Giraudoux? Plus que de simples "modèles" se prêtant à l'imitation, ces tragédies hantées par le thème du destin constituaient un "prétexte" pour Giraudoux : prétexte au développement de ses idées, de ses situations et de ses archétypes théâtraux si particuliers, si difficiles à cerner. Mythe contre mythe donc, mais pas "mot pour mot". Giraudoux, sur le plan stylistique, a forgé un langage vraiment nouveau, mais presque insaisissable. Michel Raimond étudie ce point crucial en recherchant l'inexprimé du langage giraldien et en montrant que la singularité extrême de celui-ci ne permet guère de considérer Jean Giraudoux comme l'un des précurseurs du formalisme littéraire, comme on a souvent été tenté de le faire.
Qu'est-ce qu'un roman ? Que raconte-t-il ? Comment le romancier s'y prend-il pour raconter ces histoires ? Quelles sont, du roman classique au roman contemporain, les différentes modalités du récit ? L'étude prend constamment appui sur des exemples précis empruntés aux chefs-d'œuvre du genre. Cet ouvrage devenu un classique tient compte des récentes acquisitions de la critique littéraire et propose ainsi aux étudiants une mise au point riche et claire de toutes les grandes questions que soulève l'esthétique romanesque.
« Dans le vol onirique, si nous revenons au sol, une impulsion nouvelle nous rend aussitôt notre liberté aérienne. Nous n'avons à cet égard aucune anxiété. Nous le sentons bien, une force est en nous et nous connaissons le secret qui la déclenche. Le retour vers la terre n'est pas une chute, car nous avons la certitude de l'élasticité. Tout rêveur du vol onirique possède cette connaissance de l'élasticité. Il a aussi l'impression du bond pur, sans finalité, sans but à atteindre. En revenant vers la terre, le rêveur, nouvel Antée, retrouve une énergie facile, certaine, enivrante. » (Gaston Bachelard)
« Si le regard des choses est un peu doux, un peu grave, un peu pensif, c'est un regard de l'eau. L'examen de l'imagination nous conduit à ce paradoxe : dans l'imagination de la vision généralisée, l'eau joue un rôle inattendu. L??il véritable de la terre, c'est l'eau. Dans nos yeux, c'est l'eau qui rêve. Nos yeux ne sont-ils pas ?cette flaque inexplorée de lumière liquide que Dieu a mise au fond de nous-mêmes? ? Dans la nature, c'est encore l'eau qui voit, c'est encore l'eau qui rêve. » (Gaston Bachelard)
Chaque grand écrivain, disait Marcel Proust, écrit dans une langue étrangère. Dans la postérité du Texte inconnu (Editions de Minuit, 1948) et de L'Observance du Même, (Puyraimond, 1978), Michel Fardoulis-Lagrange poursuit avec L'Inachèvement, une expérience de la factualité ontologique du Logos menant à l'évidence sensible autant qu'à l'abstraction, au sens kandinskien. Il y a dans cette oeuvre en suspens indéfini, ouverte à maint éclairage ainsi qu'aux ombres de l'élucidation, un enjeu insondable : quand le Neutre, signe troué de l'être, appelle l'effacement de la lumière du grand midi à travers les hauts faits de l'apparence en son clair-obscur légendaire. Hubert Haddad.
À la suite d'un chagrin d'amour, Aldo se fait affecter par le gouvernement de la principauté d'Orsenna dans une forteresse sur le front des Syrtes. Il est là pour observer l'ennemi de toujours, replié sur le rivage d'en face, le Farghestan. Aldo rêve de franchir la frontière, y parvient, aidé par une patricienne, Vanessa Aldobrandi dont la famille est liée au pays ennemi. Cette aide inattendue provoquera les hostilités... Dans ce paysage de torpeur, fin d'un monde où des ennemis imaginaires se massacrent, le temps et le lieu de l'histoire restent délibérément incertains dans un récit à la première personne qui semble se situer après la chute d'Orsenna. Julien Gracq entraîne son lecteur dans un univers intemporel qui réinvente l'Histoire et donne lieu à une écriture qui s'impose avec majesté, s'enflamme au contact de l'imagination. Pour Le Rivage des Syrtes Julien Gracq obtint en 1951 le prix Goncourt, qu'il refusa.