Issu d'un projet de recherche collectif européen (huit pays participants), cet ouvrage a pour objectif de présenter une comparaison des traitements médiatiques en ligne de "l'Europe". Plusieurs disciplines sont convoquées afin de comprendre comment les journalistes s'approprient ce sujet. Dans cette période de crise européenne et de remise en question de la pratique journalistique, cet ouvrage entreprend de s'intéresser aux nouvelles formes de récits en ligne et à la façon dont l'Europe est présentée comme acteur politique, mais également comme sujet de réflexion. Si la question européenne est au coeur de l'actualité, l'ouvrage entend interroger cette Europe mise en débat, en ligne et en discussion.
Evoluant entre mythes et réalités, le monde du renseignement intrigue, inquiète ou fait fantasmer. Dans une société ouverte, les services secrets peuvent-ils encore faire l'économie de la communication lorsque l'on sait que ne pas communiquer ; c'est déjà communiquer ? De la surveillance planétaire exercée par l'hyperpuissance étasunienne au renseignement dans la sphère privée, en passant par les nouvelles fonctions développées au sein des entreprises (intelligence économique, datamining), le renseignement a évolué et n'est plus seulement un métier de seigneurs destiné à une aristocratie d'Etat s'adonnant au "grand jeu" du bal des espions. Désormais, c'est toute la société qui est prise dans un système où un nombre croissant d'acteurs deviennent, parfois simultanément, producteurs et consommateurs de renseignements. Accessibles au plus grand nombre, les technologies de l'information et de la communication rendent même certains acteurs privés plus performants que bien des agences d'Etat... Plus que jamais indisciplinée, la revue Hermès a fait le pari de questionner ce monde fermé dans une société ouverte. Ce numéro pose ainsi la question de la place du renseignement à une époque où la logique bureaucratique est bouleversée par l'abondance des informations, des interactions et des réseaux. En donnant au renseignement ses lettres de noblesse académique - à l'instar des intelligence studies anglo-saxonnes -, ce numéro fixe des points de repères dans une mutation anthropologique qui n'en n'est sans doute qu'à ses prémices. Comment parler de société tic l'information ou de la connaissance sans réfléchir aux mutations du renseignement, qui redistribuent les rapports entre monde fermé et société ouverte, public et privé, secret et transparence ...
Les diplomates communiquent depuis toujours, mais aujourd'hui, ils ne sont plus en situation de monopole. Leurs messages sont en concurrence avec beaucoup d'autres, et le champ diplomatique est désormais investi par de multiples acteurs : médias, ONG, multinationales, musées, etc. Avec la mondialisation et l'émergence des sociétés civiles, la diplomatie doit donc réexaminer son rapport à la communication, entendre et prendre en compte ces voix diplomatiques non officielles. Les diplomates régaliens - professionnels de la représentation et de la négociation internationale - développent depuis au moins deux décennies des compétences de "communicants", ayant à gérer l'image du pays qu'ils représentent dans un contexte informationnel souvent impossible à anticiper. Communiquer, la plupart de temps, c'est négocier pour arriver à cohabiter pacifiquement sans être pour autant en accord... Mais curieusement, comme la plupart des professions, ils sous-estiment la complexité de la communication et la caricaturent, oubliant qu'elle est au coeur de la diplomatie. Les diplomates sont confrontés à un nombre incalculable d'informations parmi lesquelles ils doivent faire un tri, et en être parfois les acteurs. Tout a changé dans les rapports entre information, communication et diplomatie, à un moment où la "transparence du monde" et ses dangers requièrent au contraire une valorisation des multiples formes de la communication diplomatique. D'autant que les récepteurs sont de plus en plus critiques et surinformés. Pour la première fois, la revue Hermès consacre un numéro à cette communication diplomatique, avec l'ambition d'analyser ses évolutions et ses contradictions. Que reste-t-il du monopole des diplomaties étatiques d'hier ? Quelles sont les conséquences de la double extension des acteurs et des domaines qui s'est produite en cinquante ans ? Comment gérer les flux incessants de l'information et de la communication ? La performance des communications techniques peut-elle réduire ces contradictions ou au contraire accroître le rôle et la légitimité des diplomaties régaliennes ?