Une des premières pièces à mettre en scène des « Nègres » et des « Négresses », mais aussi à braver le préjugé de couleur et à oser une aventure amoureuse en noir et blanc, cette petite comédie mêlée de vaudevilles, écrite par Radet et Barré pour les Comédiens Italiens à la veille de la Révolution (1787), a une place étonnante dans le répertoire comique des Lumières au regard de la représentation de l'Afrique et des Africains au théâtre. Non seulement elle inaugure ce que l'on nommera le parler petit-nègre et convoque le personnage du « Nègre » dansant et chantant qui deviendra un cliché humoristique (et raciste) au théâtre, mais elle s'amuse également du barbouillage à travers le valet Frontin qui, pour se faire passer pour un « Nègre », se peint le visage en noir et adopte la dégaine et le costume. Avec cette comédie, Radet et Barré inventent la figure barbouillée du « Joyeux Nègre » sautillant et baragouinant dont les avatars se retrouveront aux Amériques sous les traits du blackface avec notamment le personnage de Jim Crow.
Nombre de pages
78
Date de parution
09/11/2021
Poids
149g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343246482
Titre
La négresse ou Le pouvoir de la reconnaissance
Auteur
Radet Jean-Baptiste ; Barré Pierre-Yves ; Chalaye
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
149
Date de parution
20211109
Nombre de pages
78,00 €
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« Depuis toute petite je vis avec le spectre de mes ancêtres, du charbonnier des montagnes de l'Hérault, contraint mais libre, au grand bourgeois vivant dans un hôtel particulier. L'un m'a donné l'amour de la nature et de la liberté, la sauvagerie ; l'autre m'a donné le goût de l'art, une nostalgie des atmosphères du Paris à la fin du XIXe : les équipages pour se rendre au Français, à Garnier qui passent la porte cochère de l'hôtel particulier peuplé de niches à statues antiques, garni d'un décor de boiseries aux multiples dessus de porte et de cheminées de Huet, le jeu de petits et de grands salons, la valse du personnel qui donnait une vie oisive que je n'ai jamais eue. Le Frou-Frou d'un déshabillé de tulle au ruban de soie de mon arrière-arrière-grand-mère, ses yeux bleus égaux, sa chevelure impériale, son profil de statue qui en faisait disait mon grand-oncle une des plus belles femmes de Paris contrainte de dissimuler sa beauté sous un voile en dentelles. Ce rang, cette fortune n'est plus, mais reste aussi en moi la liberté et l'état d'esprit de ces gens sans seigneurs, ceux qui vivaient simplement et intelligemment dans des lieux dépouillés et sauvages qui étaient leur royaume : les garrigues et les rochers, les sources et le désert. » Enfant réservée, Bérénice Radet commence l'écriture à l'adolescence. À l'âge de 15 ans, elle est parmi les finalistes du prix du jeune écrivain de Muret avec sa nouvelle « Le monde à l'envers ». Après avoir étudié l'histoire et l'histoire de l'art, elle devient guide touristique et fonctionnaire dans la conservation du patrimoine et des musées. Elle vit dans le Béarn, puis s'installe dans le Dauphiné et se forme à la copie et la restauration de tableaux et de cadres dorés. En 2015, cette mère célibataire de quatre enfants décide de se lancer dans une nouvelle aventure en Auvergne, en achetant et restaurant un château pour y accueillir des animaux.
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