
Pauvre Bouilhet
J'ai rencontré la figure de Louis Bouilhet, non d'abord par une lecture mais par la contemplation au départ distraite de la couverture d'un fort et savant volume de 780 pages : Louis Bouilhet, Lettres à Gustave Flaubert. Je conservai, sans trop savoir pourquoi, ce livre posé droit devant moi et je le regardais parfois, comme si je tentais de percer un mystère et sans même me douter qu'il y avait bien là un mystère. Cette couverture où figuraient deux photos, l'une pleine page de Flaubert par Nadar, l'autre en médaillon de Bouilhet, me faisait signe, mais c'était comme si, dans la rue, quelqu'un vous adressait un signe sans que vous puissiez identifier le personnage. Ce qui devait arriver arriva. Un jour me sauta aux yeux cette évidence : les deux personnages, le glorieux et le méconnu, entretenaient entre eux une troublante ressemblance. ".
| Nombre de pages | 201 |
|---|---|
| Date de parution | 02/04/1998 |
| Poids | 228g |
| Largeur | 120mm |
| EAN | 9782070750801 |
|---|---|
| Titre | Pauvre Bouilhet |
| Auteur | Raczymow Henri |
| Editeur | GALLIMARD |
| Largeur | 120 |
| Poids | 228 |
| Date de parution | 19980402 |
| Nombre de pages | 201,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Mélancolie d'Emmanuel Berl
Raczymow HenriRésumé : Henri Raczymow nous propose ici un essai sur Emmanuel Berl dont la figure et l'oeuvre sont aujourd'hui quasiment oubliés. Dans l'introduction, il brosse à grands traits le portrait de Berl et souligne les paradoxes de sa trajectoire (oeuvre irrégulière, engagements politiques, amitiés de tous bords). L'ouvrage est une relecture du parcours biographique de Berl, rappelant notamment la proximité de sa famille avec la famille de Bergson et la figure de son oncle Emmanuel Lange, brillant agrégatif mort prématurément, dont ne cessait de lui parler sa mère et sa grand-mère, et qui hanta son enfance. Très jeune, Berl se révèle grand séducteur et brillant causeur. Dans les années 20, il fréquente Proust mais finit par se fâcher avec lui. Il est proche des surréalistes, et de Breton en particulier - à qui il disputera Suzanne Muzard. De Drieu (avec qui il crée un journal, Les Derniers Jours). De Malraux. De la NRF. Et d'un grand nombre d'autres futurs fascistes et collaborateurs comme Morand ou Bertrand de Jouvenel. Les entretiens menés par d'Ormesson et Patrick Modiano avec Emmanuel Berl sont sur le sujet de précieuses sources. Dans les années 30, il se lance en politique avec le journal Marianne, sans réelle conviction. Dans les années 40, il collabore à la rédaction de l'un des plus célèbres discours de Pétain - on lui attribuera plus tard les formules "Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal" et "La terre ne ment pas". Mais les lois raciales et son mariage avec la chanteuse Mireille, d'origine juive, comme Berl, vont l'obliger à se cacher en Corrèze à partir de 1941. Intéressant projet que de se pencher sur cette figure qui a littéralement traversé le siècle et fréquenté, pour ne pas dire magnétisé, les plus grands écrivains du XXe siècle. Les louvoiements de Berl sont passionnants, tant ils épousent ceux de son pays. Réfléchir à Berl, c'est aussi réfléchir à notre Histoire.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER18,90 € -

Heinz
Raczymow HenriSpécialiste des portraits de famille, l'auteur se remémore ici sa mère, et cherche à expliquer les motifs de la mésentente qui a toujours régné entre eux, et qui a fait que son affection filiale s'est tout entière reportée sur sa grand-mère maternelle. Or l'auteur, né en 1948, est venu au monde cinq ans après l'arrestation, la déportation et la mort du frère de sa mère, dont il porte le prénom, Henri (Heinz), sa mère ayant échappé au pire. L'auteur tente donc de redonner un peu de vie à cet être fantomatique: né en Allemagne, il échappe avec sa soeur à la rafle du Vel? d'Hiv, est ensuite assigné à résidence dans un hameau de Charente, où il y sera arrêté fin 42 puis déporté et tué à Majdanek. C'est dans ces recherches sur l'histoire tragique de son oncle et la reconstitution du drame de l'Occupation que le récit prend toute son ampleur. Raczymow se rend en Charente, à Fontavie, sorte de désert provincial où il a l'impression d'une fin de terre et aussi d'histoire. Voyage qui lui permettra d'entrer dans une sorte de deuil? Etrange livre, où le souvenir et le travail sur le passé vont de pair non pour rendre vie à l'oncle martyr mais pour une sorte de réparation supérieure demandée aux lieux et au pays dans lequel l'oncle s?était réfugié, et qui l'a trahi et livré aux nazis.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER14,10 € -

Points de chute
Raczymow HenriDepuis son premier livre, La Saisie, Henri Raczymow, petit fils d'émigrants juifs polonais, n'a cessé de fréquenter les confins de la mémoire: mémoire collective avec Un cri sans voix, qui évoque la période de la Seconde Guerre mondiale et la shoah. Mémoire littéraire, avec Le Paris retrouvé de Marcel Proust, Blum & Bloch, Maurice Sachs... Mémoire intime avec Quartier libre, Reliques, Eretz, récit dédié à son frère disparu. Et aujourd'hui Points de chute, dans lequel il nous donne sa géographie sentimentale: "Faire le tour de la France, ou plutôt un tour en France. Différents endroits susceptibles d'avoir accueilli mes pas un jour ou l'autre. Beaucoup de pas, donc, puisque beaucoup d'années. Un tour, mais non à proprement parler un cercle. Ce serait plutôt un colimaçon, mot enfantin que j'aime bien. Vous savez, l'escargot. Ou l'escalier. Ou le jeu de l'Oie. Le colimaçon secrète sa coquille. C'est bien cela. La coquille du livre. Son ossature, forte et fragile. Et sa tendresse, dedans, ou plutôt sa tendreté, à tout le moins, comme on le dit d'une bonne viande. Colimaçon? A peu près, et parfois à beaucoup près. Ou plutôt, cette figure qui jadis, dans les jeux des journaux populaires, consistait à relier des points entre eux. Et cela vous dessinait un coq, une vache, un chameau. A ceci près qu'ici ces sauts de point en point, à l'arrivée, ne dessineront rien. Pas même une carte de France. Ou alors approximative, une France de l'ère secondaire tout au plus. Un livre? Peut-être, mais sans grands contours. Un livre à ma guise. Un livre à la va comme je te pousse. Un livre en zigzags, reliant des points du temps et de l'espace. Un livre qui ressemblera à la vie, je suppose."Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER16,50 € -

Un garçon flou
Raczymow HenriRésumé : "Elle s'appelle Léna, elle me tend une main franche, spontanée, déterminée. Et en même temps délicate. - Moi, c'est Richard. Dick en anglais, j'ai cru bon d'ajouter. Richard Federman. - Ah oui ? Pourtant, on ne dit pas Dick Coeur de Lion. La remarque est pertinente, sans conteste". Richard Federman, étudiant, traverse Mai 68 à Paris, un peu ahuri, vaguement amoureux, mais de qui ? Léna Chevalier ? Solange Sarfati ? Esther Litvak, sa directrice de thèse ? Rosine Dufreynois, à qui il donne des cours de français ? À moins que, tel le Frédéric Moreau de Flaubert, Richard ne traverse la Seine, la cour de la Sorbonne, la Révolution, les amours, la vie, sans adhérer, lointain, détaché. Et d'abord de lui-même. Et si résidait là, dans ce trait, son désir d'être un jour écrivain ?Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER18,90 €
Du même éditeur
-

Haute-Folie
Wauters AntoineJe crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.EN STOCKCOMMANDER19,00 €
De la même catégorie
-

Toutes les époques sont dégueulasses. Ré(é)crire, sensibiliser, contextualiser
Murat LaureLaure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.EN STOCKCOMMANDER7,50 € -

Toutes sortes de Misérables
Samoyault TiphaineA partir d'un souvenir de lecture d'enfance, un Cosette abusivement attribué à Victor Hugo, Tiphaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables en France et à l'étranger. Elle révèle comment ce roman, dès sa parution, a été abrégé, adapté, traduit, illustré, réécrit, jusqu'à devenir l'un des récits les plus réappropriés au monde. Plus le livre est transformé, plus il devient mémorable. La question "Faut-il réécrire les classiques ? " apparaît dès lors comme une fausse question : ils ne sont tels que par leur constante adaptation aux goûts et aux attentes des époques successives. De Shakespeare aux contes de fées, de Montaigne à Mark Twain ou Agatha Christie, des traductions aux versions réduites, des transpositions aux mises en scène, l'autrice montre qu'un classique ne se définit pas par son intouchabilité, mais par sa capacité à s'affranchir de son original. Face à des polémiques souvent caricaturales opposant "cancel culture" et sacralisation du passé, ce livre privilégie la nuance, l'enquête et une érudition généreuse. Il préfère la démonstration à l'indignation pour affirmer une idée simple et stimulante : la réécriture n'est pas synonyme d'annulation, bien au contraire, puisqu'elle prolonge le plus souvent la vie des oeuvres en élargissant leur partage et en pérennisant leur mémoire.EN STOCKCOMMANDER21,00 €





