Publié en 1847 et traduit en français pour la première fois, l'essai sur les sociétés secrètes reprend un thème cher à Thomas De Quincey : celui d'un savoir caché, d'un mystère se transmettant à travers les siècles, de génération en génération, évident et pourtant invisible. A la manière des Confessions d'un mangeur d'opium et De l'assassinat considéré comme un des beaux-arts, l'approche de ce mystère se fait de digressions en apartés, de considérations annexes en divagations sinueuses : considérant aussi bien les initiés d'Eleusis que les francs-maçons, De Quincey s'attarde esentiellement sur la secte antique des esséniens, prétexte à une interrogation sur le secret, la traîtrise, la fidélité à soi-même, la falsification et le soupçon. Fidèle à sa démarche, et à quelques-uns de ses préjugés les mieux arrêtés, De Quincey poursuit ici sa quête d'une origine impossible et mythique, lieu d'une vérité ultime dont on sait qu'elle sera pour toujours insaisissable.
Nombre de pages
144
Date de parution
15/02/1994
Poids
192g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782070729302
Titre
Les sociétés secrètes
Auteur
Quincey Thomas de
Editeur
GALLIMARD
Largeur
125
Poids
192
Date de parution
19940215
Nombre de pages
144,00 €
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Cet essai en forme de conférence prétendument prononcée devant les honorables membres de la Société des connaisseurs de meurtres est un pur chef-d'oeuvre d'humour noir, où De Quincey imagine de considérer l'assassinat sous un angle purement esthétique, le crime parfait devant obéir à des règles strictes. Il analyse ainsi la qualité esthétique des assassinats commis depuis Caïn jusqu'à Burke et Hare, qui attiraient des vagabonds chez eux pour les étouffer sous des oreillers et les vendre comme sujets anatomiques, et jusqu'à William, qui venait alors de terrifier Londres en anéantissant deux familles entières. Le tout, bien entendu, raconté selon des variations drolatiques, sur un mode ironique et léger.
Infatigable lecteur des textes anciens, Thomas De Quincey passa une bonne partie de son existence à rêver un roman des origines, s'attardant sur les rites, codes, coutumes, bizarreries de la vie quotidienne dans l'Antiquité. C'est ainsi qu'à côté d'un essai sur l'art culinaire des Romains, ou sur la secte des Esséniens, vint prendre place La toilette de la dame hébraïque. Etrange blason de l'ornement, ce texte énumère, avec une précision passionnée, jusqu'au plus minime des atours dont pouvait se parer une ancienne habitante de Judée : des colliers de lunes et de soleils aux sandales de cuir et à une femme absente dans laquelle un De Quincey aussi érudit qu'imprévisible voit finalement se profiler les racines supposées d'un art et d'un style proprement hébraïques.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.