Roger Quilliot, professeur de littérature française à la Faculté des lettres de Clermont-Ferrand, commentateur de l'oeuvre de Camus, collaborateur de M. Gaston Defferre et de M. François Mitterand, membre du contre-gouvernement, résume dans ce livre son expérience politique et philosophique. Le sujet principal de sa réflexion est la liberté. "Nous étions faits pour être libres, nous étions faits pour être heureux !" De par le monde il n'est bruit que de liberté. Mais le même mot couvre bien des marchandises. La liberté passe-t-elle par la propriété, par l'argent, par les lois ? Suppose-t-elle un minimum d'égalité que garantirait l'organisation sociale ? Le conflit qui, selon de bons esprits, oppose radicalement justice et liberté n'est pour l'auteur qu'un faux probème né d'une conception statique de l'ordre social ou d'une conception mystique de la liberté. Tout le livre n'est qu'une tentative de démystilication : démystilication d'un capitalisme où la liberté se ramène aux hasards d'une gigantesque loterie, d'un nationalisme qui confond les jeux du prince et le pain des hommes, du totalitarisme révolutionnaire enfin où les mages, de Savonarole à Staline, se condamnent à la terreur pour avoir déifié, momifié la liberté, par commodité ou par dévotion.
Date de parution
03/02/1967
Poids
260g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782070253319
Titre
LA LIBERTE AUX DIMENSIONS HUMAINES
Auteur
QUILLIOT ROGER
Editeur
GALLIMARD
Largeur
115
Poids
260
Date de parution
19670203
Nombre de pages
0,00 €
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Les derniers mois de sa vie, Roger passa toutes ses matinées à écrire sans désemparer. Il est mort heureux. Et moi, qui faillis partager cette mort, je contemple son livre, avec l'idée que s'en dégage un destin. " Claire Quilliot Petit-fils de mineurs et de paysans du Pas-de-Calais, fils d'instituteurs, Roger Quilliot devint professeur agrégé et le meilleur spécialiste de Camus. Militant socialiste dès son enfance, il fut ministre et pendant près d'un quart de siècle, maire de Clermont-Ferrand et sénateur du Puy-de-Dôme. Il dut apprendre de bonne heure à composer avec la souffrance physique et la mort ; il vécut aussi une histoire d'amour qui dura cinquante-trois ans. Avant de mourir volontairement, dans la dignité, en juillet 1998, il éprouva le besoin, comme Sisyphe, de se retourner sur sa vie.
Voici la suite des mémoires de Roger Quilliot qui, fils d'instituteurs du Nord, se consacra à l'enseignement et à la politique. Voici un grand document politique. De 1948 à 1998, Roger Quilliot oeuvra à l'avènement du socialisme moderne, plus proche de Blum que de Mollet ; il côtoya notamment Gaston Defferre, Jean-Pierre Chevènement et François Mitterrand. Roger Quilliot a tout partagé avec son épouse, Claire. Elle a survécu à la mort qu'ils s'étaient choisie ensemble. Avec sa mémoire, son histoire, elle nous livre aussi cet extraordinaire roman d'amour.
«C'est les jambes flageolantes que je reçois le premier coup de New York. Au premier regard, hideuse ville inhumaine. Mais je sais qu'on change d'avis. Ce sont des détails qui me frappent : que les ramasseurs d'ordures portent des gants, que la circulation est disciplinée, sans intervention d'agents aux carrefours, etc., que personne n'a jamais de monnaie dans ce pays et que tout le monde a l'air de sortir d'un film de série. Le soir, traversant Broadway en taxi, fatigué et fiévreux, je suis littéralement abasourdi par la foire lumineuse.» Ce volume comprend les journaux de voyage d'Albert Camus aux États-Unis de mars à mai 1946, puis en Amérique du Sud de juin à août 1949.
Même si l?existentialisme est passé de mode, Sartre reste bien l?une des figures les plus fortes de la pensée française du XXe siècle et il est possible d?en proposer une relecture en phase avec la sensibilité de notre époque. Cet essai commence par rappeler les idées les plus connues du philosophe, en les discutant, puis propose une relecture de certains de ses textes majeurs, en montrant qu?ils ont parfois correspondu, dans leur agressivité subversive même, à de véritables découvertes intellectuelles. Ce texte montre que le principal intérêt de l?oeuvre sartrienne tient à son caractère torturé et au fait que nous sommes face à un auteur qui, de son propre aveu, a sans cesse "pensé contre lui-même", oscillant au fond entre trois voies opposées : la recherche d?une morale libertaire, qui s?avère en pratique introuvable ; la fascination, beaucoup plus profonde, pour la dimension d?échec et de folie présente dans toute existence ; et enfin la critique du rêve d?authenticité et la revendication paradoxale, au sein même de la pratique de l?autodérision, d?une sorte de bonheur sans justification.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.