Paris, XVIe siècle. Au mois de mars, a lieu dans le quartier du Marais un prestigieux concours de chant. Bernon l'Enfant, à la voix cristalline, suscite admiration et jalousie, surtout de son concurrent le plus mortel... Ecrit en 2002, remanié, aiguisé, affûté vingt fois, adapté au théatre en 2005, ce conte à la beauté cruelle révèle au fil d'un voyage en eaux noires et profondes toute la précision de la plume de l'un des auteurs contemporains les plus talentueux et savants du XXIe siècle. Pascal Quignard, véritable chantre du passé et gardien des portes de la mémoire et de la mort, se saisit des coutumes d'époque et de la fureur des Guerres de Religion pour révéler l'incommensurable et intemporelle vérité chez l'homme : la perte de son innocence face aux vicissitudes du temps présent. Séduisant comme le Styx, dangereux comme les voix des sirènes, Le Chant du Marais nous plonge dans les noirceurs des désirs et de la vanité humaine. Une malédiction aux échos doux-amers transcendée par les obscurs et fascinants dessins de Gabriel Schemoul ? dédicataire de cette vingtième version ? qui s'empare avec maestria de cet univers baroque où charrient natures mortes et apparitions flottantes.
Nombre de pages
64
Date de parution
20/10/2016
Poids
486g
Largeur
198mm
Plus d'informations
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EAN
9782367321370
Titre
Le chant du marais
Auteur
Quignard Pascal ; Schemoul Gabriel
Editeur
CHANDEIGNE
Largeur
198
Poids
486
Date de parution
20161020
Nombre de pages
64,00 €
Disponibilité
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Quand Auguste réorganisa le monde romain sous la forme de l'empire, l'érotisme joyeux, anthropomorphe et précis des Grecs se transforma en mélancolie effrayée. Des visages de femmes remplis de peur, le regard latéral, fixent un angle mort. Le mot phallus n'existe pas. Les Romains appelaient fascinus ce que les Grecs appelaient phallos. Dans le monde humain, comme dans le règne animal, fasciner contraint celui qui voit à ne plus détacher son regard. Il est immobilisé sur place, sans volonté, dans l'effroi. Pourquoi, durant tant d'années, ai-je écrit ce livre? Pour affronter ce mystère: c'est le plaisir qui est puritain. La jouissance arrache la vision de ce que le désir n'avait fait que commencer de dévoiler.
Il y a une clé qui ne sèche jamais. Il s'agit de la clé qui déverrouillerait l'origine. La clé de la chambre interdite. On ne sait si elle est tachée de sperme ou de sang. On hésite toujours.
Un récit dont les protagonistes sont le narrateur et un personnage disparu, auxquels il faudra sans doute ajouter le lecteur de ce livre dont le sujet est le pouvoir destructeur de la lecture. Car lorsque le narrateur s'interroge sur la disparition mystérieuse de ce personnage, nous devons comprendre qu'il s'agit de la sienne propre, et aussi de la nôtre. En effet, en lisant un livre, nous nous abandonnons tous à une sorte de jeu mortel où la personnalité s'abandonne et se perd.Tel est le point de départ original de cette haute méditation sur la lecture, et ses effets ambigus. Mais cette réflexion est menée à travers une ?uvre qui finit par constituer elle-même une aventure poétique et romanesque, le roman du lecteur dévoreur et dévoré.
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