« Inter aerias fagos » est un poème écrit par Pascal Quignard en 1977 au sortir d une grave dépression et perte du langage. C est par la langue latine que Quignard est revenu à l écriture. Traduit et publié en 1979 par Emmanuel Hocquard dans sa collection mythique « Orange Export Ltd », ce texte au statut exceptionnel dans l uvre de Quignard, matriciel et présent dans beaucoup de ses livres, est resté inconnu et parfaitement oublié jusqu au colloque organisé par Bénédicte Gorrillot à Mineapolis aux USA en 2009. Elle conçut alors le projet de proposer la traduction du poème à des écrivains contemporains avec la consigne de rester au plus près de leur propre langue. Ce livre est un double événement littéraire:c est un ouvrage capital pour cerner l uvre de Quignard, qui révèle dans sa longue postface la violence de sa « terror » et comment il a réussi, par le latin, à « remettre ses pieds dans ses pas »; c est aussi avec la réunion exceptionnelle de grands noms contemporains: Pierre Alferi, Eric Clémens, Michel Deguy, Bénédicte Gorillot, Emmanuel Hocquard, Christian Prigent, Jude Stefan, le premier livre qui répond poétiquement et magistralement à la question fondamentale de la traduction.
Date de parution
20/01/2011
Poids
214g
Largeur
130mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782915978681
Titre
Inter. Inter aerias fagos
Auteur
Quignard Pascal - Flohic Catherine
Editeur
ARGOL
Largeur
130
Poids
214
Date de parution
20110120
Disponibilité
Sur commande en 6-10 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Quand Auguste réorganisa le monde romain sous la forme de l'empire, l'érotisme joyeux, anthropomorphe et précis des Grecs se transforma en mélancolie effrayée. Des visages de femmes remplis de peur, le regard latéral, fixent un angle mort. Le mot phallus n'existe pas. Les Romains appelaient fascinus ce que les Grecs appelaient phallos. Dans le monde humain, comme dans le règne animal, fasciner contraint celui qui voit à ne plus détacher son regard. Il est immobilisé sur place, sans volonté, dans l'effroi. Pourquoi, durant tant d'années, ai-je écrit ce livre? Pour affronter ce mystère: c'est le plaisir qui est puritain. La jouissance arrache la vision de ce que le désir n'avait fait que commencer de dévoiler.
Il y a une clé qui ne sèche jamais. Il s'agit de la clé qui déverrouillerait l'origine. La clé de la chambre interdite. On ne sait si elle est tachée de sperme ou de sang. On hésite toujours.
Un récit dont les protagonistes sont le narrateur et un personnage disparu, auxquels il faudra sans doute ajouter le lecteur de ce livre dont le sujet est le pouvoir destructeur de la lecture. Car lorsque le narrateur s'interroge sur la disparition mystérieuse de ce personnage, nous devons comprendre qu'il s'agit de la sienne propre, et aussi de la nôtre. En effet, en lisant un livre, nous nous abandonnons tous à une sorte de jeu mortel où la personnalité s'abandonne et se perd.Tel est le point de départ original de cette haute méditation sur la lecture, et ses effets ambigus. Mais cette réflexion est menée à travers une ?uvre qui finit par constituer elle-même une aventure poétique et romanesque, le roman du lecteur dévoreur et dévoré.
Loin devant les villas sur la digue, elle se tenait accroupie, les genoux au menton, en plein vent, sur le sable humide de la marée. Elle pouvait passer des heures devant les vagues, dans le vacarme, engloutie dans leur rythme comme dans l'étendue grise, de plus en plus bruyante et immense, de la mer.
Les vignerons le savent dans leurs fûts, chaque année environ 2% de l'alcool s'évapore dans l'air, disparu à jamais. C'est "la part des anges"... [...] Les anges de la locution, celle qui donne son titre au film de Ken Loach, perpétuent malgré tout envers et contre tout notre besoin de croire dans une force supérieure à notre volonté, en quelque chose qui nous dépasse, contre quoi on ne peut rien, qui peut être Dieu ou la providence qu'il y a peu encore on invoquait" C.B. "La part des anges", expression énigmatique et poétique, revêt de multiples sens, et tous se tressent dans le texte de Catherine Bernard, en une histoire de goût des mots, de vie et de vigne aussi... Ma part des anges est de fait l'autoportrait intime de l'invisible, profondément spirituel mais vif et passionné, d'une femme, vigneronne et écrivain.
La Rongère est le nom du château où a vécu Bernard Lamarche-Vadel au plus retiré de la Mayenne, et où il s'est suicidé. Quelques années auparavant, Danielle Robert-Guédon avait écrit deux portraits de cet écrivain singulier et critique d'art hors normes. Publier ce livre, bientôt dix ans après la disparition de B.L.V., est aussi un geste vers un homme que l'on n'a pu oublier.
Sous le même Je, sept personnages composent un drôle de roman familial, plutôt iconoclaste et bouleversant. Qu'il l'ait vécu ou non, David Besschops témoigne que le pire se porte bien ! Il écrit et vous coupe le souffle.
Un jour, Gaston Chaissac a saisi un pinceau. Que se passa-t-il alors ? Rien. Nulle foule rassemblée, nulle pluie d'étoiles, nul craquement sinistre de la machine du monde. Je m'étonne décidément que les gestes les plus importants ne soient jamais perçus comme tels aussitôt par quelqu'une des innombrables antennes sensibles qui vibrent dans les airs. La nuit tomba sur ce jour comme sur tous les autres, avec indifférence. Le lendemain, enfin, les ennuis commencèrent. Voici le peintre maigre à la recherche d'un peu de santé pour lui-même. Mais c'est le monde alentour qui reprend des couleurs. Regardez-les : les tableaux de Chaissac ne seront jamais ces marqueterie desséchées devant quoi l'esthète se prosterne, dont le souffle bavard décolle une à une les écailles. Les peintures des enfants ne sont pas si pimpantes, et pourtant, sommes-nous assez obtus encore pour n'y rien comprendre et ne rien voir de la solitude et de l'effroi de l'homme né dans un cerne noir ...