Ce recueil rassemble trois nouvelles. Dans Nouvel An à la mine, nous sommes à la veille duNouvel An. Une femme et sa fillette attendent le mari, le père, et se préparent pour les festivités.Mais l'homme, mineur au loin, ne viendra pas. Il doit aller au charbon, pas question de refuser, car la concurrence est âpre, nombreux sont les paysans qui attendent et préfèrent ces conditionspénibles à une vie de labeur agricole, moins lucrative.La nouvelle titrée, Cataclysme, se passe en Chine centrale dans les années 1950. Un déluges'abat sur la grande plaine, broyant tout: les barrages craquent, les eaux montent. Un petit villagemenacé doit être évacué, mais trois villageois resteront. Une jeune mère et deux volontaires, chargés de veiller sur les tours greniers qui renferment les fruits du labeur collectif.Dans Automnale, un soir, après avoir bien bu et mangé avec d'obscurs compagnons, un homme,dragueur et bon à rien, disparait. Sa femme s'inquiète et une enquête est menée. Les six jours derecherche seront l'occasion d'approcher la vie rurale des gens de peu.Ces trois récits, dignes de Dickens, décrivent un quotidien triste et souvent sordide, d'un quelquepart perdu dans les régions pauvres du centre de la Chine. Des histoires sombres comme la réalitéde la vie rurale où tout est banal, ordinaire. Il faut vivre coûte que coûte. Ces textes émouvantsfont vivre ceux dont on parle peu. Derrière ces textes-prétextes, c'est toute la Chine des bourgs,des petits boulots, de l'âpreté au gain, des mesquineries qui défile.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.
Au cours d'une nuit d'orage, à la demande du mandarin Tân, l'intendant Hoang organise un banquet, dressant une somptueuse table. Festoyant à la lumière des lanternes, un maître des geôles, un percepteur des impôts, une poétesse, un couple d'apothicaires et un tailleur racontent une énigme non résolue de leur passé, tandis que le lettré Dinh et le docteur Porc livrent chacun un épisode mystérieux de leur jeunesse. Servis dans de la vaisselle en céladon, meurtres, vols et coups bas sontdécortiqués à l'aide de baguettes laquées, faisant le délice des convives. C'est l'heure lumineuse des conteurs, qui donnent voix aux amours défuntes et visage aux héros d'antan. C'est l'heure sombre des aveux masqués et des guets-apens, alors que, dehors, s'amassent les ténèbres d'un monde au bord du chaos.
Moi-même, combien de fois me suis-je senti étranger dans ce pays?...Un grand écrivain voyageur prend la tangente du Nord-Est au Sud-Ouest de la Chine et trace, sur un ton vif, souvent narquois et parfois iconoclaste, un portrait inoubliable de la Chine d'aujourd'hui.Il discute dans les cafés, au hasard des rencontres, avec les oubliés d'un futur radieux, déboussolés par les bouleversements du pays, mais aussi patrons et étudiants, intellectuels, ouvriers, ceux qui ont la fièvre d'entreprendre. Il fait un bout de chemin en compagnie d'artistes et écrivains célèbres, avec qui il disserte sur l'histoire des idées ou la peinture, avant que leurs trajectoires ne divergent. Comme si ce continent immense était devenu pour lui un «?jardin aux sentiers qui bifurquent?» et que c'était en prenant les chemins de traverse qu'on le comprenait le mieux.4e de couverture : Moi-même, combien de fois me suis-je senti étranger dans ce pays?...Un grand écrivain voyageur prend la tangente du Nord-Est au Sud-Ouest de la Chine et trace, sur un ton vif, souvent narquois et parfois iconoclaste, un portrait inoubliable de la Chine d'aujourd'hui.Il discute dans les cafés, au hasard des rencontres, avec les oubliés d'un futur radieux, déboussolés par les bouleversements du pays, mais aussi patrons et étudiants, intellectuels, ouvriers, ceux qui ont la fièvre d'entreprendre. Il fait un bout de chemin en compagnie d'artistes et écrivains célèbres, avec qui il disserte sur l'histoire des idées ou la peinture, avant que leurs trajectoires ne divergent. Comme si ce continent immense était devenu pour lui un «?jardin aux sentiers qui bifurquent?» et que c'était en prenant les chemins de traverse qu'on le comprenait le mieux.
Alai est né et a grandi dans cette région du Tibet frontalière avec la Chine, dont les paysages éblouissants servent de cadre à l'épopée d'un puissant clan tibétain dans la première moitié du XXe siècle. Elle est racontée par le fils cadet de son chef, considéré comme un "idiot", dont le regard décalé révèle les secrets, intrigues, amours et haines cachés derrière les luttes de pouvoir. Quand le chef de clan accepte de faire pousser des graines de pavots fournies par les nationalistes chinois, il sème aussi les graines de la fin d'un monde. Un roman tibétain nourri de rêves, de violence, de magie et de drame.
Ce livre nous ouvre les portes d'un village comme des centaines de milliers d'autres en Chine. C'est une enquête passionnante, et profondément émouvante. Car l'auteur a pris pour objet d'étude le village reculé de la Plaine centrale qui l'a vue naître. Pendant cinq mois elle a écouté avec attention ses compagnons d'autrefois, ses parents, et aussi les notables et représentants de l'Etat dans le village. Elle analyse de l'intérieur les mécanismes du dépérissement accéléré de la campagne chinoise. Les jeunes migrent massivement vers la ville, les liens familiaux se délitent, les rivières sont polluées, les écoles deviennent des porcheries... D'une communauté villageoise ordinaire, ce livre a fait l'exemple saisissant des défis que pose la modernité à la Chine tout entière.