Sept jours, sept chapitres. Ce roman est un parcours initiatique, un rite de passage : de l'enfance à l'âge d'homme. Au début du récit, Abdel Aziz, le héros, est un enfant qu'émerveillent les rituels de la confrérie soufie présidée par son père, le Hagg Karim, personnage vénéré et craint. A la fin, Abdel Aziz est un homme qui, à l'orée de sa vie d'adulte, tente de renouer avec les siens le lien qu'il a lui-même rompu. Car, entre-temps, adolescent, il a rejeté avec violence ses origines : le milieu rural comme les rites soufis. Dans le miroir que, d'année en année, lui tend le gros bourg de Tanta, la "ville", il cesse de voir en les derviches des hommes qui berçaient son enfance, le faisaient rire, l'enchantaient de leurs récits mythiques, l'associaient à leurs cérémonies. Il a honte de ses compagnons, et honte d'en avoir honte... Imprégné du vocabulaire mystique, le langage de Qassem tantôt adopte le rythme répétitif et scandé de l'invocation, tantôt s'empare avec vigueur de la matière pour nous y plonger, la décrire avec précision et sensualité. C'est notamment le cas dans toutes les scènes où il est question de nourriture - le lait que l'on trait, la crème que l'on recueille, la pâte qui lève et gonfle dans le four, les galettes que les femmes préparent pour le Saint... - et d'émois amoureux.
Nicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.
En ce jour d'août 1982, les troupes israéliennes assiègent Beyrouth et la résistance palestinienne se résout à un nouvel exil. Prisonnier entre les murs de son appartement, dans la ville bombardée, Mahmoud Darwich tente douloureusement de rallier le territoire impossible de la mémoire. Pour dire la complexité du réel, les angoisses de l'enfermement, la folie de la guerre et l'au- delà des souvenirs et des espoirs, l'écrivain compose un récit mêlant dialogues imaginaires, textes du patrimoine arabe classique et poèmes. Chronique amoureuse d'une ville où la violence mortelle a effacé les frontières supposées du corps et de l'esprit, de l'amour et du politique, "Une mémoire pour l'oubli" recueille les fragments d'un passé éclaté et témoigne de l'inévitable travail du deuil et de l'oubli.